États-Unis : la baisse du taux de chômage ne rime pas forcément avec reprise

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Les embauches se sont nettement accélérées aux Etats-Unis en février et le taux de chômage du pays est tombé à son niveau le plus faible depuis décembre 2008, selon le rapport officiel sur la situation de l'emploi publié vendredi à Washington. Mais sur plusieurs mois, le nombre de demandeur d'emplois, lui, ne diminue pas vraiment reconnaît le gouvernement.

Le chômage américain est au plus bas depuis décembre 2008, selon le rapport officiel sur la situation de l'emploi publié vendredi à Washington. Il s'établit désormais à 7,7% de la population active en recul de 0,2 point par rapport à décembre.

Créations d'emplois...

En février, l'économie américaine a surtout doublé son nombre de créations nettes d'emploi avec 236.000 créations de plus que de destructions. Bien au delà de la prévision médiane des analystes qui tablaient sur 165.000 créations d'emplois nettes. Tous les secteurs de l'économie ont bénéficié de cette embellie en février, à l'exception du secteur public qui a supprimé 10.000 emplois.

... et baisse de la population active

Mais il ne faut pas uniquement voir dans cette embellie statistique un signe de reprise. De fait, la nette diminution de la population active, c'est à dire ceux qui ont un emploi et ceux qui en cherchent un, a participé pour près de la moitié à la décrue. Si le pays comptait 300.000 chômeurs de moins en février qu'en janvier, la population active a diminué dans le même temps de 130.000 personnes. Sur les derniers mois, le gouvernement reconnaît que le nombre de chômeurs officiel, 12 millions de personnes, "a peu bougé en fin de compte depuis septembre".

La situation est loin d'être idyllique 

Le taux d'activité officiel, mesure du nombre de personnes employées ou cherchant activement du travail par rapport à l'ensemble de la population en âge de travailler, a reculé de 0,1 point par rapport à janvier pour revenir à 63,5%, son niveau le plus faible depuis 1979. Le fait que ce ratio ne parvienne pas à augmenter est un signe des difficultés auxquelles la reprise de l'emploi se heurte. L'amélioration de la conjoncture ne semble pas suffisant pour pousser nombre de chômeurs exclus des statistiques officielles (le ministère en décompte plus de 3,7 millions) à se remettre en quête de travail et à réintégrer ainsi la population active.

En tenant compte de ces personnes et de celles qui sont contraintes de travailler à temps partiel, faute de pouvoir trouver le poste à plein temps qu'elles désirent, le taux de chômage et de sous-emploi des Etats-Unis était encore officiellement de 14,3% en février (0,1 point de moins qu'en janvier et 1,3 point de moins qu'un an plus tôt).

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a écrit le 10/03/2013 à 12:49 :
Il est évident que le taux d'activité est la vrai mesure du chômage. Le taux d'activité mesuré en France est d'ailleurs dramatiquement faible, l'un des plus bas du monde développé.
a écrit le 09/03/2013 à 12:43 :
Il faut parer un pus urgent. Il vaut mieux un emploi précaire que pas d'emploi du tout. Il vaut mieux un emploi stable qu'un emploi précaire. Il vaut mieux plus de création d'emploi que de destruction. C'est pas forcément la panacée, mais c'est déjà un très bon résultat pour l'administration Obama. Si la France avait pu faire cela ces 10 dernières années, les choses auraient été différentes sur le front du chômage.
Réponse de le 09/03/2013 à 13:33 :
Et il vaut mieux etre au smic qu'au RSA. Et etre au RSA que SDF. Et etre SDF que mort....
C'est avec ce raisonement que tout devient acceptable et qu'un nivellement par le bas se met en place. Aux Etats Unis comme ailleurs la societe devient "pyramidale". En haut les "nomades" très diplomes travaillant dans la finance ou la haute technologie. En bas une base toujours plus importante constitue de travailleurs precaires, mal remuneres. Et la classe moyenne qui lentement mais surement rejoint la categories des pauvres ce qui met en danger la democratie qui s'appuie essentielement sur cette classe moyenne. Du reste cette disparition est une des raisons de la crise que nous vivons. Les salaires n'augmentent plus et les etats font appel à l'argent facile "le credit" pour continuer à avoir de la croissance. L'extreme pointe de la pyramide se porte très bien elle puisque on annonce dans la tribune une augmentation de 50% des tres riches dans les 10ans à venir. Il parait que c'est pas appauvrissant les plus riches que l'on aide les plus pauvres. Il semblerait que le contraire soit aussi vrai.
a écrit le 09/03/2013 à 11:55 :
Aux Etats Unis les gens préfèrent se débrouiller par eux même pour trouver du boulot. Ils ne s'inscrivent pas au chômage parce qu'ils savent qu'ils ne toucheront de toute façon rien. Ce n'est pas comme en France où les gens attendent que l'Etat leur trouve un job.
Dans beaucoup d'Etats américains, les gens ne savent même pas qu'il est possible de s'inscrire au Bureau de l'Emploi. C'est pas un réflexe américain.
Voilà pourquoi les statistiques ne veulent rien dire, mais pas pour les raisons que l'on croit.
a écrit le 08/03/2013 à 22:33 :
Votre passage sur la "baisse de la population active" est sans doute le point névralgique qu'observent à pas feutrés les analystes gouvernementaux des pays dits "industrialisés" (ce qui n'a d'ailleurs plus beaucoup de sens s'agissant de la France) ... C'est aussi l'espoir actuel de nos dirigeants pour dégonfler le chômage de masse... Il leur restera à régler le problème de la solvabilité des sortants... Une armée de miséreux avant dix ans
a écrit le 08/03/2013 à 18:21 :
Bien vu d'avoir noté qu'ils diminuent le nombre d'actifs. Les chiffres, comme ceux des Chinois et à peu près tout le monde, ne trompent plus grand-monde.
Réponse de le 09/03/2013 à 0:09 :
+1, Il suffit de voir le nombre de bénéficiaires des 'food stamps' pour comprendre que leur chiffre du chômage sont déconnectés de la réalité. Chez nous on devrait rajouter la partie de la fonction publique surnuméraire, cachée dans des services inconnus du public qui n'existent que pour diminuer le chômage officiel.

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