Les banques centrales impuissantes à relancer la croissance

L'agence de notation financière Fitch a abaissé ses prévisions de croissance de l'économie mondiale pour 2012, 2013 et 2014 en soulignant que des risques pesaient sur la reprise en dépit des divers plans de relance monétaire mis en œuvre.

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"En dépit de la nouvelle série de mesures de relance monétaires vigoureuses annoncées en septembre par la Fed, la BCE et la Banque du Japon, ainsi que la baisse de taux de la banque centrale chinoise en juillet, Fitch a révisé à la baisse ses prévisions de PIB pour 2012 et 2013", déclare Gergely Kiss, directeur dans l'équipe chargée des notations souveraines chez Fitch. Dans son rapport trimestriel sur les perspectives économiques mondiales, l'agence indique qu'elle table désormais sur une croissance du PIB mondial de 2,1% (contre 2,2% en juin) en 2012, 2,6% (contre 2,8%) pour 2013 et 3% (contre 3,1%) en 2014.

"Les statistiques économiques et les indicateurs récents "mettent en lumière la faiblesse persistante [de la croissance] et les risques qui pèsent sur la reprise mondiale", estime l'agence dans un communiqué.

Zone euro : récession en 2012, stagnation en 2013, croissance molle en 2014

En zone euro, le  PIB devrait se contracter de 0,5 % en 2012, avant de recommencer à croître faiblement de 0,3% en 2013, puis de 1,4% en 2014. "Le moral des industriels et des ménages s'est affaibli ces derniers mois, les conditions de financement restent restrictives et les pays de la périphérie pâtissent des mesures d'austérité budgétaire, tandis que les économies du coeur de la zone voient leur rythme de croissance ralentir", explique Fitch. La zone euro est la région la moins bien lotie parmi les principaux pays développés puisque ceux-ci devraient connaître une croissance de 1% en 2012, 1,4% en 2013, puis 2% en 2014.

Etats-Unis : l'économie menacée par le "mur budgétaire"

Les Etats-Unis devraient s'en sortir un peu mieux, selon Fitch, avec une prévision de croissance de 2,2% en 2012 (inchangée) et une prévision légèrement abaissée à 2,3% pour 2013. "Le niveau toujours élevé du chômage, qui n'a pas diminué depuis le premier trimestre 2012, et le ralentissement de la croissance au premier semestre souligne la faiblesse de l'économie américaine par rapport aux périodes de reprises cycliques précédentes", juge l'agence. "De plus, l'incertitude au sujet de la politique budgétaire pourrait miner la confiance et agir comme un frein à la croissance", ajoute-t-elle.

Selon Fitch, le risque de "mur budgétaire" aux Etats-Unis constitue la principale menace à court terme pour l'économie mondiale. Si les Etat-Unis devaient mener une politique budgétaire beaucoup plus restrictive, ce choc n'entraînerait pas seulement une récession aux Etats-Unis, mais "il pourrait aussi diminuer par deux le rythme de croissance mondiale à environ 1,3% en 2013, son plus bas niveau depuis 2009". 

Chine : 7,8% de croissance en 2012

La croissance des économies émergentes doit aussi faire face à des "défis croissants", souligne Fitch, du fait de "vulnérabilités domestiques" et de "faibles perspectives mondiales". L'agence écarte cependant un scénario d'atterrissage brutal en Chine, et table pour ce pays sur une croissance de 7,8% en 2012, de 8,2% en 2013 et de 7,5% en 2014.

Des taux durablement au plancher

Les banques centrales devraient maintenir des taux d'intéret extrêmement bas au moins jusqu'au milieu de l'année 2013 et au-delà de 2014 aux Etats-Unis, estime l'agence de notation. Pour Fitch, l'annonce du programme OMT de rachat illimité de dette souveraine par la BCE "a permis de soulager les tensions financières et de limiter les risques extrêmes liés à la crise de la zone euro mais ne devrait pas suffisamment contrebalancer les tendances économiques négatives pour améliorer les perspectives de croissance à court terme". 

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Commentaires 2
à écrit le 02/01/2013 à 21:34
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j'ai lu, sur le net, dans "le cercle-les échos", un journal-canon, cette phrase merveilleuse de bon sens "l'absence de croissance explique la multiplication des plans sociaux" "Nos" petits Françouskis sont des types fortiches. Ils savent que l'absenc...

à écrit le 28/09/2012 à 18:34
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Logique! Ce ne sont pas les banques qui consomment mais leurs clients et comme elles n'ouvrent pas les robinets du crédit... Et puis que recouvre le terme croissance en cette société sinon,avant tout ,l'augmentation des bénéfices pour les entreprise...

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