Chine : le yuan tombe au plus bas depuis 2012 après une nouvelle baisse des taux directeurs

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L'objectif de cette baisse des taux d'intérêt est de maintenir les taux d'intérêt réels à des niveaux compatibles avec les tendances de fond de la croissance économique, des prix et de l'emploi, a affirmé la PBOC.
"L'objectif de cette baisse des taux d'intérêt est de maintenir les taux d'intérêt réels à des niveaux compatibles avec les tendances de fond de la croissance économique, des prix et de l'emploi", a affirmé la PBOC. (Crédits : © Petar Kujundzic / Reuters)
Le principal taux d'intérêt de la Banque populaire de Chine (PBOC) a été abaissé samedi de 25 points de base, à 5,35%.

C'est la deuxième fois en trois mois. Dans le cadre d'une politique de soutien à la croissance de la deuxième économie mondiale, menacée par le ralentissement de l'activité et un risque de déflation, la Banque centrale de Chine a abaissé samedi 28 février ses principaux taux directeurs.

Le principal taux d'intérêt de la Banque populaire de Chine (PBOC) a été abaissé de 25 points de base, à 5,35%. Le taux des dépôts à un an a été révisé en baisse de 25 points de base à 2,5%. Ces décisions sont entrées en vigueur dimanche.

Lundi,  le yuan chinois est tombé à son plus bas niveau face au dollar depuis octobre 2012, à quelques fractions du plancher de sa fourchette de fluctuation quotidienne. La PBOC a fixé lundi avant l'ouverture à 6,1513 pour un dollar le cours pivot du yuan, son plus bas niveau depuis le 6 novembre dernier.

Pas de changement dans la direction de la politique monétaire

Dans un communiqué, la Banque populaire de Chine expliquait samedi:

"L'objectif de cette baisse des taux d'intérêt est de maintenir les taux d'intérêt réels à des niveaux compatibles avec les tendances de fond de la croissance économique, des prix et de l'emploi".

"Cela ne représente pas un changement de direction de la politique monétaire", ajoute-t-elle.

Le ralentissement de l'inflation à l'origine de la décision

La référence aux "taux d'intérêt réels" souligne que le ralentissement de l'inflation constaté en Chine a été un facteur important dans la décision de la banque centrale. Dans un article publié cette semaine, le journal officiel de la PBOC notait que les risques déflationnistes étaient plus importants qu'imaginés par nombre d'économistes.

En janvier, la hausse des prix à la consommation, principal indicateur de l'inflation, a fléchi de manière spectaculaire à 0,8%, soit son rythme le moins élevé depuis cinq ans et un nouveau signe de l'essoufflement de la deuxième économie mondiale.

"La déflation est le principal ennemi" à combattre

"La déflation est le principal ennemi", constate Li Huiyong, économiste chez Shenyin & Wanguo Securities à Shanghai. "Nous ne pourrons ralentir le cercle vicieux de la contraction économique que par la poursuite d'une politique d'assouplissement des taux et du ratio des réserves obligatoires", ajoute-t-il.

Le ratio des réserves obligatoires (RRR) porte sur le montant des réserves que les établissements bancaires doivent constituer auprès de la banque centrale. L'abaisser revient à favoriser l'injection de liquidités dans l'économie.

Le yuan devrait continuer de baisser

Le marché s'attend à une poursuite du mouvement de baisse du yuan au cours des prochains mois avec le ralentissement de la croissance économique, qui devrait conduire la Banque populaire de Chine (PBoC) à poursuivre l'assouplissement de sa politique monétaire dans un contexte d'inflation faible.

"Les inquiétudes suscitées par le niveau bas de l'inflation sur fond de taux d'intérêt réels élevés est précisément l'une des raisons pour lesquelles nous pensons que le yuan chinois pourrait avoir besoin de baisser davantage", explique Heng Koon How, responsable de la stratégie devises du département de banque privée et de gestion de fortune de Credit Suisse Private à Singapour.

Il est peu probable que la PBoC annonce ouvertement souhaiter la dépréciation de la monnaie mais elle peut faire évoluer le cours pivot de façon à piloter une baisse progressive, explique Heng Koon How.

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Commentaires
a écrit le 03/03/2015 à 17:28 :
Vraisemblablement l'actuel "China bashing" qu'on voit dans les médias à pensée unique a beaucoup à voir avec cela. Une nouvelle agence de notation financière vient d'être créée conjointement par des Russes, des Américains et des Chinois et devrait commencer ses activités à partir de l'été 2015. C'est Universal Credit Rating Group (UCRG), notez bien ce nom.
Il s'agit d'une initiative de l'agence chinoise Dagong Global Credit Rating, de l'américaine Egan-Jones Ratings et de la russe RusRatings qui ne veulent plus se soumettre aux critères des "trois grandes" agences américaines, Moody's, Standard & Poor et Fitch, des agences très politisées et qui ne sont plus capables d'exprimer des avis impartiaux et indépendants.
Le monde change et prend ses distances de l'oligarchie "exceptionnaliste" de Washington…. il faut que la vieille Europe se débarasse de sa mauvaise compagnie pour refaire peau neuve, qu'elle change de cap… vers l'Eurasie, par exemple.
a écrit le 02/03/2015 à 14:59 :
En matière de politiques monétaires, tout est vérolé. Il y a tellement de manipulations que les chiffres ne veulent plus rien dire.
a écrit le 02/03/2015 à 14:03 :
Certes, mais il a progressé de 20% en 1 an vs l'euro, passant de 8,68 RMB à 7.02 RMB pour un 1 euro.
a écrit le 02/03/2015 à 12:37 :
je pensse que le YUAN vue que la chine est plus forte devrais prendre de la valeur au lieu d en perdre, ? S IL BAISSE LE YUAEN C EST QU ILS COMMENCE VRAIMENT A ALLEZ MAL???

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