Au Japon Shinzo Abe gagne les élections législatives sur ipon

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La coalition conservatrice conserverait, selon les premières estimations de justesse, la majorité des deux tiers de la chambre basse du Parlement
La coalition conservatrice conserverait, selon les premières estimations de justesse, la majorité des deux tiers de la chambre basse du Parlement (Crédits : reuters.com)
La coalition conservatrice sortante remporte une large victoire aux élections législatives anticipées de dimanche au Japon. Elle obtiendrait d'après les premières projections plus de 317 sièges sur 475 à la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement.

La coalition conservatrice sortante remporte une large victoire aux élections législatives anticipées de dimanche au Japon. Elle obtiendrait d'après les premières projections plus de 317 sièges sur 475 à la Chambre des représentants, la chambre basse du parlement, et conserverait de justesse sa majorité des deux tiers. Le Parti libéral démocrate (PLD) du Premier ministre Shinzo Abe n'obtient cependant pas à lui seul cette "super-majorité" des deux tiers.

Les électeurs étaient conviés ce dimanche à des législatives anticipées décidées en novembre par Shinzo Abe. La participation a été faible s'élevant seulement 52,4 %, selon les estimations, encore plus faible qu'en 2012 (59,3 %), ce qui relativise quelque peu la victoire de la coalition formée par le PLD et le parti Komeito. De nombreux électeurs, sceptiques à la fois sur les chances de réussite de la politique de relance du gouvernement, la stratégie des "Abenomics", et sur la capacité de l'opposition à présenter une alternative crédible, ont préféré bouder les urnes.

L'opposition progresse

Selon les projections, le Parti démocrate (PDJ), la principale force d'opposition, obtiendrait 73 sièges à la chambre basse, en légère progression. Le PLD avait 295 sièges et le Komeito 31 dans la Chambre des représentants sortante. Le PDJ, lui, en avait 62. Cinq sièges ont été supprimés dans le cadre d'une réforme électorale. Le Parti communiste, qui avait huit élus, devrait plus que doubler le nombre de ses députés, ayant séduit des déçus du PDJ.

"Je crois que les électeurs ont approuvé notre politique des 'Abenomics' menée depuis deux ans mais cela ne veut pas dire que nous pouvons nous laisser aller", a réagi le Premier ministre à l'annonce des estimations. Ce dernier, âgé de 60 ans, voulait par ce scrutin obtenir un nouveau mandat pour conforter sa politique économique, après sa décision de reporter jusqu'à avril 2017 une nouvelle hausse à 10 % du taux de TVA. La première hausse, qui a vu ce taux passer de 5 % à 8 % en avril dernier, a provoqué un recul de l'activité.

Abenomics

L'ambitieux programme de Shinzo Abe pour relancer la troisième économie du monde a montré ses limites cet automne. Les "Abenomics", terme donné aux réformes engagées depuis près de deux ans pour enrayer une déflation chronique et un endettement colossal, ont tardé à donner les résultats escomptés. L'assouplissement monétaire massif et l'augmentation de la dépense publique n'ont pas empêché l'économie du Japon de se contracter.

La contraction du produit intérieur brut (PIB) a même été plus importante qu'escompté au troisième trimestre. Les chiffres révisés font état d'un recul du PIB de 1,9 % en rythme annualisé alors que l'estimation était de 1,6 %. Ils confirment donc que le pays est entré en récession, phénomène qui se définit techniquement par deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Par rapport au trimestre précédent, le recul est de 0,5 %, alors que l'estimation préliminaire était de - 0,4 %. Les marchés tablaient, eux, sur une contraction de 0,1 %.

La bourse de Tokyo bénéficie du plan Abenomics

L'Etat japonais a besoin de rentrées fiscales supplémentaires pour contenir un endettement qui dépasse les 200% du PIB. Depuis son arrivée au pouvoir en décembre 2012, Shinzo Abe s'est fixé pour objectif de faire remonter l'inflation à 2 % via un mélange de politique monétaire ultra-accommodante et de mesures de relance budgétaire.

Ces mesures ont eu un effet immédiat sur le PIB qui a augmenté de 4 % en rythme annualisé sur les six premiers mois de 2013. La Bourse de Tokyo a quant à elle bondi de 56,7 % l'an dernier mais la situation s'est dégradée avant même le relèvement de la TVA d'avril dernier et le plongeon du PIB, ce qui a conduit début novembre la Banque du Japon à augmenter encore ses rachats d'actifs. Selon les économistes, le Japon devrait cependant renouer avec la croissance au quatrième trimestre

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Commentaires
a écrit le 15/12/2014 à 0:12 :
Cela doit rassurer pas mal d'ours (bears) sur le Yen. Au Japon comme en France on ne change pas une équipe qui perd...
a écrit le 14/12/2014 à 19:16 :
Voila les pets de relance qui ne relancent rien. Il est notable que le Japon ait un chômage faible et une bonne sécurité d'emploi.
La France préfère le suicide industriel et le vrai faux gaullisme sous compétitif...

Flinguer la monnaie c'est flinguer le pouvoir d'achat... 30% pour le Yen en moins ne relance pas l'export.
Ferons-nous une politique de monnaie faible? Ou bien ferons-nous le travail de réformes structurelles...

La relance à la français, quand on n'est pas bons on dit qu'on est des bons... une bonne tête de vainqueur à la Vercingétorix la poule gauloise!
La croissance quand les poules auront des dents, mr le dirigeant fait la poule...

Que pensez-vous de pays de chrétiens, pays de chômage... on fait dans le bon crétin, le curé rouge?

Mis à part l'Allemagne on s'illustre par le chômage, le déficit, la croissance nulle, l'administration tentaculaire, la compétitivité, les 700 à 1000 milliards de trous de retraites, l'industrie qui perd 1 million d'emplois par décennie, l'euro mal ajusté, la recherche sans applications et l'industrie sans robots, la moitié des ETI que les anglais, pas de grande entreprise moderne, la normite, le dézinguage du PMI.
En France on parle fort mais on dit beaucoup de bétises, les traités non appliquées, la parole sans les actes, la préférence pour le chômage au profit des fonctionnaires...
c'est le royaume des fonctionnaires, le pnb sous nos voisins. 2 millions d'emplois perdus pour cause de réglementations, la sphère administrative vampirise la sphère productive, le modèle inflation dévaluation, l'agitation fiscale, la pénurie de logements... la politique des bulles et 60% de diplômés en exclusion!
Qui sera le dindon de la farce du déficit: pour Maastriche irons-nous vers ds ventes d'actifs à l'étranger, avec la saisie des comptes, impôts en hausse et prestations sociales en baisse sur fond de chômage en hausse! Et quel avenir pour l'euro?
Réponse de le 15/12/2014 à 7:33 :
La locomotive allemande est en panne. Pourtant son "moteur" l'industrie automobile dont-elle est excessivement dépendante n'a pas encore eu de raté. Quant au chômage, il existe bel et bien à un niveau équivalent à celui de la France mais masqué par la multiplication des "petits boulots" pas assez payés pour vivre. Avec l'accroissement de l'immigration, ce chômage ne pourra qu'augmenter chez nos voisins. Il ne faut pas oublier qu'en France nous avons de l'ordre de 400.000 immigrés de plus par an (200.000 légaux et à peu près autant d'illégaux) à absorber.

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