Merkel, la forteresse allemande assiégée entre BCE, Ukraine et... Internet

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A propos de la Grèce, qui vote ce dimanche, Angela Merkel a adressé un message de soutien, sans rééditer les menaces d'abandon de son ministre des Finances Wolfgang Schauble.
A propos de la Grèce, qui vote ce dimanche, Angela Merkel a adressé un message de soutien, sans rééditer les menaces d'abandon de son ministre des Finances Wolfgang Schauble. (Crédits : Reuters)
Sous le choc de l'annonce des 1.000 milliards d'euros d'assouplissement quantitatif de la BCE, la chancelière a tenté de faire bonne figure au Forum économique mondial. Et prévenu que ce soutien de la banque centrale ne devait pas dissuader les pays de la zone euro d'achever leurs réformes structurelles...

Pauvre Angela. Habituée du Forum économique mondial où sa parole d'une orthodoxie raisonnable séduit une audience acquise à la culture de stabilité allemande, la chancelière a subi le supplice du pal de jeudi à Davos, intervenant exactement un quart d'heure avant Mario Draghi, invité habituel lui-aussi, mais retenu à Francfort pour la réunion de la BCE. Et, évidemment, pendant toute l'intervention d'Angela Merkel, la nombreuse assistance venue en masse dans la grande salle du Congress Hall n'avaient d'yeux que pour leurs smartphone, attendant avec impatience la décision de l'oracle de Francfort sur le montant des rachats de dettes de la BCE.

La banque centrale avait bien préparé le terrain et ménagé le suspense en faisant "fuiter" la veille auprès du Wall Street Journal et de l'agence Bloomberg un chiffre de 50 milliards d'euros par mois sur 2015. Du coup, en plein discours de la chancelière, vêtue de jaune, le montant réel de 60 milliards par mois de mars à septembre 2016 a fait frissonner le public qui a sans doute passé plus de temps à regarder s'envoler le dollar et le cours de leurs actions qu'à entendre les avertissements d'Angela Merkel à l'égard de ce ralliement de la banque centrale européenne à la politique de la "planche à billets" destinée à faire remonter l'inflation...

Certes, dans le détail, les annonces de Mario Draghi sont bien encadrées : les achats de dettes publiques et privées ne concernent que des titres "investment grade", ce qui exclu d'emblée la Grèce, du moins à ce stade, et ne pourront dépasser certains seuils par émission et par émetteurs. En outre, les Bunds allemands en seront en volume, les principaux bénéficiaires.

Réformes : "ne pas dévier du chemin"

Touchée dans ses principes, Angela ne s'est pas laissée émouvoir pour autant et elle a resservi au public l'antienne traditionnelle de l'ordo-libéralisme allemand : les décisions de la Banque centrale européenne (BCE) ne doivent pas "faire dévier du chemin des réformes" les pays européens, a-t-elle prévenu. Et rappelant à l'ordre les gouvernements qui, comme Matteo Renzi la veille avait appelé la BCE à un geste fort (et au passage la France qui a aussi poussé en ce sens allant jusqu'à annoncer le QE européen avant l'heure), Merkel a souligné, surtout à l'intention de l'opinion publique allemande, que la décision prise par la BCE "sera une décision prise en toute indépendance".

Une précaution qui ne trompe personne, la plupart des experts estimant que la BCE n'a jamais que deux ans de retard sur la Fed dans ce type d'action trop longtemps reportée. Dans une autre session, Christine Lagarde, la directrice générale française du FMI a tenté de réconcilier tout le monde en soulignant que l'assouplissement quantitatif ("QE") de la Banque centrale européenne (BCE "fonctionne déjà, dans la mesure où les anticipations de son annonce ont commencé à agir sur le niveau de l'euro", tombé même sous les 1,15 face au dollar quelques minutes après le discours de Mario Draghi.

L'ancien secrétaire américain au Trésor Lawrence Summers a pour sa part mis en garde contre "l'erreur de croire que le QE est une panacée ou sera suffisant" pour relancer l'économie européenne. Selon lui, il y a "toutes les raisons de croire" que l'assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne "aura moins d'impact" que celui mené par les Etats-Unis ces dernières années.

Avec ces 1.000 milliards d'euros mis sur la table par la BCE, les taux d'intérêt en Europe pour les États et, c'est toute la question, pour les entreprises, devraient quand même continuer à chuter, ce qui est propice à un redémarrage de l'investissement privé.

Dans ce contexte, Angela Merkel a défendu la position de l'Allemagne qui "assume ses responsabilités" comme ancre de stabilité pour toute l'eurozone et tout en acquiesçant à la solidarité pour protéger l'euro, à aussi ses intérêts propres.

