Des lanceurs d'alerte sortent de l'ombre 43 ans après avoir cambriolé le FBI

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J. Edgar Hoover, alors directeur du FBI, en 1967 à la Maison Blanche.
J. Edgar Hoover, alors directeur du FBI, en 1967 à la Maison Blanche. (Crédits : Yoichi R. Okamoto)
Près de 43 ans après être entré par effraction dans les locaux du FBI à Philadelphie pour révéler une vaste affaire d’espionnage illégal, certains des cambrioleurs ont décidé de dévoiler leur histoire avant la sortie d’un livre consacré à l’affaire.

Après être longtemps resté dans l'ombre, cinq des huit cambrioleurs ayant permis de dévoiler l'affaire COINTELPRO ont décidé de témoigner dans la presse, dans le cadre de la sortie d'un livre consacré au cambriolage d'un bureau du FBI dans la banlieue de Philadelphie le 8 mars 1971.

 Le New York Times révèle ainsi que c'est un professeur de physique de l'université d'Haverford, William C. Haverford, qui a orchestré toute l'organisation. Dans sa tâche, il est alors aidé de  Keith Forsith,  du couple John et Bonnies Raines, de Bob Williamson ainsi que de trois autres personnes qui ont préféré rester dans l'anonymat.

"Quand vous racontiez aux personnes extérieures au mouvement ce que faisait le F.B.I., personne ne voulait y croire", se rappelle pour le NYT Keith Forsyth, aujourd'hui âgé de 63 ans.

"Il n'y avait qu'une seule façon de convaincre les gens que c'était vrai, il fallait obtenir [des preuves] écrites de leur main."

Un des documents volés lors de la nuit du 8 mars 1971 contient le terme "COINTELPRO", inconnu à l'époque. Il faudra près deux ans à un reporter pour comprendre son sens, rapporte The Wire.

Un programme illégal de contre-espionnage

Lancé en 1956 sous la direction de John Edgar Hoover, le programme COINTELPRO (pour Counter intelligence program) est un projet regroupant des actions clandestines du FBI, visant à «exposer, discréditer […] ou autrement neutraliser» les activités dissidentes d'éléments politiques considérés comme radicaux.

Des groupes aussi différents que les Black Panthers (dont plusieurs membres ont été assassinés), le Parti communiste des Etats-Unis d'Amérique ou encore le Ku Klux Klan et Martin Luther King ont été ciblés par ce programme de contre-espionnage.

Après le cambriolage, les membres du groupe transmettent les documents volés à la presse. Ils communiquent très peu entre eux et ne se réunissent plus tous ensemble. Malgré l'équipe de près de 200 enquêteurs sur l'affaire, ils ne sont pas arrêtés. Fin 1972, COINTELPRO prend fin suite aux révélations dans la presse et aux protestations de l'opinion publique, s'ensuivent d'importantes réformes sur le mode de fonctionnement du FBI.   

Interrogé par NBC News, Bonnie Raines a déclaré ressentir une connexion spéciale avec Edward Snowden, à l'origine des révélations sur la NSA et actuellement réfugié en Russie. "D'un lanceur d'alerte à un autre, "Bonjour"", a-t-il lancé, faisant un salut à la caméra. 

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Commentaires
a écrit le 13/01/2014 à 13:28 :
Une bonne et amusante information, ça change... merci à LT... et courageux les 'old fellows'.
a écrit le 13/01/2014 à 10:44 :
Une bonne et amusante information, ça change... merci à LT... et courageux les 'old fellows'.
a écrit le 11/01/2014 à 12:11 :
L'assassina de Kennedy quoi en penser ? et de son frère !
Réponse de le 11/01/2014 à 18:01 :
et Maryline Monroe sa fin mystérieuse .
a écrit le 08/01/2014 à 11:45 :
j'ai du mal à comprendre la fin de l'article, au début il est indiqué "du couple john et bonnies Raines, j'en ai déduit que bonnies était la femme et que c'était un couple marié, or à la fin de l'article, on nous dit qu'il (bonnies) donc en parlant au masculin; bonnies est il (elle) un homme ou une femme ? la phrase doit elle être au féminin ou au masculin ?
Réponse de le 08/01/2014 à 16:48 :
C'est simplement mal rédigé. Elle a ressenti une connexion spéciale avec Snowden et lui a dit "Salut!" ;-)
a écrit le 08/01/2014 à 9:19 :
A propos de FBI, ils viennent de changer leur mission...
La fonction première du FBI n'est donc plus officiellement "Law Enforcement" c'est à dire le respect ou l'application de la loi, mais la sécurité nationale (National Security).
a écrit le 08/01/2014 à 9:07 :
Il s'agit évidemment de William C. Davidon et non de William C. Haverford de l'Université du même nom... ;-)
a écrit le 07/01/2014 à 17:43 :
Comme dirait l'autre, les lanceurs d'alerte ou les êtres vraiment soucieux du respect du droit et des droits de l'Homme par l'Etat lui même et ses serviteurs (Cf Nietzsche en particulier à propos de la violence de l'Etat), ou des folies de la Finance (faut pas compter sur les régulateurs, tous plus incapables et couards les uns que les autres, les copains de copains de promotion des technocrates qui nous gouvernent) sont moins nombreux encore que les résistants de la première heure (ensuite les choses ont un peu changé pour finir en surenchère comme chacun sait à qui le plus résistant de la dernière heure quant tout est quasiment plié ou arrangé?) lors des occupations nazies ou communistes ou impérialistes dans les pays de l'Est ou en Asie. Ce qui est quand même dingue c'est que ce ne sont pas forcément sous les gouvernements de droite conservatrice ou conservatrice dure que l'on a forcément, dans le monde d' aujourd'hui les atteintes les plus graves à la liberté, aux droits de l'Homme et à la vie privée. D'où l’abstention aux élections et l'abstinence à toute réaction, mais la passivité conduit au fascisme et dictatures les plus infâmes qui sont déjà en formation.
Réponse de le 07/01/2014 à 19:50 :
Chuuuuttttt !!!

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