A Minsk, samedi 31 janvier, les espoirs d'une paix rapide concernant le conflit ukrainien ont été douchés. L'émissaire du gouvernement ukrainien, l'ancien président Leonid Koutchma, a quitté la capitale biélorusse en déclarant à l'agence Interfax que les représentants des rebelles avaient saboté la réunion en présentant des ultimatums et en refusant de discuter d'un "plan de mesures pour un cessez-le-feu rapide et un retrait des armes lourdes".
Interrogé par l'agence RIA, Denis Pouchiline, l'un des délégués séparatistes, a renvoyé la balle presque mot pour mot, déclarant qu'il était prêt au dialogue mais "pas prêt à recevoir de Kiev des ultimatums".
Des représentants de l'Ukraine, de la Russie, des rebelles prorusses et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s'étaient retrouvés à la mi-journée à Minsk alors que les combats continuent de faire rage dans le Donbass, l'Est minier et industriel de l'Ukraine où les séparatistes se sont soulevés en avril dernier.
Les différentes parties ne s'étaient réunies auparavant qu'une fois, sans succès, depuis le 5 septembre, date de la signature d'un protocole en douze points prévoyant notamment une cessation des hostilités.
Cette trêve, déjà très précaire et menacée à plusieurs reprises par des accrochages, a volé
en éclats il y a deux semaines avec la nette recrudescence des combats sur le terrain.
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En quittant Minsk, Leonid Koutchma a reproché aux deux principaux chefs du mouvement séparatiste, qui avaient signé les accords de septembre, d'avoir été absents à cette réunion de suivi
du "groupe de contact".
La situation dans le Donbass a également fait l'objet, samedi, d'une nouvelle conversation téléphonique
entre le président russe Vladimir Poutine, son homologue français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel.
Selon un communiqué du Kremlin, les trois dirigeants ont exprimé à cette occasion l'espoir que les pourparlers de Minsk se focaliseraient sur la conclusion d'une nouvelle trêve durable après dix mois de conflit qui ont fait plus de 5.000 morts.
Les combats ne faiblissaient pas samedi, en particulier autour de la ville de Debaltseve sous contrôle gouvernemental, située le long de l'autoroute qui relie les deux bastions séparatistes de Donetsk et Louhansk et que les rebelles entreprennent depuis plusieurs jours d'encercler.
Le chef de la police régionale, Viatcheslav Abroskine, a fait état sur sa page Facebook de 12 civils tués samedi dans des bombardements des séparatistes pro-russes. Le ministre ukrainien de la Défense Stepan Poltorak a de son côté annoncé la mort de 15 soldats au cours
des dernières 24 heures.
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"La situation la plus dure est dans la région de Vouhlehirsk car les terroristes essaient de prendre la ville et d'occuper des positions pour poursuivre l'encerclement de Debaltseve", a précisé le porte-parole de l'armée ukrainienne, Andriy Lysenko, au cours d'un point presse.Les rebelles pro-russes continuent également à menacer Marioupol, sur les rives de la mère d'Azov, a-t-il ajouté.
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