Huriko Kuroda, le poulain de Shinzo Abe bientôt à la tête de la Banque du Japon

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L'information avait filtré dans la presse nippone. C'est désormais officiel. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a soumis le nom de Huriko Kuroda pour succéder à Masaaki Shirakawa au poste de gouverneur de la banque centrale du Japon. En choisissant un candidat favorable à une politique monétaire inflationniste et ultra-accomodante, Shinzo Abe met un peu plus la main sur la banque centrale, mais devrait rassurer les marchés.

C'était attendu, depuis que l'information avait filtré dans la presse japonaise lundi dernier. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a soumis jeudi aux parlementaires la candidature de Huriko Kuroda comme gouverneur de la banque centrale du Japon (BoJ). En plaçant l'actuel président de la banque asiatique de développement (BAD) à sa tête, Shinzo Abe espère faire de la BoJ un allié dans sa politique de lutte contre la déflation.

Entre lutte contre la déflation et guerre des monnaies

En guerre contre la déflation, le gouvernement de droite de Shinzo Abe, arrivé au pouvoir en décembre dernier, a décidé dès janvier d'un plan de rachat d'actifs illimité dès 2014 et fait pression sur la banque centrale pour qu'elle relève son objectif d'inflation de 1% à 2%. Depuis quatre mois, le yen a perdu plus de 20% de sa valeur face au dollar et est passé d'un plus haut historique de 75 yens pour 1 dollar à environ 94 yens aujourd'hui. Plaçant le Japon sous le feu des critiques, accusé de provoquer une guerre des monnaies.

Fortement opposé à une politique monétaire expansionniste, Masaaki Shirakawa, l'actuel gouverneur, avait présenté sa démission (effective le 19 mars prochain) le 6 février dernier, après que le comité de politique monétaire de la banque centrale japonaise a approuvé l'objectif d'inflation du gouvernement sous la menace d'une loi modifiant le fonctionnement de la BoJ. De quoi susciter l'inquiétude des observateurs quant au respect de l'indépendance de l'institution par Tokyo.

Un candidat favorable aux politiques monétaires ultra-accomodantes

Diplômé des universités de Tokyo et Oxford, Huriko Kuroda devrait poser moins de problèmes à Shinzo Abe. Il est notamment connu pour soutenir l'objectif inflationniste du Premier ministre. Reconduit fin 2011 pour cinq ans à la tête de la BAD où il disait se plaire, il est aussi en faveur d'une politique monétaire ultra-accommodante.

Traditionnellement, le vote au parlement a lieu une dizaine de jours après la soumission de la candidature. Le gouvernement espère que celui-ci aura lieu le 14 mars prochain à la chambre basse et le 15 mars à la chambre haute ou il n'a pas la majorité. "Nous allons oeuvrer de toutes nos forces pour obtenir la compréhension des élus de la majorité et de l'opposition, car nous considérons qu'il s'agit de la meilleure équipe pour entraîner la croissance économique", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga, lors d'une conférence de presse.

Certaines petites formations, qui honnissent les personnalités issues du ministère des Finances appelées des "old boys" (OB), ont déjà fait part de leur opposition à la nomination de M. Kuroda. Mais Shinzo Abe multiplie les consultations depuis plusieurs jours, et les experts considèrent que la nomination du gouverneur ne devrait pas rencontrer de problème majeur au Parlement.

En présentant un nom dès ce jeudi, qui plus est celui qui avait circulé dans la presse, le Premier ministre rassure aussi les marchés qui spéculent depuis des semaines sur la politique que devrait conduire le prochain gouverneur, en adéquation avec les attentes du gouvernement.

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