Ainsi, si en 2014, "pour la première fois depuis 40 ans, l'Allemagne n'a pas créé de nouvelle dette", c'est parce que son pays doit se préparer à une transition démographique qui va lui faire perdre 6 millions de travailleurs dans les prochaines années. Angela Merkel a donc appelé chaque pays à ses propres responsabilités pour préparer l'avenir en investissant dans la R&D (l'Allemagne a porté son effort à 3% du PIB) et en protégeant sa compétitivité.

Elle a décerné un satisfecit aux pays qui ont mené des réformes structurelles comme l'Irlande, l'Espagne, le Portugal "et même la Grèce" et encouragé la France et l'Italie à ne pas différer leurs efforts au prétexte du soutien apporté par la BCE qui n'aura qu'un temps. "Il faut agir maintenant pour ne pas être pris au d'époux quand les taux d'intérêt remonteront à leur niveau normal de 4 à 5%", car alors ce sera beaucoup plus coûteux et "désagréable" de porter des endettements publics de près de 100% de sa richesse nationale.

A propos de la Grèce, qui vote ce dimanche, Angela Merkel a adressé un message de soutien, sans rééditer les menaces d'abandon de son ministre des finances Wolfgang Schauble : " la majorité de la population en Grèce est contente de se trouver dans l'Union européenne et dans l'euro. "L'Allemagne est prête à continuer de faire preuve de solidarité", à condition bien sûr que le gouvernement grec issu du scrutin se montre de son côté "responsable". Un message d'apaisement en direction de la gauche radicale qui pourrait emporter les élections avec Qlexis Tsipras (Syrisa)

Ukraine: comment sortir de la crise ?

Mais pour un discours sur le nouveau contexte global, Angela Merkel ne pouvait passer sous silence la question de l'Ukraine. Elle a appelé à une solution pacifique négociée avec la Russie dans laquelle l'Europe ne précipiterait pas la négociation sur l'entrée de l'Ukraine dans l'UE, mais maintiendrait les sanctions contre la politique de Poutine tant que les causes n'auront pas disparu.

Pour sortir de cette crise, "il faut deux parties autour de la table", il faut "que les armes se taisent" et "que l'intégrité territoriale de l Ukraine garantie par le traité de désarmement nucléaire du pays soit respectée". Pour retrouver la stabilité dans la région, il faut aussi definir une "coopération de Vladivostok à Lisbonne comme dit Poutine", a-t-elle défendu, sans pour autant considérer comme acquise l'annexion de la Crimée.

Numerique : l'Europe doit se réveiller

Enfin, sur le thème principal de son intervention, l'économie numérique, Angela Merkel a exhorté l'Europe a prendre en main son destin face aux géants américains du net. "La numérisation va prendre toute son importance dans la nouvelle commission", a-t-elle avancé, se félicitant du fait que le Commissaire au numerique soit allemand. C'est la confirmation que l'Allemagne, grande puissance industrielle, veut aussi s'affirmer comme une des grandes puissances technologiques du monde futur.

Alors que l'Allemagne est parmi les pays les plus virulents contre la position de plus en plus dominante des GAFA (Google, Facebook, Apple, Amazon), Angela Merkel a réclamé que l'Europe fixe les conditions-cadre de l'économie digitale en promouvant "un bon mix entre la protection des données individuelles et la liberté du net". "Le monde est de plus en plus petit, on le mesure à Davos. À nous de trouver des solutions en Europe sinon nous serons marginalisés car notre environnement actuel n'est pas suffisamment attractif pour devenir des champions du numerique", a-t-elle conclu. "L'Europe doit avancer plus vite, réduire la bureaucratie et se fixer un agenda stratégique pour ressortir de cette crise plus compétitive".

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Commentaires
a écrit le 25/01/2015 à 0:06 :
Poutine envahit l'Ukraine pour s'approprier un accès direct à la Crimée et aux ressources de la mer d'Azov etc, zone également miltairement stratégique. Il arme d'ailleurs à fond la Crimée. C'est la porte ouverte à d'autres avancées en Géorgie, Moldavie, pays Baltes etc. Il est plus que temps que réagir on a un nouveau Hitler face à nous qui en outre finance les partis populistes séparatistes comme le FN en Europe.
Réponse de le 26/01/2015 à 15:58 :
@poutine Merci de vos commentaires, vous avez bien aidé à la remontée du rouble qui s'apprécie de + 30 %..!, merci encore !!
a écrit le 24/01/2015 à 20:27 :
"Forteresse... vide". La Reichsführerin Merkel et le pays qu'elle dirige - tant bien que mal - sont frappés d'autisme. C'est assez grave, vu le contexte. La victoire (souhaitée) de Syriza va peut-être constituer l'électrochoc nécessaire, mais on en doute... Pauvre Europe, "dirigée" par tant de monades leibnitziennes !
a écrit le 24/01/2015 à 15:20 :
il ne suffit pas de créer de la monnaie de singe pour résoudre les problèmes, c'est comme les dépots de bialn d'une entreprise, personne ne paye ? mais si le client qui voit son chantier arrété et les coûts supplémentaires, les assurances qui augmentent leurs cotisations pour compenser etc etc...
laisser croire que c'est magique ets une manipulation, c'est l'encouragement à la mauvaise gestion et c'est le peuple qui va trinquer pour que les élus, politiques conservent leurs postes grâce à cette martingale ..
a écrit le 24/01/2015 à 15:05 :
l'allemagne s'est réformée, a réorganisé, rationalisé, et repart dans la croissance

