Les 5 élections américaines les plus serrées

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Alors que le duel Obama-Romney s'annonce indécis, retour sur les scrutins les plus étroits qui ont marqué l'histoire des États-Unis.

1. 1876: un grand électeur fait la différence

Onze ans après la fin de la guerre de sécession, le Sud est encore occupé par l'armée fédérale, mais les Américains commencent à être las des divisions. Le président sortant, Ulysses Grant, le général nordiste, ne peut se représenter après ses deux mandats marqués par plusieurs affaires de corruption. Après 16 ans de pouvoir républicain, la tâche du candidat du GOP Rutherford Hayes s'annonce difficile devant le candidat démocrate Samuel Tiden.

De fait, Tiden arrive largement en tête du vote populaire avec 250.000 voix de plus, soit 51% des suffrages exprimés. Hayes n'obtient que 47,9% des sièges. Mais en termes de grands électeurs, la situation est très serrée: les Etats-Unis sont encore très divisés. Les deux candidats se déclarent tous deux vainqueurs dans trois Etats: Caroline du Sud, Floride et Louisiane. Trois Etats du sud où les Républicains se plaignent des violences contre leurs candidats et où les démocrates dénoncent l'occupation militaire. Finalement, la commission électorale, dominée par les Républicains, accorde le gain des trois Etats à Hayes qui obtient ainsi 185 grands électeurs contre 184. Cette élection reste la plus controversée de l'histoire des Etats-Unis.

2. 2000: des machines à voter qui déraillent

L'élection de 2000 est très tranchée entre le vice-président de Bill Clinton, le président sortant, Al Gore et le fils de son prédécesseur, George Bush. A la clôture du scrutin, les sondages donnent l'avantage à Al Gore, mais sont incapables de donner le nombre de grands électeurs acquis. Rapidement, on découvre que tout dépend du résultat en Floride. Or, dans cet Etat du sud, la situation est confuse. Les votes issus des machines à voter mécaniques -où l'on troue le bulletin- sont quasi impossibles à interpréter. Finalement, après un recomptage, la Floride est acquise à George Bush qui rafle les 25 grands électeurs pour 537 voix! Malgré 500.000 voix de moins au niveau fédéral, le Républicain obtient 271 grands électeurs et devient le 43e président des Etats-Unis.

3. 1880: Président pour 1.898 voix

Le contesté président républicain Rutherford Hayes refuse de se représenter, comme il l'avait promis en 1876. C'est James Garfield qui porte les couleurs républicaines et qui insiste sur son caractère de self-made man. En face, les Démocrates, sevrés de victoires depuis 20 ans, ont sorti un atout majeur: Winfield Hancock, général de l'armée nordiste qui a géré sur la reconstruction du sud, incarne la réconciliation et l'honnêteté. La campagne est tendue et l'Amérique indécise. Finalement, Garfield l'emporte avec 1.878 voix au niveau fédéral de plus que Hancock, soit 0,1 point de pourcentage. Le score le plus étroit pour une élection présidentielle à ce jour.

4. 1960: Kennedy, de peu

Après huit ans de présidence de Dwight Eisenhower, les Etats-Unis ont soif de jeunesse. Ce sont donc deux jeunes hommes qui se présentent aux suffrages des Américains. Le démocrate John Kennedy, 43 ans, fait face à Richard Nixon, de quatre ans son aîné. La campagne est passionnée, sur fond de guerre froide. Le premier débat télévisé personnalise encore plus le duel entre les deux hommes. Le soutien de Kennedy à Martin Luther King est décisif: il devance Richard Nixon de 110.000 voix, soit 0,2 point de pourcentage.

5. 1888: majorité des voix, minorité des électeurs

Premier président démocrate depuis 1860, Grover Cleveland se représente naturellement après un mandat marqué par la croissance économique. Face à lui, le républicain Benjamin Harrison défend une politique protectionniste et est soutenu par les Etats industriels et ouvriers du nord. Le résultat est extrêmement serré. Dans l'Indiana et à New York, l'Etat de Cleveland, Harrisson l'emporte par moins de 1%. Résultat: malgré une majorité des voix de 48,6% contre 46,8%, Grover Cleveland perd 45 grands électeurs. Il ne peut récupérer que 168 grands électeurs, contre 233 à Benjamin Harrison. Les Républicains retrouvent la Maison-Blanche.


? Hors concours: 1824, l'élection la plus folle

Les Etats-Unis de 1824 sont encore loin d'être structurés politiquement. Après l'opposition des premières années entre fédéralistes et républicains (qui ne sont pas les mêmes qu'aujourd'hui), les deux tendances fusionnent et James Monroe est élu en 1820 comme seul candidat. Mais le parti unique explose rapidement à l'épreuve du pouvoir et se délite en quatre factions qui en 1824 présentent toutes un candidat. Andrew Jackson obtient 99 électeurs, mais c'est 32 de moins que ce qui est nécessaire pour l'emporter. Selon le douzième amendement de la constitution, en l'absence de cette majorité de grands électeurs, c'est la chambre des représentants qui doit choisir entre les trois premiers candidats. Andrew Jackson se retrouve donc face à John Adams et William Crawford. Adams, mieux implanté au congrès l'emporte par 87 voix contre 71 et devient le sixième président des Etats-Unis malgré un maigre résultat à l'élection (31% des voix).

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Commentaires
a écrit le 24/10/2012 à 15:01 :
C'est intéressant de reprendre des affaires du passé des élections americaines et cela nous donne une idée des americains et de leures façons de vivre depuis bientot quelques années aussi je trouve que nous sommes peut etre trop implusifs quand on dit du mal de ces gens la c'est pourquoi nous suivons toujours ses élections de près car cela peut nous donner envie de prendre le meme chemin.
a écrit le 23/10/2012 à 19:25 :
pas mal ce travail de recherche !

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