Le gouvernement chinois de plus en plus nerveux pour son économie

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La chancelière Angela Merkel et le Premier ministre chinois Wen Jiabao lors de leur rencontre à Pékin, jeudi pour un sommet bilatéral. Copyright Reuters
La chancelière Angela Merkel et le Premier ministre chinois Wen Jiabao lors de leur rencontre à Pékin, jeudi pour un sommet bilatéral. Copyright Reuters
Face au ralentissement prononcé de l'activité dans nombre de secteurs emblématiques, le premier ministre chinois compte sur un rebond des exportations pour faire repartir le moteur de la deuxième économie mondiale, en espérant que la crise européenne se calme.

La Chine s'inquiète pour l'Europe, en fait pour son économie. "J'ai expliqué au Premier ministre Wen que de nombreuses réformes sont en cours et qu'il y a une volonté politique absolue de replacer l'euro parmi les monnaies fortes", a expliqué mercredi la chancelière allemande Angela Merkel, après sa rencontre avec un Premier ministre chinois qu'elle a trouvé très préoccupé par la crise qui s'éternise sur le Vieux Continent, l'un des principaux marchés pour la Chine avec les Etats-Unis.

Afflux de mauvaises nouvelles

Il est vrai que Wen Jiabao, qui va officiellement passer la main dans quelques semaines, doit faire face à un afflux de mauvaises nouvelles depuis quelques mois. Le moteur de l'atelier du monde montre en effet quelques signes préoccupants.

Ainsi, la Bourse de Shanghaï a atteint son plus faible niveau depuis mars 2009 ces derniers jours et l'activité manufacturière au mois d'août a enregisté une nouvelle contraction pour le neuvième mois consécutif.
Au deuxième trimestre, l'économie chinoise avait progressé de 7,6%, son taux trimestriel le plus bas depuis plus de trois ans.
En juillet, la hausse des exportations a été la plus faible depuis six mois, en s'affichant officiellement en glissement annuel à + 1% contre 11,3% en juin.

Les sidérurgistes perdent de l'argent

Et certains secteurs emblématiques montrent des signes inquiétants sur leur activité.

Les exportations de produits textiles ont reculé de 0,7% sur les 7 premiers mois de l'année, comparé à la même période de 2011. Il s'agit de la première baisse depuis une décennie.

Zhang Hongxia, patron de la première entreprise de textile du pays Weiqiao Textile, assure à l'agence Bloomberg que « l'économie chinoise se trouve à peine au début d'un hiver difficile ». Il prend comme signe tangible la consommation de coton dans le pays qui, selon lui, devrait se réduire de 11% cette année.
Autre secteur clé, la sidérurgie. 83 % des compagnies sidérurgistes sont en ce moment en train de perdre de l'argent, en raison de la chute de la demande d'acier et la baisse des prix.

Cosco, la première compagnie chinoise de transport maritime, a de son côté annoncé pour le premier semestre une perte de ses revenus de 76% supérieure à celle déjà encaissée en 2011 sur la même période.

La compagnie aérienne Air China annonce elle une chute de son bénéfice semestriel de 77%.

Cercle vicieux

Les demandes de Wen Jiabao auprès d'Angela Merkel sont d'autant plus pressantes que l'objectif d'un rééquilibrage de la deuxième économie du monde des exportations vers la consommation locale risque d'être encore d'actualité pour le prochain plan quinquennal.

"Le troisième trimestre est une période critique pour la réalisation de l'objectif de croissance des exportations de la Chine de cette année, et nous devrions prendre des mesures ciblées pour stabiliser la croissance », a averti le premier ministre.

Car un cercle vicieux est en train de s'installer où les entreprises chinoises réduisant leurs activités vont devoir procéder à des licenciements qui affaibliront encore davantage le pouvoir d'achat de la population.