pendant ce temps, les cigales dépensent à l'infini, ne réorganisent rien, s'enfoncent dans la dette... et accusent les banquiers, la mondialisation, font preuve d'allemagnophobie...cherchez l'erreur
a écrit le 23/01/2015 à 21:22 :
Et oui , les rentiers allemands s'inquiètent ...
a écrit le 23/01/2015 à 20:44 :
Et pendant ce temps qu'on crie "Je suis Charlot", le milliardaire américain George Soros a appelé l'UE à accorder (encore) une assistance financière à l'Ukraine, "agressée par la Russie", et a parlé en termes très peu élogieux de l'Europe d'aujourd'hui par rapport à son image d'il y a un quart de siècle. Papy, l'Hargneux, a dit :
"Il y a 25 ans, l'Europe s'unissait, alors que maintenant, elle se désintègre, alors que la Russie se renforce au contraire". Oh papy, on imagine que cela vous met des larmes aux yeux, vous qui en tant qu'Américain aime tellement l'Europe, n'est-ce pas ? émouvant.

Toujours selon lui, l'Europe n'est plus l'union bénévole d'Etats souverains, prêts à céder une partie de leur souveraineté pour une cause commune. Hahahahahahaha Quel culot ! et de quelle souveraineté nous parle-t-il, notre bon vieux ? celle qui reste encore à la France, par exemple ? ou à l'Allemagne ? quel culot !

Mais dans son "speech" historique, Picsou nous livre encore d'autres perles : "Aujourd'hui, c'est quelque chose de parfaitement différent, un système de rapports entre créanciers et emprunteurs où les débiteurs honorent à peine leurs engagements, alors que les créanciers posent des conditions ne permettant pas aux emprunteurs de sortir de leur position dépendante". Oh mais que c'est câlin tout ça, lui, en tant que grand argentier se trouve déçu du fait que le créanciers sont devenu des vautours des "pauvres débiteurs" !!!! non mais j'hallucine !

Et il ne pourrait finir son plaidoyer pour un monde de paix et de prospérité (sans la Russie, bien entendu) en appelant l'Europe à soutenir financièrement l'Ukraine ! quelle Ukraine? celle qui vit ses jours les plus tristes et dans la pauvreté, sans plus espoir d'un avenir "européen", ou celle des oligarchies qui se déchirent avec des nazis au pouvoir, comme celle des vautours (justement) qu'on voit dans le film "Le Cristal Magique" ?

Nous vivons, vraisemblablement une époque charnière pour l'Europe et pour le monde : ou nous faisons une vraie "perestroïka" dans tout le Système occidental (avec Soros et les siens), ou alors nous périrons tous dans un holocaust nucléaire. Il n'y a pas de troisième option.
a écrit le 23/01/2015 à 19:25 :
Ne peut-on parler du chaos bancaire ? Prenez les publications en ligne sur les banques françaises qui ne seraient pas fiables ? Est-il sain d’avoir des bulles immobilières comme le dit le FMI ? Sur la Grèce, les français doivent-ils payer 50 milliards tous les ans pour les grecs, puis les autres alors que eux-mêmes ne paieraient pas d’impôts ? Les grecs n’auraient pas confiance dans leurs banques… On appelle cela démocratie ou bien merdocratie ?
Quand les français ont-ils eu des baisses d’impôts ? Quand y a-t-il eu réforme de l’Etat ? On fait des chômeurs et on embauche des fonctionnaires…
On nous sort le tripatouillage monétaire... et la politique du pire.
a écrit le 23/01/2015 à 17:14 :
Jusqu'où ira-t-on dans le coulage de la zone?
La base c'est de faire une production agricole, alors que la production européenne se réduit...
Les allemands paieront-ils pour les grecs alors qu'ils ne payent pas d'impôts?
Réponse de le 01/04/2015 à 15:33 :
les 300 000 allemands qui possèdent une résidence secondaire en Gréce ne paient ni impôts foncier ni impôts sur le revenus lorsqu'ils louent leur bien grec!
a écrit le 23/01/2015 à 15:59 :
Frigide
a écrit le 23/01/2015 à 13:59 :
Il faut se rendre compte que la politique extrémiste de Makrel autant sur l'économie européenne que sur les relations avec la Russie a mené l'Europe dans une situation extrême. L'oligarchie européenne va devoir assumer toutes ces extrêmes contradictions car il semble que ni Poutine, ni les Grecs, ni bien d'autres encore sur la longue liste ne vont faire d'excuse a cette extrémiste Allemande.
a écrit le 23/01/2015 à 13:09 :
La grosse Suisse va bientôt couler avec son Euro-Mark qui va prendre 50 % en quelques jours.
Réponse de le 23/01/2015 à 13:59 :
La Suisse va toujours s'en sortir car elle a compris que le pouvoir dominant actuel est celui de l'argent. La preuve : même les religions se rebiffent car elles en manquent. Les "pauvres".
a écrit le 23/01/2015 à 12:29 :
Je pense qu'il y a surtout un soucis de communication, des propos qui ne correspondent pas forcément avec l'esprit qui l'accompagne.

