Le FBI révèle ses accusations contre Kim Dotcom de Megaupload

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Le FBI révèle à l'intérieur de ce résumé des preuves divers conversations par Skype, des données financières et des dizaines d'emails échangés entre les responsables des sites Megaupload.
Le FBI révèle à l'intérieur de ce "résumé des preuves" divers conversations par Skype, des données financières et des dizaines d'emails échangés entre les responsables des sites Megaupload. (Crédits : AFP)
Les Etats Unis poursuivent leur combat contre Kim Dotcom en révélant les preuves et charges retenues contre le fondateur de Megaupload afin de pouvoir l'extrader. Le site d'hébergement de fichiers est accusé d'avoir généré illégalement 175 millions de profit selon Ars Technica.

Il y'a peut-être dans ce document de 191 pages suffisamment d'éléments pour envoyer Kim Dotcom en prison. C'est effectivement le but affiché par le FBI qui révèle à l'intérieur de ce "résumé des preuves" divers conversations par Skype, des données financières et des dizaines d'emails échangés entre les responsables des sites Megaupload. Mais celui qui intéresse plus particulièrement la justice américaine est Kim Dotcom, de son vrai nom Kim Schmitz le fondateur du site d'hébergement de fichiers, qui demeure encore en Nouvelle-Zélande. 

Il y'a deux ans, le FBI faisait une descente à son domicile afin de l'arrêter. Mais libéré sous caution, l'homme d'affaires est vite sorti de prison, contraint aujourd'hui de rester à sa résidence de Coatesville. Depuis son arrestation, les Etats-Unis tentent de le conduire en justice dans le cadre d'un procès de piraterie.

175 millions de dollars de profit

L'enquête initial accuse l'équipe responsable de la gestion de Megaupload d'avoir généré plus de 500 millions de dollars de perte pour les ayant-droits et dégagé illégalement 175 millions de dollars de profits via les abonnements et la publicité. 

Dans ce projet, il est manifestement beaucoup question d'argent. Par exemple Kim Dotcom, actionnaire à 68% de Megaupload, aurait perçu plus de 42 millions de dollars en 2012. Pour information, Mathias Ortmann le directeur technique et détenteur de 25% des parts de l'entreprise a engrangé 9 millions lors de la même année et son designer, Julius Bencko, a gagné plus d'un million de dollars. Plus encore, les sites concernés ont rapporté 25 millions en revenus publicitaires et plus de 150 millions de dollars issus des abonnements aux comptes premium par les utilisateurs. 

La véritable stratégie 

Toujours côté coulisse, les développeurs savaient pertinemment que leur système n'était pas totalement légal, notamment sur la question du copyright. "Si les ayant-droits savaient vraiment à quel point notre business est énorme, ils essaieraient certainement quelque chose contre lui. Ils n'ont pas idée à quel point nous récoltons des millions de profit tous les mois" expliquait un développeur au numéro deux de la structure dans un mail.

Dans le même registre, de nombreuses conversations divulguées mettent en avant la vraie stratégie du site. C'est à dire organiser une plateforme d'échanges de fichiers protégés par le droit d'auteur. Les agents fédéraux pointent des e-mails envoyés à des utilisateurs les encourageant à trouver les fichiers qu'ils désirent sur des sites comme Megavidéo (une plateforme de diffusion en direct de vidéos) et aussi à se procurer un compte premium débridant la limite après 72 minutes de vidéo. 

Megaupload a préparé sa défense

Pour brouiller les pistes, l'équipe a aussi soigné sa page d'accueil. Sur cette dernière, il était possible d'accéder à des bandes annonces de films, des démos de jeux vidéo et d'autres contenus protégés par la loi. Mais pour le FBI, cet écran d'accueil ne reflète en rien le véritable fonds de commerce de Megaupload. 

Sans compter les conversations qui évoquent le fait que Megaupload aurait versé des sommes d'argent aux internautes mettant en ligne le plus de fichiers. Une bonne manière de se déresponsabiliser du contenu disponible sur le site. Conscient des risques qu'il prenait Kim Schmitz a voulu préparer sa défense "Nous devrions embaucher un avocat maintenant, peut-être en interne, pour nous préparer à tout" a-t-il répondu à un de ses collègues dans un e-mail.  

Les Etats Unis espèrent toujours l'extradition de Kim Schmitz, celle-ci étant programmée pour juillet 2014. Cela n'empêche pas l'homme d'origine allemande et finlandaise de lancer Mega, le service de téléchargement qui a ouvert au début de l'année dernière. 

