Récession et forte inflation : la double peine pour le Venezuela

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Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, accuse les Etats-Unis d'organiser un contre-choc pétrolier pour déstabiliser la Russie et le Venezuela.
Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, accuse les Etats-Unis d'organiser un contre-choc pétrolier pour déstabiliser la Russie et le Venezuela. (Crédits : © Carlos Garcia Rawlins / Reute)
La forte inflation aggrave une situation économique extrêmement précaire. La crise a commencé bien avant la chute des cours du pétrole, dont dépend fortement l'économie vénézuélienne.

La situation économique vénézuélienne s'est lourdement détériorée en 2014. D'après les chiffres publiés mardi 30 décembre par la Banque centrale du Venezuela (BCV), le pays est officiellement entré en récession après trois trimestres de récession consécutifs. Ainsi, le PIB s'est cotnracté de 4,8% puis de 4,9% aux premier et second trimestres. Au troisième trimestre, il a encore baissé de 2,3%.

Récession et très forte inflation

Pis! En sus de cette économie récessionniste, l'économie vénézuélienne doit également composer avec une inflation galopante au rythme de 63,6% sur un an au mois de novembre.

Le pays d'Amérique latine a vu son année fortement plombée par la chute des cours du pétrole. Le 30 décembre, le baril de pétrole vénézuélien est passé sous la barre de 50 dollars (41 euros), à 48 dollars, tandis que le brent s'échangeait encore autour de 57 dollars. Il y a six mois encore, le brent s'achetait plus de 110 dollars.

Une explication très politique

Mais la chute étant survenue en juin, elle n'explique pas la contraction des deux premiers trimestres. À cela les autorités ont des explications toutes trouvées.

Selon la BCV, la baisse du PIB et la hausse de l'inflation se justifient par les manifestations de l'opposition qui ont eu lieu entre février et mai et qui ont "empêché une distribution satisfaisante des biens de consommation courante à la population et la production normale des biens et des services". Toujours selon la BCV, cela a entraîné "une poussée inflationniste et un recul de l'activité économique".

De son côté, Nicolas Maduro, président du Venezuela, s'en est tenu aux cours du pétrole jugés extrêmement bas, et source de 96% des devises du pays. Il a accusé les États-Unis de fomenter "une guerre du pétrole" visant leurs rivaux que sont la Russie, et le Venezuela.

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Commentaires
a écrit le 01/01/2015 à 13:56 :
Faut-il comprendre à contrario, que récession et déflation est la voie royale d'une économie en bonne santé? Nos experts conseillers qui ne donnent aucune solution sur le fond suite à la crise financière due aux spéculations des banquiers sur leur marchés dits organisés et des produits notés vont, comme nos politiques, être bientôt la risée des peuples.
a écrit le 31/12/2014 à 12:39 :
Venezuela :
DEMOCRATIE : Chavez/Maduro, des démocrates parce que élu ou réélu ?
 Mais Poutine aussi ! 
Autoritarisme, clientélisme, respect formel de la démocratie, manque de liberté de la presse…
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LIBERTE DE LA PRESSE : en 2014 le Venezuela était classé 116e pays sur 180.
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 RECUL DE LA PAUVRETE  : Les pauvres ont fait l'objet de cadeaux (frigo… et parfois même maison, le tout fortement médiatisé)
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CRIMINALITE : Loin devant la Colombie et le Mexique, le Venezuela détient le record régional des homicides.
La criminalité avait QUADRUPLÉ depuis l'arrivée au pouvoir en 1999 de Chavez.
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PETROLE : Que la pauvreté recule c'est bien le moins pour le 9ème producteur mondial de pétrole.
Le pétrole représente 95% des exportations et environ 50% des recettes publiques.
Selon une récente estimation le Venezuela aurait les premières réserves mondiales, loin devant l'Arabie Saoudite
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INVESTISSEMENTS LOURDS :  Très peu d'investissements lourds et structurants.
En 12 ans de pouvoir absolu Chavez n´a jamais voulu équiper son pays d'une raffinerie malgré qu'il ait eu plusieurs propositions à ce sujet.
Maduro c'est la même politique.
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DETTE PUBLIQUE : 
Les marchés se préparent au défaut du Venezuela. Les taux à 2 ans ont atteint 19 % !!!
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DEVALUATION :
D'où le recours à la dévaluation, (chère à l'extrême droite comme à l'extrême gauche)
Cela devient un processus quasi-permanent.
Le pays possède aussi cinq taux de change !
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SALAIRE et INFLATION :
Pour 2014 l'inflation flirtera avec les 64% !!!
Bien entendu les salaires n'augmentent pas à cette vitesse
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Dévaluation/inflation : c'est là la supercherie essentielle de ce régime (et de nos Frontistes)
Tous les cadeaux clientélistes aux pauvres étaient plus que siphonnés par les dévaluations successives et par l’inflation.
Réponse de le 31/12/2014 à 13:18 :
CORRUPTION, POUDRE AUX YEUX et ONCLE SAM : 
En 2004, 60% du pétrole vénézuélien allait tout droit en Amérique du Nord, contre 36% en 2013.
La Chine venant désormais en second mais la distance et le manque de terminaux adaptés aux grands tankers au Venezuela freinent le mouvement de substitution.
Les États-Unis et le Canada sont en effet en train de devenir auto-suffisant (gaz de schiste).
"Les Américains importent de moins en moins du Venezuela et ont de moins en moins besoin du Venezuela, constate Diego Gonzalez, analyste réputé du secteur."
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Compte tenu des diatribes de Chavez et aujourd'hui de Maduro contre les États-unis ces anciens liens étroits peuvent étonner.
MAIS ce petit filet paru dans l'article du Monde sur le Offshore leaks est éclairant :
"23,4 millions d'euros de POTS-de-VIN à des responsables gouvernementaux vénézuéliens"
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Ils ont par ailleurs laissé l'émigration se développer (vers les USA et l'Europe principalement).
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Beaucoup d'esbroufe et de propagande mais peu de résultats, surtout au regard des moyens disponibles.
Un mythe au nom duquel on peut dire et faire tout et n'importe quoi.
Réponse de le 31/12/2014 à 13:40 :
Jolie propagande... Il est vrai que les régimes qui favorisent les riches et multiplient les pauvres tels ceux mis en place systématiquement par la CIA, mais qui n'ont pas le tord de s'afficher communiste ou pire, d'être qualifiés de populistes, c'est tellement plus démocratique...
a écrit le 31/12/2014 à 10:53 :
Après les traditionnels Russia bashing et China bashing, maintenant c'est le tour de la presse pro-OTAN de s'en prendre au Venezuela. De l'info inutile ou de la mauvaise foi tout court?
Réponse de le 31/12/2014 à 11:22 :
plus facile que de juger la politique de Chavez et de son successeur.
Réponse de le 31/12/2014 à 13:18 :
Commentaire également facile. Quand ont voit ce qu'on fait les Etats-unis d'amérique ne serait ce qu'aux moyen-orient depuis 2003, j'attend avec impatience un USA-bashing. Sans espoir semble-t'il. Pourquoi ?

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