Pourquoi la plupart voient mal les propos de l'Allemagne alors que c'est plein de bon sens :

Si tu veux quelque chose, économise ! Fait des efforts ! travaillez dur !

Après, le tact Allemand est... Mais voilà, c'est du bon sens, on peut hurler sur la forme mais dans le fond, on le sait tous qu'ils ont raison mais !!! MAIS !!! Pas forcément de la même manière qu'eux, apprenons de leurs erreurs (la santé des infrastructures déplorables par ex).

Laissons la raison nous guider et un peu moins de "légerté" dans nos comportements.
a écrit le 23/01/2015 à 11:59 :
Ce QE semble être une étape préparatoire du retour à la souveraineté nationale des banques centrales de chaque pays de l'union, car il est stipulé dans la règle du QE a venir qu'en cas de défaut des dettes achetées par la BCE, 80% des montants seront garanties par les banques centrales, 20% par la BCE.
Merci Monsieur Draghi, ce que souhaitaient les souverainistes de tous pays arrivera à terme grâce à vous ! La fin de l'Euro !
a écrit le 23/01/2015 à 0:56 :
" l'économie digitale "
L'ECONOMIE NUMERIQUE BON DIEU. Digitale cela ne veut rien dire...
Réponse de le 23/01/2015 à 10:06 :
Regardez dans un dictionnaire....
Réponse de le 23/01/2015 à 10:48 :
Il ne vous est jamais arrivé de compter sur vos doigts ?
a écrit le 22/01/2015 à 22:42 :
Ah l'idealisme allemande. Et puis, franchement l'economie numerique, on y avait aussi pense.
a écrit le 22/01/2015 à 22:38 :
"la chancelière a subi le supplice du pal" ... vous auriez pu éviter, non?
Réponse de le 23/01/2015 à 0:56 :
non :-)
Réponse de le 23/01/2015 à 16:56 :
@limite: "pal" cela veut dire "copain" en anglais. Par conséquent, on peut aussi imaginer qu'elle a subi les assaults de son copain Normal 1er qui a laissé tombé ses anciennes copines (ou l'inverse) :-)
a écrit le 22/01/2015 à 20:16 :
"ne pas être pris au d'époux quand"...? Eeet .. elle en a beaucoup, d'époux, la chandellière..?? Notes, à priori, elle oublie de les allumer tous les soirs pour voir clair...
Ce que vous recevez comme message est une DOUBLE hypocrisie :
- la Chandellière sait qu'une partie infime du "qe" est vraiment mutualisé. Sa mission est de sauver les riches de son pays.
- quand les US ou le Japon ou la Chine arrêtent leur qe, il faut que quelqu'un reprenne le flambeau de la planche. Ce coup-ci, c'est nous. Merci la privatisation des profits pour la socialisation des pertes.
Réponse de le 22/01/2015 à 21:11 :
qe veut dire que les cancres ont réussi à détruire le cours! Bravo
Réponse de le 23/01/2015 à 12:32 :
? Depuis quand l'humanité à eu ou a des génies aux commandes ? ...

je ne prétend pas pouvoir faire mieux, mais je pense sincèrement qu'il y a des gens (peut être trop timide ou mis de coté) qui pourrait nous apporter de véritable solution.
Réponse de le 23/01/2015 à 12:39 :
les USA cancressimes ... 5% de croissance et chute du déficit public. UK dido 3% ... si qe= cancre et cancre = 3% de croissance je prends ! et la politique économique Merkel vertueuse et merveilleuse rappelez nous combien de croissance ?
Réponse de le 23/01/2015 à 13:58 :
Tiens, un autre yvan. Bienvenu, Camarade. Ce site est sympa, il accepte presque tous les avis.
Ce qui est rare de nos jours...

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