L'Argentine honore ses échéances, mais reste sur la sellette

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Malgré de bonnes performances économiques, Buenos Aires est dans le collimateur des marchés mais également dans celui du FMI. Kristina Kirchner, la présidente, a perdu toute crédibilité auprès des marchés...

L'Argentine est-elle au bord du précipice, et ce, onze ans après sa spectaculaire faillite ? Si le gouvernement se dit serein, les marchés s'interrogent de plus en plus. Il faut dire que les rapports se tendent de plus en plus entre les créanciers de Buenos Aires qui est également dans le collimateur du FMI.

Pour le gouvernement de Kristina Kirchner, il s'agit d'une campagne médiatique orchestrée par des spéculateurs. « N'allez pas croire ceux qui sèment des doutes sur nos paiements afin de racheter des titres à bon prix » a déclaré Hernan Lorenzino, ministre de l'économie. « Depuis la restructuration de sa dette en 2005, l'Argentine a toujours payé son service de la dette » a-t-il ajouté.

Une note médiocre malgré une bonne santé économique

Sauf que les marchés ne sont pas de cet avis. Les agences de notation ont d'ailleurs déjà averti. En novembre dernier, l'agence Fitch avait ainsi baissé la note de la signature argentine de B à CC, soit un cran avant la note grecque... Un comble pour un pays qui affiche une croissance de 6% en 2012 avec un taux d'endettement de 41%. Mais pour l'agence de notation américaine, il existe un risque que le pays fasse défaut parce qu'il ne parvient plus à se refinancer car les investisseurs n'ont plus confiance en l'Argentine. Cette dégradation était d'ailleurs consécutive à la décision d'un tribunal américain qui obligeait le pays à rembourser des créanciers qui ont refusé la décote de leurs obligations. Fitch craignait que l'Argentine ne puisse dès lors assurer l'échéance du 15 décembre s'élevant à 3,4 milliards de dollars. Or, celle-ci a été honorée.

Il y a encore d'autres affaires en cours de délibération devant les tribunaux. Mais Buenos Aires privilégie désormais des négociations amiables afin de ne pas être mis au pied du mur par une décision de justice, et surtout pour s'éviter une nouvelle publicité désastreuse sur les marchés internationaux.

La présidente cristallise les récriminations

C'est la présidente Cristina Kirchner qui a succédé à son mari, Nestor Kirchner le sauveur de la nation après la faillite de 2001, qui incarne la défiance des marchés à l'égard de l'Argentine. Connue pour son autoritarisme, elle avait perdu son aura après une âpre bataille contre le gouverneur de la banque centrale argentine en 2010 qu'elle a fini par renverser. Martin Redrado avait alors tout fait pour sauver l'indépendance de l'organisme monétaire. Pour les investisseurs, la décision de Cristina Kirchner n'avait pas d'autres visées que de faire de la banque centrale une institution politisée. Une initiative qui n'inspire, généralement pas confiance aux investisseurs.

Pis ! Le Fonds monétaire international doit statuer prochainement sur le sort qu'elle réserve à l'Argentine au sein de son institution. L'institut monétaire international veut sanctionner des pratiques statistiques peu fiables. Ainsi, alors que le pays prétend enregistrer une inflation moyenne de 10%, le FMI estime que celle-ci s'élève en réalité à 25%. Cette question est régulièrement abordée par les deux parties. L'Argentine finit toujours par obtenir un délai supplémentaire. Pour Christine Lagarde, directrice du FMI, une décision doit être prise l'année prochaine. La procédure de « censure », inédite jusqu'à maintenant, peut aboutir à une exclusion du pays visé.

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Commentaires
a écrit le 23/08/2013 à 23:14 :
L'Argentine enregistre de superbes performances économiques depuis 10 ans déjà, en ayant pris ses distances avec les institutions pilotées par Washington (FMI et consort ..). Le pays suscite de nombreuses convoitises car il dispose de tout ce qui intéresse les vautours de toutes sortes. Ce qui explique qu'on essaye de le déstabiliser par diverses man?uvres assez vicieuses.
a écrit le 18/12/2012 à 15:28 :
Si l' Argentine est loin d'être honnête avec ses statistiques, la Chine fait de même. Le FMI s'attaque toujours aux plus faibles.
La dette contractée par la dictature (non élue démocratiquement) soit remboursée ne gêne " personnes" mais le non remboursement à des fonds spéculateurs scandalises les marchés.
------ Même si la dérive populiste de Mme Kirchner est affligeante d' où vient cet acharnement du monde financier à l'encontre de ce pays?------
a écrit le 18/12/2012 à 12:29 :
Un peu de botox et ça repart !!
Réponse de le 18/12/2012 à 14:16 :
Nous avons eu la même réflexion...
a écrit le 18/12/2012 à 0:11 :
@ Jos - YPF a été re-nationalisée en partie seulement (51%), suite à l'embargo zélé de l'espagnole Repsol qui obligeait l'Argentine à importer du pétrole, un comble pour un pays pétrolier. Repsol en a été pour ses frais, à la réouverture, Chevron et Liberty se sont précipitées pour acquérir les parts libérées. Contrairement à Total qui apparemment ne se serait pas présentée à l'appel d'offres.
a écrit le 18/12/2012 à 0:04 :
L'Argentine n'est pas au bord du précipice, loin de là. Par contre la convoitise de l'establishment financier anglo-saxon pour la terre, les ressources, l'industrie, les finances, jusqu'aux médias de ce pays n'a jamais cessé d'augmenter, et cela depuis toujours.
a écrit le 17/12/2012 à 16:59 :
Peut-être également que certains investisseurs ont des inquiétudes, suite à la nationalisation de la filiale argentine de Repsol (YPF), au printemps dernier.
a écrit le 17/12/2012 à 15:04 :
C'est une pub pour le Botox cette photo ?
Réponse de le 17/12/2012 à 16:34 :
pour les chiffres argentins les économistes les manient avec des pincettes quand on connaît la réalité de la situation économique du pays ( repli sur un protectionnisme archaïque, rupture avec les investisseurs internationaux, avec le monde hispanique développé, inflation et misère sociale etc...). Les exportations de soja et autres denrées ne peuvent tout compenser.
a écrit le 17/12/2012 à 14:46 :
croissance de 6% et inflation entre 10 et 25%..... il n'y aurait pas un problème?.....
Réponse de le 17/12/2012 à 14:55 :
La croissance annoncée est probablement la croissance réelle, c'est à dire moins la hausse des prix.
Réponse de le 17/12/2012 à 14:55 :
La croissance annoncée est probablement la croissance réelle, c'est à dire moins la hausse des prix.
Réponse de le 17/12/2012 à 15:55 :
Les statistiques ne sont pas fiable car sous le contrôle politique du gouvernement,
On peut donc pas les utiliser.
On sait que les kichners ont utiliser la création monétaire
Pour relancer leur économie , ce qui aboutit tôt ou tard a l hyper-inflation
Que le gvnm semble cacher pour le moment mais d ici 2-3 ans on verra qui ment.

Réponse de le 17/12/2012 à 16:01 :
oui, le pib per capita se mesure en termes reels ( deflate des prix)

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