L'emploi américain n'a toujours pas retrouvé son niveau de 2007

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L'administration Obama va accueillir favorablement les nouveaux chiffres de l'emploi américain
L'administration Obama va accueillir favorablement les nouveaux chiffres de l'emploi américain (Crédits : LARRY DOWNING)
257.000 emplois ont été créés en janvier aux Etats-Unis, après 423.000 en novembre, chiffre revu en forte hausse. Mais il faudra attendre de longs mois, jusqu'à la mi 2016, pour retrouver le niveau d'avant crise. Et le nombre de chômeurs découragés reste élevé

Le rapport sur l'emploi dévoilé vendredi par le département du Travail devrait apporter du baume au cœur à l'administration Obama , qui va accueillir favorablement les 257.000 créations d'emplois, et surtout la forte révision à la hausse pour le mois de novembre (+423.000).  Mais le situation de l'emploi recèle beaucoup de faiblesses.

Plus de chômeurs

En un mois, le nombre de chômeurs aux Etats-Unis est reparti à la hausse de 3,3% pour s'établir à près de 9 millions, marquant un coup d'arrêt à la baisse des derniers mois.

Autres ombres au tableau, le taux de chômage des Noirs reste deux fois supérieur à celui des Blancs et près de 7 millions d'Américains sont contraints de travailler à temps partiel pour "raisons économiques".

L'emploi au dessus des prévisions, mais...

 En janvier, l'économie américaine a ainsi créé 257.000 emplois de plus qu'elle n'en a détruit, surpassant de loin les prévisions des analystes (235.000). Le ministère du Travail a également considérablement revu à la hausse les créations d'emplois des deux derniers mois qui s'établissent désormais à 329.000 en décembre et 423.000 en novembre, gagnant à chaque fois environ 70.000 par rapport aux estimations initiales.

La moyenne sur les trois derniers mois s'établit à présent à un très haut niveau (336.000), dépassant de loin celle sur l'ensemble de l'année 2014 qui a été pourtant un grand cru pour l'économie américaine.

... reste largement au dessous de son niveau de 2007

Cependant, comme le soulignent des économistes américains, il faudrait encore plus de 14 mois de forte progression de l'emploi -au rythme élevé de novembre, soit +423.000 emplois salariés par mois- pour que le nombre de personnes employées retrouve son niveau d'avant crise, en 2007. C'est dire l'ampleur de la crise, en dépit d'un retour à la croissance dès 2010.

La forte chute du taux de chômage en 2014 -il est donc en très légère hausse en janvier, à 5,7%-  tient donc, pour une grande part, au découragement de chômeurs qui ne s'inscrivent plus auprès des services de l'emploi, et sont donc radiés des statistiques. Le "taux de participation" de la population adule au marché du travail reste en janvier historiquement faible, à 62,9% Soit moins qu'en janvier 2014! (63%).

 Des salaires qui s'améliorent

 Si l'emploi ne s'améliore pas aussi franchement que ne le laissent penser les apparences, les salaires semblent enfin mieux orientés. La rémunération horaire moyenne a grappillé 0,5% en un mois pour s'établir à 24,75 dollars en janvier. Sur un an, la progression atteint 2,2% soit bien au-delà d'une l'inflation qui est en chute libre dans le pays (0,7% en décembre).

Résultat: les ménages américains, principaux moteurs de la croissance américaine, devraient voir leur pouvoir d'achat en profiter. Pour autant, les inégalités de salaires restent immenses aux États-Unis, en regard de celles vécues en France. Le salaire ouvrier moyen est aujourd'hui à son niveau du milieu des années 70, alors que les salariés les plus aisés ont vu leur pouvoir d'achat exploser.

De bon augure pour la croissance

Ces chiffres sont malgré tout de bon augure pour la croissance américaine après un dernier trimestre solide (2,6% de croissance en rythme annualisé) et à l'aube d'une année charnière.

La Banque centrale américaine doit décider dans les prochains mois si l'économie s'est suffisamment rétablie pour pouvoir supporter un premier relèvement des taux directeurs, maintenus proches de zéro depuis fin 2008 pour soutenir l'activité. Ce mouvement est attendu avec fébrilité par les marchés qui redoutent la fin de l'ère de "l'argent pas cher" qui a porté Wall Street à des sommets. Jusque-là, la Fed a plusieurs fois fait état de "son tiraillement" et scrute la conjoncture à la recherche de ses deux objectifs: le plein emploi et une inflation annuelle de 2,0%.

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Commentaires
a écrit le 07/02/2015 à 17:11 :
Quel est cette passion pour l'emploi américain dont on se moque ? C'est une mode boursière qui voulait par le passé que lorsque l'emploi américain montait la Bourse montait et que lorsque la bourse américaine montait, la Bourse française suivait. La technique du petit chien. Aussi les journalistes ont-ils pris la mauvaise habitude de le suivre à la trace à la manière d'un marronnier que l'on vous servirait toutes les semaines. La Bourse américaine va monter car la concentration des entreprises est considérable et pousse au délire (voir article sur ce fil). Plus besoin de tenter d'en justifier la hausse par l'emploi en débandade réelle dans un pays qui se paupérise.
a écrit le 07/02/2015 à 16:51 :
Grâce à Obamacare les "pauvres" n'ont plus besoin de travailler pour se soigner... c'est l'incroyable succès du socialisme à l'américaine!
a écrit le 07/02/2015 à 15:05 :
Un taux d'emploi à 62.9% au plus bas depuis 1978 !
IL n'ya jamais eu aussi peu d'Américains sur le marché du travail depuis 37 ans et on nous dit que les States redémarre .. Cherchez l'erreur
A chaque fois dans l'histoire des USA que le chomage a baissé le taux d'emploi a toujours progressé , la c'est la preuve que les chomeurs renoncent à chercher des emplois et sortent des statistiques ca ne prouve pas que l'emploi repart
a écrit le 06/02/2015 à 21:35 :
"Mince"... Un p'tit qe et ça r'part... Quelle hypocrisie, ces cowboys.

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