Jour historique en Tunisie. Quatre ans après la révolution du jasmin, les électeurs tunisiens élisent démocratiquement leur président ce dimanche. Deux candidats s'opposent : le président Moncef Marzouki et le favori Béji Caïd Essebsi, chef du parti anti-islamiste Nidaa Tounes.
Bien que les résultats ne soient connus que demain, l'entourage de Béji Caïd Essebsia d'ores et proclamé la victoire de son favori. Le camp du président tunisien sortant Moncef Marzouki a jugé "sans fondement" la revendication par son adversaire.
"Ce qu'a déclaré le responsable de la campagne de Béji Caïd Essebsi sur sa claire victoire est sans fondement", a déclaré à la presse le directeur de campagne de M. Marzouki, Adnène Mancer, évoquant un écart "très serré", de "quelques milliers de voix".
Le vainqueur deviendra le premier chef d'État tunisien élu démocratiquement depuis l'indépendance, en 1956. Habib Bourguiba, le premier président, et Zine el-Abidine Ben Ali, renversé en 2011, avaient constamment eu recours à la fraude ou au plébiscite, et Moncef Marzouki avait quant à lui été désigné à la faveur d'un accord politique avec les islamistes d'Ennahda.
Les 5,3 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour des résultats qui devraient donc être connus lundi, selon l'instance électorale, qui a cependant jusqu'au 24 décembre pour annoncer l'identité du président pour les cinq prochaines années.
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Les deux finalistes Marzouki et Essebsi se sont affrontés pendant cette campagne sur un ton acrimonieux agrémenté d'insultes, s'efforçant de dénigrer l'adversaire. Moncef Marzouki s'est posé en défenseur de la révolution face au retour des tenants de l'ancien régime. Il a accusé notamment son adversaire de préparer des fraudes et d'être un représentant du régime chassé par la révolution de 2011.
Caïd Essebsi a servi Habib Bourguiba comme Ben Ali avant d'assurer quelques mois la fonction de Premier ministre après la révolution, s'est posé en homme providentiel, seul à même de réparer les dégâts causés par Ennahda, au pouvoir de 2012 à début 2014, et leur allié Marzouki. Sa formation, Nidaa Tounes, a remporté les législatives en octobre.
Des dizaines de milliers de militaires et policiers ont été déployés pour assurer le bon déroulement du scrutin alors que la Tunisie est confrontée depuis la révolution de 2011 à de multiples attaques, notamment le long de la frontière avec l'Algérie, attribuées à la mouvance jihadiste.
Dans la nuit, une unité a été attaquée par un "groupe armé" devant une école de la région de Kairouan (160 km au sud de Tunis) où du matériel destiné aux élections était stocké, mais les autorités se sont refusées à évoquer la piste jihadiste. Un assaillant a été tué et trois autres arrêtés, selon le ministère de la Défense.
"Ce qui s'est passé hier n'a pas d'ampleur (...). Au niveau sécuritaire, les choses se passent plutôt très bien. Je peux vous dire que nous sommes préparés à toutes les urgences", a déclaré à l'AFP le Premier ministre Mehdi Jomaa.
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L'incident intervient quelques jours après que des combattants tunisiens ayant rejoint le groupe Etat islamique ont revendiqué les assassinats des personnalités anti-islamistes Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi en 2013, qui avaient plongé la Tunisie dans une crise politique profonde.
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