Les Suisses votent sur leurs réserves d'or, l'immigration et la fiscalité

latribune.fr (avec Reuters)

latribune.fr (avec Reuters)
Les électeurs suisses vont d'abord devoir décider de "sauver l'or" ou non de leur pays. La première initiative, présentée par le Parti populaire suisse, un mouvement d'extrême droite, prévoit en effet que la Banque centrale devra détenir au moins 20% de ses actifs en or (contre 8% à l'heure actuelle) et qu'elle ne pourra jamais se séparer de ces réserves, déjà les septièmes au monde.
Si la motion est adoptée, la Banque nationale suisse, qui a appelé les électeurs à rejeter cette proposition, estime qu'elle devra acheter en cinq ans pour 70 milliards de francs suisses d'or (environ 58 milliards d'euros), soit deux-tiers de la production annuelle de ce métal.
Le poids d'une telle mesure inquiète les milieux économiques et financiers helvétiques, qui craignent notamment son impact sur le taux de change entre le franc suisse et les principales devises alors que la banque centrale doit déjà s'adapter à la baisse de l'euro.
La seconde votation portera sur l'instauration d'un quota d'immigration qui se traduirait par la réduction de 75% du nombre d'étrangers actuellement autorisés à s'installer dans la Confédération.
L'adoption de cette initiative compliquerait encore la tâche du gouvernement de Berne pour respecter le principe de libre circulation des citoyens, base des relations économiques entre la Suisse et l'Union européenne.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

La troisième initiative, intitulée "Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires", pose la question de l'abandon des "forfaits fiscaux". Cette disposition permet aux étrangers résidents en Suisse mais qui n'y travaillent pas d'être imposés non pas en fonction de leurs revenus mais de leur train de vie, ce qui a fait de la Confédération une destination très prisée des milliardaires.
À lire également
Cinq cantons, dont celui de Zurich, l'ont déjà abolie et le Parti social démocrate a réuni les signatures nécessaires à la tenue de cette "votation populaire" en vue de son abrogation à l'échelle nationale.
latribune.fr (avec Reuters)