Obama s'attaque aux niches fiscales, au détriment des plus riches

Lors du discours sur l'état de l'Union qu'il prononcera mardi, le président américain présentera une réforme fiscale visant à augmenter la pression sur les ménages les plus aisés, au bénéfice de la classe moyenne.

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La réforme proposée n'a en l'état que peu d'avenir au Congrès, désormais dominé par les républicains.
La réforme proposée n'a en l'état que peu d'avenir au Congrès, désormais dominé par les républicains. (Crédits : KEVIN LAMARQUE)

Barack Obama met noir sur blanc sa volonté d'augmenter la pression fiscale sur les foyers les plus aisés afin de financer de nouvelles aides pour la classe moyenne. Le président américain présentera en effet mardi 20 janvier, lors de son discours sur l'état de l'Union, une réforme qui supprimerait des niches fiscales bénéficiant aux plus riches et abaisserait les impôts de la plupart des ménages, a annoncé la Maison Blanche samedi 17 janvier.

Lors du discours sur l'état de l'Union qu'il avait prononcé il y a un an, Barack Obama avait également insisté sur les inégalités sociales.

277 milliards d'euros à la clé

Les nouvelles propositions, qui selon les responsables de l'administration sont susceptibles de générer quelque 320 milliards de dollars (277 milliards d'euros) sur 10 ans, une somme supérieure au montant que le président américain veut consacrer aux classes moyennes, ont été détaillées par l'exécutif dans un document publié samedi.

  • Barack Obama propose de supprimer ce qui constitue "peut-être la plus grande niche fiscale de tout le code des impôts des particuliers", portant sur la taxation des revenus du capital. Elle permet actuellement de ne payer aucun ou peu d'impôt sur les plus-values réalisées à partir d'actifs hérités. Sa suppression frapperait presque exclusivement 1% des contribuables les plus riches, et 80% de l'effort concernerait 0,1% des plus aisés, c'est-à-dire ceux dont les revenus excèdent deux millions de dollars par an. La Maison Blanche, qui dénonce un code des impôts "injuste", explique:

"Les 400 contribuables les plus riches ont payé en moyenne 17% d'impôt en 2012, moins que les familles de la classe moyenne".

  • La réforme augmenterait aussi à 28% le taux maximal de taxation des revenus du capital et des dividendes, taux pratiqué à l'époque de la présidence de Ronald Reagan.
  • Une nouvelle taxe frappant les quelque 100 plus grandes banques américaines est également suggérée. Barack Obama propose d'imposer aux sociétés financières américaines disposant de plus de 50 milliards de dollars une contribution représentant sept points de base de leur passif. Le dispositif, qui augmenterait pour elles le coût de l'emprunt, est présenté à ce titre comme une manière de gérer les risques financiers susceptibles de peser sur l'économie.
  • A destination des classes moyennes, les mesures évoquées samedi incluent un crédit d'impôt de 500 dollars pour les familles où les deux conjoints travaillent, un triplement, à 3.000 dollars, du coup de pouce fiscal lié à la garde d'enfants ou encore un dispositif facilitant l'épargne-retraite automatique pour des travailleurs ne bénéficiant pas d'un plan de leur employeur. Le coût de ces mesures, profitant au total à des dizaines de millions d'Américains, est estimé à environ 235 milliards de dollars, a-t-il été précisé, même si des chiffres plus détaillés ne seront inclus que dans le budget que Barack Obama transmettra au Congrès le 2 février..

Peu de chances de succès face à un Congrès dominé par les républicains

La réforme proposée n'a en l'état que peu d'avenir au Congrès, désormais dominé par les républicains, dans le sens où elle équivaut à une hausse des impôts. Cependant, lors d'une conférence téléphonique portant sur la partie consacrée à la fiscalité du discours de Barack Obama, un des responsables a affirmé que certaines des idées du président bénéficiaient déjà d'un "soutien clairement bipartisan", rapporte Reuters.

Barack Obama et ses adversaires républicains ont notamment fait valoir que la simplification du code des impôts, devenu au fil des années extrêmement complexe, était un possible terrain d'entente, et le président a repris dans sa proposition plusieurs idées républicaines. Les républicains insistent toutefois pour que la réforme de la fiscalité des particuliers se fasse à recettes constantes, alors que Barack Obama souhaite en dégager de nouveaux moyens.

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Commentaires 23
à écrit le 20/01/2015 à 16:21
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Les sémiologues modernistes ont voulu ouvrir le symbole, alors qu’il aurait dû rester un sanctuaire noctambule où l'on projette les tentations du magicien hébété, où l’on ressaisit l’esprit critique abandonné par méprise dans un caniveau d'Épinal. No...

à écrit le 20/01/2015 à 0:37
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Dommage de ne pas l'avoir fait plus tôt. 28% au lieu 17%, rien de dramatique.

