Le Japon n'avait pas connu de taux de chômage aussi bas depuis 17 ans

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La publication des dernières statistiques économiques japonaises sème le doute sur l'efficacité de la politique de relance de Shinzo Abe, le Premier ministre japonais.
La publication des dernières statistiques économiques japonaises sème le doute sur l'efficacité de la politique de relance de Shinzo Abe, le Premier ministre japonais. (Crédits : © Thomas Peter / Reuters)
Le marché de l'emploi a continué à s'améliorer avec un taux de chômage à 3,4% en décembre, son plus bas niveau depuis 1997. L'inflation sous-jacente a ralenti au Japon en décembre, pour le cinquième mois d'affilée.

Entre morosité et signes de reprise, l'économie japonaise offre un tableau contrasté en ce début d'année. Les statistiques du mois de décembre 2014 ont été dévoilées, vendredi 30 janvier, par le ministère de l'Industrie : avec d'un côté une inflation qui s'essouffle dangereusement et une consommation qui n'en finit plus de chuter, de l'autre une production industrielle en rebond et un chômage au plus bas. Des indicateurs ambivalents qui sèment le doute  sur la reprise économique japonaise et notamment sur l'efficacité de la politique de relance du Premier ministre japonais, Shinzo Abe.

  • Un taux de chômage au plus bas

"L'archipel est en voie de guérison" pour Marcel Thieliant, analyste chez Capital Economics cité par l'AFP. Et pour cause: le taux de chômage est descendu de 0,4 point à 3,6% en moyenne sur l'ensemble de 2014, avec un ratio de 3,4% en décembre, son plus bas niveau depuis 1997. Ces bonnes statistiques sont néanmoins à nuancer par l'augmentation du nombre d'emplois à temps partiel ou irréguliers, en particulier chez les plus de 65 ans, et le déclin de la main d'oeuvre, précise l'analyste de Capital Economics.

  • Un ralentissement de l'inflation réelle

En outre, les chiffres des prix à la consommation sont peu encourageants. En excluant l'impact d'un relèvement de TVA en avril dernier, ils s'inscrivent en hausse de 0,5%, ce qui marque un ralentissement de l'inflation pour le cinquième mois de suite. Sur l'ensemble de l'année 2014, la progression ressort à 0,6%, certes supérieure à celle de 2013 (+0,4%), mais encore très loin de l'objectif de 2% d'ici 2016 que s'est fixé la Banque du Japon (BoJ). L'inflation sous-jacente n'a été que de 1,1% sur l'ensemble de l'année dernière, hors impact du relèvement de la TVA. Son gouverneur, Haruhiko Kuroda, avait annoncé la semaine dernière s'attendre à un tel phénomène en raison du "déclin significatif des cours du pétrole".

  • Un risque de déflation à venir

Par ailleurs, le ralentissement de l'inflation s'est accéléré depuis la mi-2014, malgré la politique accommodante de la BoJ et ses promesses faites lors du lancement en 2013 de son programme d'assouplissement quantitatif. Avec ces rachats d'actifs, l'institution injecte déjà 80.000 milliards de yens (soit près de 600 milliards d'euros) sur douze mois dans le circuit économique. Les économistes parient sur une nouvelle extension de ce programme de rachats d'actifs dès avril 2015 pour éviter à tout prix une rechute en déflation, fléau que l'archipel combat depuis une quinzaine d'années.

  • Un rebond de la production industrielle

Du côté des entreprises en revanche, une éclaircie paraît s'amorcer si l'on en croit les chiffres de la production industrielle : la production manufacturière a augmenté de 1% en décembre (après un recul de 0,5% en novembre), soutenue par les livraisons de pièces pour smartphones en Asie et les ventes de voitures sur le marché intérieur. Les chefs d'entreprises interrogés s'attendent à ce que la production augmente de 6,3% en janvier. "Ce rebond suggère que l'économie a enfin commencé à se redresser" après sa rechute en récession au troisième trimestre, a souligné Marcel Thieliant. Un avis partagé par Natixis qui voit les signes d'"une stabilisation".

| Lire aussi : la difficile sortie de la déflation au Japon

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Commentaires
a écrit le 31/01/2015 à 14:02 :
Lorsqu'il n'y aura plus de population, il n'y aura plus de chômage. Le Japon qui est dans la ligne d'une faillite annoncée mais sans cesse repoussée pour des raisons géostratégiques extérieures penche vers une disparition certaine. Le répit viendrait de ce que tous les autres pourraient s'endetter au même important niveau. Tous endettés le jeu reprendrait pour lui. C'est une possibilité puisque les dettes mondiales sont calculées sur des économies progressives alors que ces dernières sont actuellement régressives dans une tendance qui s'accentue. Il suffit que les autres soient touchés à leur tour. Chat !
a écrit le 31/01/2015 à 1:54 :
sont des jaloux
Réponse de le 31/01/2015 à 8:27 :
jaloux de quoi ? y a pas de quoi !
Réponse de le 31/01/2015 à 10:44 :
Ils sont surtout contre l'immigration de travailleurs étrangers et le résultat est la pratiquement pas de chomage, pas de délinquance, pas de probléme de multiculturalisme !
Réponse de le 31/01/2015 à 10:52 :
"les french" a partir de 3 commentaires??? Pour info, il y en a 66millions donc STOP les stéréotypes!!!!
a écrit le 30/01/2015 à 21:12 :
normal, un pays de vieux, y a plus de jeunes, ils font peu denfants, ils sont ruinés, morts, endettés, et que des vieux...un pays de retraité...horrible !
a écrit le 30/01/2015 à 17:54 :
Un pays de vieux
normal que le chômage baisse.
Plus de retraité moins de jeune sur le marché de l'emploi chaque année depuis
fort longtemps.
Idem pour l'Allemagne.
a écrit le 30/01/2015 à 16:10 :
Avec une population en baisse, mais de manière encore plus rapide qu'en Allemagne, c'est plus simple...
a écrit le 30/01/2015 à 15:34 :
C' est normal , là bas ils ne font pas des grèves en permanence !!!

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