La croissance américaine a fait mieux que prévu au 4e trimestre 2013

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le PIB américain a progressé de 3,2% (en rythme annualisé) au quatrième trimestre de l'année dernière; malgré l'effet pénalisant du "shutdown" sur l'activité. C'est mieux que le consensus des analystes qui tablait sur 3%.

Le shutdown n'y aura rien fait ou presque. L'économie des États-Unis a progressé davantage que prévu au quatrième trimestre, affichant une croissance de 3,2% en rythme annualisé, selon la première estimation du département du Commerce publiée jeudi. La valeur de l'ensemble des produits et services vendus ou stockés aux États-Unis atteint 17.102 milliards de dollars au dernier trimestre 2013 en rythme annualisé et données corrigées des variations saisonnières, non-ajustées de l'inflation. La prévision médiane des analystes tablait sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 3% sur la période d'octobre à décembre.

Ralentissement par rapport au trimestre précédent

Ces chiffres traduisent toutefois un ralentissement par rapport à la croissance du trimestre d'avant (4,1%) même si les dépenses de consommation, les investissements des entreprises et les exportations ont accéléré.

Ce quatrième trimestre a par ailleurs été marqué par la fermeture des services fédéraux pendant la première quinzaine d'octobre à cause du bras de fer entre le Congrès et la Maison blanche sur le budget.

"L'impact total du 'shutdown' ne peut être quantifié car certaines données ne peuvent être évaluées séparément", note le ministère ajoutant toutefois que "l'effet de la diminution des heures travaillées (...) a réduit la croissance du PIB d'environ 0,3 point de pourcentage au quatrième trimestre".

Ainsi les dépenses du gouvernement fédéral ont accusé une chute de 12,6% pour ce trimestre.

Retour de la consommation et des investissements

La bonne nouvelle réside dans les dépenses de consommation - qui constituent près des deux tiers du PIB - qui affichent une croissance de 3,3%, la plus forte en trois ans. Elles ont ainsi compté pour 2,26 points dans la croissance, un plus haut depuis le premier trimestre 1984.

Les investissements des entreprises ont grimpé de 3,8%, un peu moins qu'au troisième trimestre (+4,8%) mais les exportations ont fait un bond de 11,4% contre +3,9% au trimestre précédent.

Les stocks des entreprises qui s'étaient accumulés fortement au trimestre précédent comptant pour beaucoup dans le rythme d'expansion ont été un peu corrigés. Ils n'ajoutent plus que 0,42 point de pourcentage à la croissance contre 1,67 au trimestre précédent. D'après Natixis, la réduction des stocks devrait d'ailleurs peser sur la croissance au premier trimestre 2014.

Zones d'ombre sur l'emploi et le logement

Mais ces bonnes nouvelles s'accompagnent de zones d'ombre sur l'emploi et le logement. Même s'il ne s'agit que de résultats hebdomadaires, les inscriptions au chômage ont bondi à 348.000 demandes d'indemnisation supplémentaires la semaine dernière contre 325.000 attendues et en hausse par rapport à la semaine précédente.

Après des chiffres du chômage en décembre très mitigés, cette tendance qui se dessine confirme les fragilités toujours existantes du marché de l'emploi. Certains analystes craignent que la baisse du chômage enregistrée depuis un an ne soit surtout le résultat de nombreux découragements face à un marché de l'emploi atone. Ce retour à la hausse du nombre des inscriptions pourrait être le résultat de perspectives qui s'améliorent, ce qui pourrait inciter les découragés à chercher à nouveau un emploi.

Dans le même temps, les promesses de ventes de logements ont connu un plongeon en décembre, plombées notamment par la vague de froid qui a touché le pays à ce moment là. Mais la tendance pourrait être durable selon Natixis. Le retrait progressif de la Fed de son plan d'assouplissement monétaire cause en effet légère remontée des taux moins propice à l'attrait pour le crédit.

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Commentaires
a écrit le 31/01/2014 à 10:23 :
Faut pas oublier que les EU ont changé le mode de calcul du PIB en y incluant l’innovation notamment… très difficilement quantifiable. Ce qui génère des points de « croissance » supplémentaire, mais qui n’impacte en rien l’économie « réel ». C’est d’ailleurs pour cela que le chômage n’évolue pas aussi bien qu’espérer.
C’est un peu comme si on France on changeait le mode calcul, mais au lieu d’avoir besoin d’1.5% de croissance pour résorber le chômage, il en fallait 5%.

Quand la température ne plait pas, on change le thermomètre
Réponse de le 31/01/2014 à 10:53 :
il faudrait une croissance à 8 % pour pouvoir rembourser la dette ! on en est loin ! c'est pas difficile avec la fed l'argent coule à flot !

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