à écrit le 19/01/2015 à 11:39
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Au moins OBAMA exprime une volonté, sera-t-il suivi par le Congrès c'est une autre chose! que vont penser nos penseurs libéraux français de cette volonté eux qui ne parle que de baisse d'impôt. Et si nous recyclions Obama en France en 2017! cela ne...

à écrit le 19/01/2015 à 10:15
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Obama s'attaque aux niches fiscales, au détriment des plus riches Valls Macron Hollande SERVITEURS invétérés protègent et créent de nouvelles niches fiscales CICE, au SEULS bénéfices des plus riches, le caviar + les Rollex c'est ça les bobos de gô...

à écrit le 19/01/2015 à 9:03
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Au moins, Obama a du courage! Si seulement Hollande pouvait aussi TOUTES les supprimer! Et utiliser cet argent pour baisser toutes les charges salariales et patronnales. Euh oui, je sais, ce serait trop simple et trop efficace. Et puis du coup, les l...

à écrit le 18/01/2015 à 19:43
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C'est la mondialisation de la fiscalité il était temps

à écrit le 18/01/2015 à 19:11
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Comme ca n'a aucune chance de passer, c'est juste destiné à coller un peu la honte aux républicains, histoire de faire quelque chose avant la fin du mandat. C'est au plus fort de la crise qu'il aurait du faire passer ce genre de réforme si jamais il ...

à écrit le 18/01/2015 à 16:21
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une vraie démocratie avec un vrai contre pouvoir qui évite les solutions de facilité à la sauce française , ça fais plaisir à lire .

à écrit le 18/01/2015 à 14:40
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Aux États unis un fraudeur est un hors la loi En france un fraudeurs est avant tout un homme politique

à écrit le 18/01/2015 à 13:56
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Les Etats-Unis sont un pays dirigé par les milliardaires. Il n'y a rien a espérer venant d'eux. Obama se cassera les dents contre ce Congres. Aux USA, si tu ne te soumet pas aux milliardaires, les milliardaires te détruisent aux prochaines électi...

le 18/01/2015 à 17:27
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... Et la France est dirigée par qui ?

le 18/01/2015 à 17:34
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Détrompez-vous. Les USA sont une oligarchie politique commandée par une ploutocratie de banquiers et d'industriels du domaine militaire, notamment. Peu importe le nom de leur Président, il sera toujours une marionnette de cette ploutocratie et doit d...

le 19/01/2015 à 4:30
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On dirait le reportage de fox sur les quartiers islamistes à Paris, des clichés, des contre vérités, des affirmations péremptoires telles "...une grande partie de la population fait la queue pour des tickets repas..." ou la déportation à Guantanamo d...

à écrit le 18/01/2015 à 13:20
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La simple suppression des niches fiscales en france ramènerait son budget à l'équilibre.

à écrit le 18/01/2015 à 13:14
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La fiscalité est beaucoup plus civilisée aux USA qu'en France où elle est mortifère. Ils peuvent faire quelque chose. En France il n'y a qu'à devenir assisté, fonctionnaire, ou faire ses valises avant l'effondrement.

à écrit le 18/01/2015 à 12:59
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Washington s'avère chaque jour un peu plus l'ennemi des peuples européens et de la France en particulier. Il fut un temps où la France et ce qui est devenu la Russie étaient unis dans un même combat: avec "Normandie-Niemen". Il serait temps de reveni...

le 18/01/2015 à 17:25
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Quel rapport entre le sujet de cet article et vos élucubrations avec Staline ?

à écrit le 18/01/2015 à 12:45
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Chez nous les plus riches ont pris le large. Alors on tape dans la classe moyenne pour satisfaire les millions de fonctionnaires.

à écrit le 18/01/2015 à 12:25
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Obama a mi longtemps pour comprendre où il fallait taper , nous ! ils ne le feront pas car ils toucheraient ainsi à leurs propres patrimoines .

à écrit le 18/01/2015 à 12:21
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Romney aussi voudrait s'attaquer aux inégalités et à la pauvreté, d'après le FT.

à écrit le 18/01/2015 à 11:59
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a compris que la classe moyenne était en train de disparaitre aux usa ; cette classe moyenne dont tout les pas ont besoin pour continuer à tourner économiquement ; car ce ne sont pas les plus riches qui font tourner la machine , loin de là ; que holl...

le 18/01/2015 à 13:08
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Le problème c'est qu'en France, tout le monde se revendique de la classe moyenne.Dites nous où elle commence et où elle finit.

à écrit le 18/01/2015 à 11:40
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bonjour. Le gouvernemant hollande devrais faire de meme. le deficit de 2015 REPRESENTERA LES NICHES FISCALES PLUS DE 450 NICHES.

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