La Fed fixe un nouveau cap pour sa politique monétaire

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La Fed a abandonné la forward guidance qui liait la remontée du taux directeur à une baisse du taux de chômage à 6,5%. Cette règle permettait aux marchés d'anticiper, mais manquait de souplesse. (Photo : Reuters)
La Fed a abandonné la "forward guidance" qui liait la remontée du taux directeur à une baisse du taux de chômage à 6,5%. Cette règle permettait aux marchés d'anticiper, mais manquait de souplesse. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Janet Yellen a fixé un relèvement du taux directeur à 2015 et mis fin au critère de 6,5% de chômage. La Fed a par ailleurs à nouveau réduit de 10 milliards de dollars ses rachats d'actifs. A ce rythme, ceux-ci prendront fin à l'automne.

Moins d'argent injecté dans l'économie mais une remontée des taux à horizon plus long grâce à une plus grande souplesse des critères. C'est ce que l'on peut dire en quelques mots du message adressé par la Fed, la banque centrale américaine, aux marchés cette nuit aux États-Unis.

Réduction sans surprise des rachats d'actifs

Présidé pour la première fois par Janet Yellen, le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a sans surprise décidé de diminuer de 10 milliards de dollars supplémentaires ses injections mensuelles de liquidités. Celles-ci ne sont désormais "plus que" de 55 milliards de dollars chaque mois. A ce rythme, le programme de rachats d'actifs en cours, le QE3, prendra fin "à l'automne" 2014, selon les propres termes de la présidente de l'institution.

Pourtant, la croissance de l'économie américaine a ralenti ces derniers mois. Ce qui fait craindre aux partisans d'une poursuite du QE3 une réduction trop précipitée des injections de liquidités. Mais Janet Yellen explique ce ralentissement assez prononcé par des conditions météorologiques difficiles qui ont ralenti l'économie. Les États-Unis ont en effet fait face à un hiver particulièrement rigoureux. Par ailleurs, poursuivre la politique de la planche à billets comporte des risques à terme.

Remise en cause du forward guidance

Mais la fin programmée du QE3 ne signifie pas que la Fed va cesser de soutenir l'économie américaine par une politique de taux bas, susceptible de fluidifier le crédit et donc de soutenir la reprise. Le FOMC a en effet voté le maintient du taux de base à 0,25%. En revanche, si le taux ne change pas, la forward guidance, qui permet aux marchés d'anticiper les intentions de la Fed est clairement remise en cause.

Jusque là, la Fed avait en effet lié la remontée du taux directeur à une baisse du taux de chômage à 6,5%, avant de dire qu'elle irait bien en dessous. Désormais, elle souhaite faire reposer sa politique de taux sur un élément plus qualitatif en prenant notamment en compte le taux de participation. Ce dernier fait état du nombre de personnes qui travaillent sur le nombre d'actifs total, et permet ainsi d'avoir une meilleure vision du nombre de découragés qui font baisser artificiellement le taux de chômage.

Garder les mains libres

L'abandon d'un critère défini permet par ailleurs à la Fed de rester libre de choisir le moment opportun pour relever son taux directeur. En effet, un chômage actuellement à 6,7% faisait craindre l'arrivée prochaine de cette échéance tant redoutée par les marchés, alors que la croissance ne satisfait pas et que l'inflation est encore bien en dessous de l'objectif de 2%. Mais pressée de donner une direction claire aux investisseurs, Janet Yellen a pour la première fois donné une date précise pour la prochaine hausse : "de l'ordre de six mois" après la fin des rachats d'actifs, soit au début de l'année 2015. Une annonce à laquelle les marchés ont mal réagi.

"En abandonnant le Forward guidance défini avec un seuil, la Fed fait comme la Banque d'Angleterre il y a quelques semaines. Au Royaume Uni le seuil de taux de chômage était de 7%, il a été touché au mois de janvier 2014. C'était beaucoup trop rapide et c'est pour cela que la BoE a indiqué qu'elle regarderait désormais toute une série d'indicateurs sans pour autant s'engager sur des seuils prédéfinis," commente Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis.

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Commentaires
a écrit le 20/03/2014 à 21:59 :
bravo
a écrit le 20/03/2014 à 17:18 :
Le relèvement du taux directeur au USA peut-il avoir un impact sur le prix de l'immobilier en France grâce à une remontée des taux de crédit en France ?
a écrit le 20/03/2014 à 12:45 :
La FED veut "garder les mains libres" : Et on va négocier du libre échange avec ça ?
Le modèle économique américain c'est : Pile je gagne, face tu perds...

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