Banque des Brics : "le Brésil n'a aucun intérêt à s'éloigner du FMI" (Roussef)

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La distribution des quotas au sein du FMI ne reflète pas le pouvoir ni les corrélations entre les forces économiques, a insisté Dilma Roussef. (Photo: Reuters)
"La distribution des quotas au sein du FMI ne reflète pas le pouvoir ni les corrélations entre les forces économiques", a insisté Dilma Roussef. (Photo: Reuters) (Crédits : AFP)
En marge du sixième sommet annuel des Brics, la présidente de la septième puissance économique mondiale a rappelé que son pays, désormais indépendant du FMI, en réclame surtout la démocratisation.

Avec les autres puissances émergentes des Brics (la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud), le géant émergent d'Amérique du Sud vient tout juste de créer une nouvelle banque de développement, censée constituer, avec un fonds de réserves flambant neuf, la première pierre d'une nouvelle architecture financière face à l'hégémonie occidentale. Mais par ce biais, le Brésil n'a pas l'intention de s'écarter du Fonds monétaire international, a assuré mercredi la présidente du pays, Dilma Rousseff.

Une demande de démocratisation

A Brasilia, en marge du sixième sommet annuel des Brics qui s'achève mercredi, elle a déclaré:

"Nous n'avons aucun intérêt à nous éloigner du FMI. Au contraire, nous avons intérêt à le démocratiser, à le rendre le plus représentatif possible".

S'estimant sous-représentés au sein du FMI, le Brésil et les Brics dans leur ensemble réclament notamment une réforme des institutions financières multilatérales, comme ils l'ont souligné au dernier sommet du G-20, a rappelé Dilma Roussef.

"La distribution des quotas au sein du FMI ne reflète pas le pouvoir ni les corrélations entre les forces économiques", a-t-elle insisté.

>>LIRE: Le G20 "presse" Washington de ratifier la réforme du FMI

De pays endetté à pays contributeur

La présidente de la septième puissance économique mondiale a par ailleurs tenu à souligner l'indépendance de son pays:

"Le Brésil ne dépend pas du FMI. Il a déjà remboursé sa dette et depuis lors n'a jamais plus dépendu de lui et cette institution n'a jamais plus dirigé la politique (économique) brésilienne", a-t-elle observé.

"Notre relation avec le FMI est passée de celle de pays endetté à celle de contributeur. Pendant la crise de l'euro, nous avons contribué au pare-feu financier pour éviter que la situation n'empire. Notre relation avec le FMI est une relation d'indépendance", a ajouté Dilma Roussef.

Générosité et rigueur

Quant à la nouvelle banque, dont le siège sera à Shanghaï et qui est destinée à financer les grands travaux d'infrastructures, la présidente de gauche a affirmé qu'elle aura une posture différente de celle du FMI envers les pays en développement, sans pour autant renoncer à la rigueur financière.

"Nous aurons toujours une attitude très généreuse concernant nos prêts. Mais ils seront débloqués selon des critères de bonne gestion. Personne ne sortira d'ici en effectuant une opération financière sans fondements techniques, sans bases ni évaluation", a-t-elle promis.

La banque sera dotée d'un capital initial de 50 milliards de dollars, avec une force de frappe potentielle de 100 milliards.

>>LIRE: 70 ans après Bretton Woods, à quoi sert le FMI ?

"Un système rotatif de gestion"

Dilma Roussef a par ailleurs nié que le Brésil ait cédé en acceptant que le premier président de la nouvelle banque des Brics soit un Indien, alors que Brasilia briguait aussi ce poste.

"Nous avons un système rotatif de gestion, un standard égalitaire dans lequel tous les pays ont le droit d'assumer la direction", a-t-elle assuré.

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