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a écrit le 01/09/2012 à 23:14 :
Que le gouvernement Chinois soit aussi conscient de l'intrication des économies mondiales a quelque chose de rassurant... si l'on se réfère au passé récent de la Chine.
a écrit le 01/09/2012 à 12:14 :
Les Chinois ne se rebelleront pas plus que les Français. Ils sont sous contrôle. Travailler, et payer des impôts est tout ce qu'ils connaissent. L'idée de se rebeller ne leur viendrait jamais et si cela arrivait la rébellion serait durement réprimée. Le capitalisme et sa logique insensée a gagné. La crise est mondiale et il est trop tard.
Réponse de le 02/09/2012 à 10:25 :
La Chine parait bien plus stable politiquement qu'elle ne l'était il y a vingt ans.
Réponse de le 03/09/2012 à 8:32 :
Ou tenez vous cette information Havoc ?
Je croie au contraire que la stabilité politique passe bien par une croissance économique, ce qui n'est pas ce qui ce passe maintenant et c'est bien pour cela que le gouvernement est bien nerveux.
a écrit le 31/08/2012 à 19:39 :
Cà paraît dérisoire vu d'ici empêtrés dans nos problèmes, mais c'est tote la Chine qui est à risque avec une révolution du peuple. Imaginez les conséquences mondiales?
a écrit le 31/08/2012 à 14:37 :
Si Mao avait obtenu ces résultats le pays aurait été en fête pendant 10 ans et maintenant qu'ils ont goûté au capitalisme et qu'ils pondent des milliardaires, le moindre frissonnement de leur économie, c'est la panique. Quel Monde!!!
a écrit le 31/08/2012 à 13:05 :
En route pour la dévaluation du RMB
a écrit le 31/08/2012 à 12:32 :
Il est temps pour la Chine de favoriser sa consommation intérieure en augmentant le pouvoir d'achat de ses travailleurs.
L' augmentation du prix de ses exportations influerait défavorablement sur le niveau de celles-ci au bénéfice des pays importateurs, rééquilibrant un peu les échanges entre la Chine et le reste du monde.
Réponse de le 01/09/2012 à 23:04 :
C'est peut-être la devise du Capitalisme mais c'est surtout le projet de la plupart des gens dans les pays développés.
Réponse de le 03/09/2012 à 8:47 :
personne, oui tu à bien raison mais je te rappelle que la Chine est aussi communiste, donc dit plutôt que c'est la faute de l?être humain qui à inventé le socialisme et le communisme, comme être humain je veut dire les banquiers qui on bien financer le communisme.
Réponse de le 03/09/2012 à 18:48 :
La Chine est communiste comme moi je suis une bonne soeur !
a écrit le 31/08/2012 à 11:14 :
L'économie capitaliste (au sens large), c'est un terrassier creuse un trou pour boucher un trou. Quand il a fini, il ne lui reste plus qu'à creuser un trou pour boucher le premier trou. Ad libitum...
a écrit le 31/08/2012 à 10:37 :
ben oui à force de faire les poches de ses voisins, il arrive un moment ou ces poches sont vides... faut alors trouver d'autres poches, mais le pickpocket chinois n'a pas regardé plus loin que son petit doigt et va se retrouver fort dépourvu....
a écrit le 31/08/2012 à 9:49 :
Ca leur apprendra à vouloir être comme nous. Ils vont enfin comprendre la dure loi du capitalisme et de ses bulles à répétition provoquées par le toujours plus de fric au détriment de l'humain.....
Réponse de le 02/09/2012 à 10:05 :
Cuba doit être comparée aux autres iles des Caraïbes. On ne peut pas vraiment conclure à un échec, surtout pour une économie aussi isolée internationalement. Il y a certes un problème de libertés politiques mais allez donc vous présenter aux présidentielles étasuniennes sous l'étiquette communiste ! Quoiqu'il en soit, tous les régimes autoritaires de la planète peuvent être associés soit au capitalisme, soit au communisme, donc ça n'a pas vraiment de sens de juger un projet politique à cette aune. Il n'y a guère qu'aux écologistes qu'on ne puisse encore reprocher d'avoir mis en place un régime totalitaire ou policier.
Réponse de le 02/09/2012 à 11:13 :
Si on compte mathématiquement la somme des morts et torturés de Chine, Urss, Cuba, et Corée du Nord durant les 60 dernières années, je crois qu'ils sont imbattables il n'y a pas de politique autre que le communisme qui ai fait autant de victimes, m^me la bombe atomique américaine en a fait beaucoup moins et c'était une guerre externe, ces morts communistes l'on été par leur propre pays et se comptent par dizaine de millions environ 100 millions au total d'après les évaluations les plus récentes, non personne ne leur arrive à la cheville à ce jour pour une idéologie.
Réponse de le 02/09/2012 à 18:59 :
L'essentiel est que vous en soyez convaincu.
a écrit le 31/08/2012 à 9:16 :
ils auraient du commencer les ajustements macro quand on leur disait de reevaluer leur monnaie; la c'est clair que ca va se faire, mais avec pertes et fracas...
Réponse de le 02/09/2012 à 0:29 :
Le programme de Madelin, c'était celui de Tony Blair !
a écrit le 31/08/2012 à 8:17 :
peut-^tre est ce le moment de revoir la politique européeene face à la Chine mais égaklement face aux US. On oublie malgré la crise dans la zone UE que nous sommes encore pour peu de temps la première puissance mondiale. Nous avons encore pourqueqlues temps le pouvoir de dire NON je n'en veux plus de vos méthodes alors soit vous créez une aide sociale, type santé à vos salariés soit on met des taxes à l'entrée pour équilibrer les échanges commerciaux. Nos Pieds Nickelés européens y compris les allemands, un colosse très fragile, sont-ils capable ENFIN de monter le ton et de mettre en place la partition???
Réponse de le 01/09/2012 à 23:11 :
Samarinda parle de l'UE, je pense.
a écrit le 31/08/2012 à 7:46 :
"J'ai expliqué au premier ministre à quel point je ne comprenais rien à l'économie" serait plus juste... La monnaie forte axphixie tous les partenaires européens de l'Allemagne, qui ne peuvent plus compenser leur perte de compétitivité par l'endettement. Ceux ci ne peuvent plus importer , ce qui touche en effet les Chinois mais aussi l'Allemagne d'ailleurs. Et Merkel et son pote chinois voudraient revenir à la situation d'avant crise... Maintenant j'en suis sûr : la crise va s'intensifier encore plus...

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