La Chine abandonne son enquête anti-dumping sur les vins européens

 |   |  459  mots
Pékin avait brandi l'enquête anti-dumping comme une arme contre la décision de l'UE de taxer les panneaux solaires chinois (Photo : Reuters)
Pékin avait brandi l'enquête anti-dumping comme une arme contre la décision de l'UE de taxer les panneaux solaires chinois (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
La procédure visait les subventions accordées par l'UE au secteur viticole. Les professionnels du vin ont accepté de transférer leur savoir-faire vers la Chine.

Soulagement pour les producteurs européens : ils pourront continuer à exporter leur vin vers la Chine. Pékin a officiellement annoncé la fin de l'enquête anti-dumping qui visait les exportateurs de vins européens depuis juillet 2013.

L'annonce fait suite à un accord conclu le 19 mars entre des organisations professionnelles du secteur, dans lequel la partie chinoise s'engageait à demander la fin de l'enquête anti-dumping qui visait ses homologues européens.

>>> La Chine et l'Union européenne trouvent "un accord à l'amiable" sur le vin

Transfert de savoir-faire européen

En échange, les Européens ont accepté un transfert de savoir-faire de l'Europe vers la Chine sous la forme d'un "soutien technique", notamment via la formation de viticulteurs chinois.

A long terme, le coût d'un tel transfert pourrait être élevé : la Chine est déjà le 7e producteur mondial de vin et de plus en plus de bouteilles sont estampillées "made in China".

Dégustations de vins européens pour contrer la concurrence chinoise

La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux français se console en insistant sur l'engagement de l'industrie chinoise à promouvoir la culture vitivinicole et "l'organisation de dégustations de vins européens en Chine"

La procédure anti-dumping visait les subventions accordées par l'UE au secteur viticole. Ces subsides feraient baisser artificiellement le prix des vins européens sur le territoire chinois, ce qui empêcherait la production locale de se développer.

La guerre des sanctions n'aura pas lieu

Les autorités chinoises avaient lancé cette enquête après l'instauration en UE de taxes sur les panneaux photovoltaïques chinois. Rapidement, la Commission européenne avait conclu un accord provisoire dans le dossier du solaire pour éviter une guerre commerciale.

>> Après la taxe sur son industrie solaire, la Chine enquête sur les vins européens

La fin de la procédure, qui intervient alors que le président chinois Xi Jinping effectue une tournée en Europe, indique donc la volonté du pouvoir chinois d'apaiser les tensions.

Baisse des exportations de vin européen vers la Chine en 2013

Entre temps, les exportateurs de vins européens n'ont pas été épargnés. Ils ont récemment souffert d'une forte baisse des exportations des vins de Bordeaux à destination de la Chine, notamment à cause de cette enquête anti-dumping.

L'appel du gouvernement chinois à délaisser les biens de luxe trop ostentatoires, souvent signes de corruption, a également miné ce marché, qui était en progression depuis 2005. 

Et si la Chine est restée en 2013, le premier importateur de vin de Bordeaux en volume (20% du total) et le deuxième en valeur (13%), la nouvelle de l'abandon de l'enquête devrait tout de même soulager les producteurs français. 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 25/03/2015 à 18:08 :
Il va falloir qu'on nous explique pourquoi l’Allemagne n'a jamais le moindre problème pour exporter vers la chine ( elle a négocié sous la table pour elle seulement ) , et nos fonctionnaires politiciens n'ont rien vu rien entendu , et nous on ne peut plus leur vendre autant de vins, la charcuterie attend depuis 10 ans de pouvoir s'exporter vers la chine......,alors imaginer le traite avec les racketteurs européens c'est tout simplement la fin de l’Europe.......
a écrit le 25/03/2014 à 17:01 :
En même temps le savoir-faire subventionner... cela ne coûte pas grand chose au final. Bientôt la FNSEA aura son officine en Chine?
a écrit le 25/03/2014 à 8:38 :
La crédulité européenne dans toute sa splendeur et qui de plus, a financer par le biais des pays producteurs cette délocalisation du savoir pour simplement prouver sa bonne foi!
a écrit le 24/03/2014 à 23:46 :
"Transfert de savoir faire". Encore une fois les décideurs prennent la plus mauvaise décision possible.
Quand la chine vendra un vin meilleur que le vin français, 10 fois moins cher et en 10 fois plus grande quantité, il restera quoi aux viticulteurs français ???

C'est déjà problématique dans d'autres domaines, médecine, technologie de pointe, aviation, etc. Une fois le savoir faire acquis par les chinois, la population française pourra se mettre intégralement au chômage.
Ha oui mais les décideurs d'aujourd'hui seront morts, donc pas de problème, c'est la génération d'après qui paye....
Vivement une révolution des peuples en Europe!!!
Réponse de le 25/03/2014 à 16:51 :
Il restera le luxe, bien sur. 10 fois moins cher c'est possible mais comment faites-vous pour multiplier par 10 la notion de meilleur pour arriver à juger qu'un vin est 10 fois meilleur qu'un autre ?
Quant aux avions et autres, on transfère la technologie d'aujourd'hui et le temps que quelqu'un se l'approprie, elle aura 10 ans de retard. Vous devez travailler un peu loin du monde technologique et financier pour balancer des bêtises pareilles.
Réponse de le 25/03/2015 à 16:10 :
ça fait bien 40/50ans qu'il y'a des transferts, ce sont des viticulteurs français qui ont transmis leurs savoirs faire, en Californie, ce sont des français qui ont plantés les premières vignes en Chine,... C'est pas nouveau
a écrit le 24/03/2014 à 22:13 :
Décidemment tout est prétexte à tout transférer en chine en faisant du chantage. C est insupportable ! Chinois soyez créatifs, faites tourner vos ménages au lieu de toujours demander la science des autres !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :