Lueur d'espoir pour les Abenomics ?

Près de la moitié des entreprises japonaises envisagent une hausse des salaires de leurs employés. Un très bon point pour les Abenomics en cas de passage à l'acte.
L'augmentation des salaires est un enjeu crucial pour la Japon. Le fait qu'une part croissante des entreprises nippones envisage de passer à l'acte constitue donc un véritable espoir pour la santé économique de la troisième économie mondiale. (Photo : Reuters)

Les Abenomics vont-ils enfin finir par payer ? Plus de 46% des entreprises japonaises songent en tout cas à augmenter les salaires de leurs employés, selon un sondage effectué par la société Teikoku Databank auprès de plus de 10.000 sociétés de l'archipel. La proportion la plus importante depuis que l'indicateur a été créé en 2006.

La hausse des salaires, un objectif manqué...

La hausse des salaires pour doper la demande intérieure était l'un des objectifs majeurs de Shinzo Abe, lorsqu'il est arrivé au pouvoir à la fin de l'année 2012. Lancée dans une hausse de la masse monétaire afin d'inonder le pays de liquidités, la Banque du Japon (BoJ) n'a pour l'instant réussi qu'à rendre euphoriques les marchés d'actions et à accroître les revenus des entreprises japonaises à l'international.

Du côté des salaires, cela reste en revanche plutôt calme. Pis, la chute de la valeur du yen, suite aux anticipations d'augmentation de la masse monétaire par la BoJ, a fait repartir l'inflation à cause de la hausse des prix des produits importés, rognant d'autant le pouvoir d'achat des ménages.

Pour l'heure, celle-ci ne pénalise pas la consommation car les consommateurs japonais anticipent une hausse prochaine de l'équivalent de la TVA de 5% à 8%. C'est à dire qu'ils préfèrent acheter plus avant la hausse de la taxe et réduire leurs achats ensuite. En revanche, la hausse du prix des produits importés a fait exploser le déficit commercial, qui bat record sur record, accélérant la fonte de l'excédent courant. Le Japon voit ainsi sa position de créancier net de plus en plus remise en cause.

... et pourtant crucial pour le Japon

Dans la nuit, la BoJ a annoncé la poursuite de sa politique monétaire ultra-accommodante afin de soutenir une croissance qui bat de l'aile mais qui se maintient grâce, notamment, à ce regain artificiel de la consommation.

Les neuf membres du comité de politique monétaire ont par ailleurs annoncé l'extension de la durée et l'augmentation du montant des prêts accordés aux institutions financières pour leur faciliter l'octroi de fonds aux entreprises de secteurs jugés essentiels pour la croissance.

Ces annonces ont eu pour effet immédiat de faire baisser la valeur du yen et de doper les marchés d'actions, comme c'est le cas depuis la fin de l'année 2012. Ce qui devrait accentuer encore un peu plus le déficit commercial et le mouvement de fonte de l'excédent courant.

Mais pour que la politique monétaire de la BoJ crée de la croissance, il faut qu'elle permette une reprise de la demande intérieure, c'est à dire de la consommation et des investissements. Dans ce contexte, une hausse des salaires serait la bienvenue pour soutenir la consommation après la hausse de la TVA et préserver, voire augmenter les débouchés des entreprises qui sont peu ou pas présentes à l'international.

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>> "L'Arlésienne de la croissance japonaise, c'est la consommation"

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Commentaires 3
à écrit le 18/02/2014 à 13:07
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Les patrons japonais seraient-ils plus généreux que les patrons français? Les patrons français ont plutôt tendance à proposer des baisses de salaires quelque soit la conjecture économique.

à écrit le 18/02/2014 à 11:33
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Le Japon des "Abé-comiques" fait du 1,6% de croissance vs 1,4% pour le gouvernement précédent. Ca fait du 0,2% en plus grâce à la planche à billet et à une dette qui s'envole. La seule question est de savoir combien de temps cet enfumage peut tenir. ...

à écrit le 18/02/2014 à 10:45
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Je trouve votre dernier paragraphe très discutable (une hausse des salaires qui permettrait d'augmenter les débouchés des entreprises à l'international, c'est à voir). Mais ce qui paraît surtout intéressant - au final et si j'ai bien compris - c'est ...

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