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Commentaires
a écrit le 27/12/2013 à 6:24 :
Quand comprendra t on que les majors du cinéma et de la musique font la loi et ne tolèrent aucune concurrence ? :)
Réponse de le 30/12/2013 à 14:25 :
Le viol du droit d'auteur représente une concurrence... au même titre que le vol de véhicules alimentant une casse automobile ou l'usurpation d'identité dans un but crapuleux. Les créateurs ont légitimement le droit de se défendre par le biais leur représentant légal face à des actes de piraterie à grande échelle.
a écrit le 27/12/2013 à 0:06 :
Est-ce que l'auteur de cet article peut-il expliquer comment le FBI a pu "faire une descente et arreter" Dotcom en Nouvelle-Zealande? La NZ n'est pas les Etats-Unis que je sache.
Réponse de le 27/12/2013 à 3:14 :
Avec l’excuse du combat contre la dope le FBI à des bases partout dans le monde, y compris la France.
a écrit le 26/12/2013 à 14:01 :
On peut "apprendre" de ce fait que Skype est bien sur écoute a présent, ce qui n'était pas le cas au préalable... Belle progression de ce qui fut un vrai service libre...
a écrit le 26/12/2013 à 13:35 :
Toujours côté coulisse, les développeurs savaient pertinemment que leur système n'était pas totalement légal, notamment sur la question du copyright. "Si les ayant-droits savaient vraiment à quel point notre business est énorme, ils essaieraient certainement quelque chose contre lui. Ils n'ont pas idée à quel point nous récoltons des millions de profit tous les mois" expliquait un développeur au numéro deux de la structure dans un mail.

Oui, et alors? Cela peut tout simplement vouloir dire que les "ayants droits" ou plutôt ceux qui font leur business de s'assurer de droits dans les meilleures conditions et d'après tous les chiffres, y compris au détriment des créateurs par exemple, que les ayants droits donc, sont connus pour ne pas tolérer l'interférence dans leur business model, ni de potentiels concurrents, ni de législations qui ne leur sont pas favorables (voir par exemple leur influence sur des traités comme le TPP) et que les gens de Megaupload se disaient que de rester sous leur radar ne pouvait que leur être bénéficiaire.
C'est ça les "preuves" dont on parle? Risible ou plutôt grotesque.
Je ne défend en rien ce business model, et ne l'utilise d'ailleurs pas, mais j'aime l'état de droit et la presse qui fait son boulot au delà d'être une simple courroie de transmission à sens unique.
a écrit le 26/12/2013 à 11:47 :
"les développeurs savaient pertinemment que leur système n'était pas totalement légal, notamment sur la question du copyright"

Heuh... ce serait possible pour l'auteur de l'article d'être un peu plus précis? Quelle loi et dans quel pays?
Parce que le copyright n'interdit pas de lancer une plateforme de téléchargement, elle interdit la copie et la diffusion d'images ou de sons protégés, et les propriétaires des sites et serveurs ont l'obligation de supprimer les téléchargements que les ayant-droits dénoncent: ce que Megaupload faisait avant lorsque ces mêmes ayant-droits n'étaient pas venu demander la suppression de la pub Megaupload sur Youtube en bafouant les accord qu'ils avaient avec leur chanteurs.

Le groupe qui était hors-la-loi et qui a mit le feu aux poudres, c'était pas Megaupload c'était Universal Music Group, ceux qui ont enfreint les loi néo-zélandaises, c'est pas les propriétaires de Megaupload, c'est le FBI, non?

Peut-être faudra-t-il un jour que les journalistes arrêtent de diaboliser les professionnels d'un domaine qu'ils ne connaissent pas et commencent à remettre en question la parole des "artistes" qu'ils interviewent...
Réponse de le 26/12/2013 à 16:18 :
Votre propos ressemble un peu a celui que tiendrait un cafetier, dont il laisserait l'arrière salle a un usage totalement libre et non contrôlé (mais facturé) et s'étonnerait qu'on y trouve un tripot après quelques mois...
C'est jouable, mais il ne faut pas s'étonner des effets de bord :-)
Réponse de le 26/12/2013 à 17:46 :
Quelques tripots d'une indéniable qualité: Washington, Bruxelles, Beijing, et j'en passe :-)
Réponse de le 27/12/2013 à 13:55 :
Je ne prétendrai surtout pas le contraire, et eux aussi vont avoir quelques effets de bord a traiter dans un futur pas si lointain ;-)

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