Japon : pourquoi Shinzo Abe relève la taxe sur les produits de consommation

 |   |  393  mots
Au Japon, la TVA passera de 5 à 8%. (Photo Reuters)
Au Japon, la TVA passera de 5 à 8%. (Photo Reuters) (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Le Premier ministre nippon a décidé d'une augmentation de la taxe sur la consommation. Celle-ci doit entrer en vigueur, comme prévu initialement, le 1e avril 2014. Il a également annoncé un plan de relance de près de 40 milliards d'euros.

Si la hausse était prévue depuis longtemps, en revanche, on ne connaissait pas le moment où Shinzo Abe choisirait de décocher sa nouvelle flèche. Le Premier ministre japonais a décidé ce 1e octobre d'augmenter la taxe sur la consommation. Celle-ci passera de 5% à 8% à partir du 1er avril 2014. Il s'agira du premier relèvement de cette taxe en 15 ans. 

Le principe de cette augmentation avait été décidé lorsque Yoshihiko Noda (centre-gauche), le prédécesseur de Shinzo Abe était encore en poste. Mais le Premier ministre en exercice pouvait encore déterminer le moment où il augmenterait cette taxe sur les produits de consommation en fonction des conditions économiques. 

  • Des conditions réunies

Or, celles-ci se sont améliorées, du moins certains signes l'indiquent comme la reprise de la croissance, la remontée des prix, ou encore l'enquête trimestrielle de la Banque du Japon (BoJ) sur la confiance des entreprises en septembre publiée ce mardi. Le moral des grandes entreprises industrielles n'a jamais été aussi haut depuis cinq ans. 

  • "Maintenir la confiance"

Les conditions étant réunies à ses yeux, le chef du gouvernement nippon a donc décidé d'e majorer cette taxe et justifié ce choix lors d'une réunion avec les cadres de son Parti Libéral-démocrate. Il s'agit de:  

maintenir la confiance dans notre pays et léguer à la prochaine génération un système de protection sociale durable. 

En 2010, avant la catastrophe de Fukushima, le Fonds monétaire international (FMI) avait déjà conseillé au Japon de procéder à un tel relèvement de la taxe sur les produits de consommation.

 Réduire la dette

Surtout, le rendement de cette taxe doit participer à la réduction de la dette dont le poids est évalué à 245% du PIB nippon, selon le FMI. L'un des niveaux les plus élevés parmi les pays industrialisés. 

5.000 milliards de yens pour soutenir l'économie

Problème: cette augmentation de la taxe sur la consommation risque d'affecter la consommation dont la relance est au cœur de la politique économique du gouvernement Abe (dont les leviers sont surnommés "Abenomics"). Pour compenser, le Premier ministre nippon a annoncé un plan de relance de 5.000 milliards de yens (37,6 milliards d'euros environ). 

