Devant le Congrès, Barack Obama annonce "une année d'action" contre les inégalités

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Barack Obama face au Congrès à Washington, le 28 janvier 2014. (Reuters/Larry Downing)
Barack Obama face au Congrès à Washington, le 28 janvier 2014. (Reuters/Larry Downing) (Crédits : Reuters/Larry Downing)
Lors de son traditionnel discours sur l'état de l'Union prononcé devant le Congrès, le président américain a assuré vouloir renforcer la lutte contre les inégalités, quitte à se passer de l'aval des parlementaires. Résumé en 6 points.

"Les Etats-Unis ne restent pas immobiles, et moi non plus."  Barack Obama a prévenu les Congressmen américains lors de son discours sur l'état de l'Union, censé présenter le cadre général de la politique du président. En cas de besoin en cette année 2014 qui pourrait selon lui être "celle de la percée" pour le pays, il se passera de leur avis.

"Alors quand je pourrai prendre des mesures pour améliorer les chances pour davantage de familles américaines sans passer par la voie législative, c'est ce que je ferai", a-t-il affirmé, même si sa marge de manœuvre est limitée.

Bras de fer au Congrès

L'administration démocrate et les républicains du Congrès sont engagés depuis 2011 dans un bras de fer qui a atteint son paroxysme en octobre, avec plus de deux semaines de blocage du gouvernement fédéral, le "shutdown". Depuis, les élus sont parvenus à un compromis sur des orientations budgétaires à moyen terme, mais d'autres crises menacent, comme un énième relèvement du plafond de la dette.

De nombreux élus ont surtout leur avenir personnel à l'esprit: toute la Chambre et le tiers du Sénat seront renouvelés en novembre prochain. Les alliés démocrates de Barack Obama semblent mal partis pour reconquérir une majorité.

  • Augmenter le salaire minimum

Parmi les mesures unilatérales que le dirigeant a annoncé figurent une augmentation du salaire horaire minimum pour les nouveaux contractuels de l'Etat fédéral, à 10,10 dollars contre 7,25 dollars actuellement. Il a aussi exhorté le Congrès à étendre cette mesure à tous les employés. "Donnez une augmentation à l'Amérique!", s'est-il écrié.

>> Lire : Barack Obama veut augmenter le salaire minimum de près de 40%

Son objectif, a-t-il martelé, est d'agir pour réduire le fossé entre riches et pauvres, constatant que si les Bourses sont actuellement à des niveaux historiques, le salaire moyen a à peine augmenté.

  • Réforme de l'immigration

Malgré sa volonté de passer outre le Congrès, le président américain a aussi renouvelé son appel en faveur de mesures qui réclameront, elles, l'assentiment des législateurs. Il a notamment demandé aux parlementaires de lui donner mandat pour qu'il puisse accélérer la négociation d'accords de libre-échange internationaux ou de créer de nouveaux dispositifs de soutien aux classes moyennes.

Évoquant l'une de ses priorités, la réforme de l'immigration, le président a exhorté le Congrès à travailler de concert à une refonte de la législation, tout en se gardant de se montrer trop combatif pour éviter de contrarier certains élus républicains qui ont fait part ces derniers jours d'une certaine ouverture sur cette question.

  • Veto sur des sanctions contre l'Iran

Barack Obama a prévenu qu'il opposerait son veto à toutes sanctions contre l'Iran qui seraient votées par le Congrès pendant les négociations sur le programme nucléaire de Téhéran :

Que ce soit clair: si le Congrès m'envoie maintenant une nouvelle loi de sanctions qui menace de faire dérailler ces pourparlers, j'y mettrai mon veto.

"Ces négociations seront difficiles, elles peuvent ne pas réussir", a encore prévenu le président américain.

  • Obamacare

Sur la question de l'assurance santé, une réforme phare de sa présidence qui lui a valu une forte baisse de sa popularité, Obama a défendu son bilan sans pour autant s'y attarder, tout en demandant à ses compatriotes d'y adhérer ce programme au plus vite.

"Je n'entends pas convaincre mes amis républicains des mérites de cette loi", a-t-il déclaré. "Mais je sais que les Américains n'ont pas envie de raviver de vieilles querelles."

  • Fermeture de Guantanamo

Alors qu'il ne lui reste plus que trois ans à la Maison blanche, Barack Obama cherche à solder les nombreuses promesses qui n'ont toujours pas été tenues.

Il a ainsi réitéré son appel en faveur d'une fermeture de la prison de Guantanamo Bay, ce qu'il s'était engagé à faire en l'espace d'un an en 2009. "Il faut que cette année soit celle lors de laquelle le Congrès lèvera les restrictions qui pèsent encore sur le transfert des détenus et que nous fermions la prison de Guantanamo Bay", a-t-il dit :

Nous combattons le terrorisme non seulement par le renseignement ou par l'action militaire, mais également en restant fidèles à nos aspirations constitutionnelles et en donnant l'exemple au reste du monde.

  • Lutte contre le terrorisme

Concernant Al-Qaida, Barack Obama a estimé que si les Etats-Unis ont mis l'organisation "sur le chemin de la défaite", "la menace a évolué" et des groupes affiliés s'enracinent ailleurs, comme au Yémen, en Somalie, en Irak et au Mali :

D'autres extrémistes s'enracinent dans différentes parties du monde. Au Yémen, en Somalie, en Irak et au Mali, nous devons continuer à travailler avec nos partenaires pour affaiblir ces réseaux et les rendre inopérants. En Syrie, nous soutiendrons l'opposition qui rejette le programme des réseaux terroristes.

Tournée aux Etats-Unis

Les thèmes économiques abordés devant le Congrès devraient servir de trame à une série de discours qu'il s'apprête à prononcer lors d'une tournée qui lui fera traverser le Maryland, la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Tennessee. 

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Commentaires
a écrit le 29/01/2014 à 15:29 :
Avec Obama a la tete,l'etat de l'union n'est pas tres beau.
a écrit le 29/01/2014 à 11:52 :
"pour les nouveaux contractuels de l'Etat fédéral, à 10,10 dollars contre 7,25 dollars actuellement" Soit, pas grand-chose pour pas grand-monde. Et s'attaquer aux plus riches, là, pas question.
a écrit le 29/01/2014 à 10:41 :
C'est soit une promesse gratuite...soit une nouvelle arnaque dirigée vers le peuple américain.
a écrit le 29/01/2014 à 10:34 :
Qu'un Pape milite en faveur des pauvre est jugé naturel et bon, même s'il butte sur quelque réplique du genre " le Pape
combien de divisions ".
Le Président de l'hyper-puissance mondiale, n'est pas mieux loti, tant il n'a pas le pouvoir d'une infaillibilité admise par sa "curie".
Les civilisations dominantes ont réussi au moyen, entre autres, de l'esclavage.

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