------------------

>> Le Japon prépare une révolution culturelle de son modèle économique

(article mis à jour à  11:34)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/10/2013 à 14:06 :
Comment réduire l'endettement colossal et en même tant effacer la déflation récurrente? Simplement avec 3% de plus de tva belle hausse garantie des prix à la consommation. Si ce n'était pas le cas ce serait la révélation d'une crise économique dans sa phase finale.
a écrit le 01/10/2013 à 12:14 :
Abe décoche la flèche de la... "TVA sociale". Pourquoi ne pas le dire clairement? Parce que c'était au programme de Sarkozy?
Réponse de le 01/10/2013 à 14:30 :
Très drôle !...
a écrit le 01/10/2013 à 11:59 :
37,6 milliards d'euro de dette nouvelle pour compenser une hausse de TVA de 3% sensé limiter la dette. Il me semble que Abe tire deux flèches dans des sens opposés. Il semble qu'il ne sache pas vraiment comment sortir durablement de la fosse dans laquelle le Japon s'enferre. Je doutes franchement de sa politique. Pourquoi pas faire fonctionner la planche à billets, mais pour rembourser la dette en monnaie de singe. Pour faire de la relance et creuser encore la dette c'est reporter dans le temps un problème qui ne fera que grandir. A se rythme le Japon ne pourra que finir par faire défaut sur sa dette. Sauf à rincer littéralement les ménages et alors avoir une consommation atone.
Réponse de le 01/10/2013 à 15:14 :
Le Japon ne peut pas faire défaut sur sa dette, pour des raisons très simples qui font du Japon une économie tout à fait à part des autres économies du monde : 1) la dette du Japon appartient aux Japonais, ce sont en effet les citoyens Japonais, les multiples institutions japonaises, les entreprises japonaises, les gigantesques banques japonaises qui financent la dette de l'Etat Japonais. 2) Un point très souvent oublié, ou même ignoré, le Japon est le premier créancier de la planète, c'est lui qui détient majoritairement les dettes des pays du monde entier. En cas de vrai danger, le Japon peut autant qu'il le souhaite jouer sur les financements des autres Etats, soit pour renflouer ses caisses, soit pour effacer des dettes. 3) Bien trop souvent, on se focalise uniquement sur des chiffres, mais dans ce cas de figure, la culture et l'état d'esprit Japonais est à prendre en compte car il peut peser très lourd dans la balance. En effet, en cas de risque de défaut, les citoyens créanciers Japonais préféreront effacer l'ardoise en abandonnant leur argent, plutôt que de voir leur pays faire défaut et sombrer. Oui, c'est bel et bien la mentalité qui règne ici au Japon. Plusieurs se sont déjà dit prêt à le faire en cas de nécessité, car de plus les entreprises japonaises possèdent les épargnes les plus importantes du monde et serait en mesure de faire face à une telle décision. Un économiste avait dit une fois, qu'un matin le monde pourrait bien se réveiller en découvrant que la dette Japonaise avait été effacée par ses citoyens. C'est une situation qu'aucun pays ne peut se permettre autre que le Japon, et certainement pas les USA qui finiront bien par faire défaut, eux ; et qui devront ainsi revendre leurs industries à leurs créanciers Japonais et Chinois !
Réponse de le 01/10/2013 à 17:10 :
Les industries américaines ne sont aucunement la propriété de l'état américain. Ce dernier ne pourrait en aucun cas les vendre.

Enfin dernier point si les USA sont en défaut de paiement qui va être le plus ennuyé. Certainement ceux qui ont acheté de la dette américaine. C'est à dire le Japon.
Réponse de le 01/10/2013 à 17:35 :
@shirakawa +1 et les creanciers japonais peuvent ne pas demander le remboursement ni reclamer d interets ( c un jeu d ecriture comptable un peu comme le fait la FED )
Il est possible que la population integre deja ces pertes ce qui pourrais expliquer partiellement
leur deflation.
Réponse de le 01/10/2013 à 18:07 :
Shirakawa n'a pas vraiment tort sur le sort des industries américaines. On sait très bien que si GM est encore là, c'est parce qu'il vit sous intraveineuse financière par Obama. Si l'état américain fait défaut, GM ne tiendra pas! Et qui d'autre que les créanciers qui réclamerons leur argent pour reprendre ces industries en guise de compensation Contrairement à Jacquot, je ne pense pas que le Japon serait si ennuyé que l'état américain soit en défaut. On verrai Obama devenir le toutou de Abe. Imaginez donc, Shinzo Abe pourrait faire sa réforme sur le pacifisme de la constitution sans qu'Obama ne puisse sourciller! Je pense qu'en fait, c'est un coup de poker en provenance du Japon qui éclatera ces prochaines années, car les propos de Shirakawa (certainement japonais lui-même?) sur la dettes du Japon sont tous vrais, les gens ne regardent que les 250% de ""dette"" du pays, sans regarder se qu'il s'y cache derrière et les enjeux.
a écrit le 01/10/2013 à 9:31 :
trop drôle votre article , les japonais commencent a se droguer a la TVA , bien qu'en europe selon les pays ont arrive peu a peu vers 25% de TVA selon les produits aussi , mais si les japonais s'y mettent c'est dire le désespoir des dirigeants de réduire la dette , le yen dévalué de 25% , une croissance qui a rebondit certes mais avec une inflation qui aura des répercussions sur la consommation , alors si on peut faire les poches par la fiscalité sur le consommateur lambda c'est excellent , pas sur que le japonais moyen apprécie la perte de son pouvoir d'achat ..

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :