Sarkozy met la pression sur les résultats

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Le G20 a fait l'objet d'une préparation minutieuse jusque dans la communication du président Sarkozy.

« La crise est trop grave pour que l'on se permette un sommet pour rien », a lancé hier Nicolas Sarkozy. La ministre de l'Économie s'est montrée encore plus directe sur la détermination du président à sortir du G20 avec des décisions concrètes. « Le président Sarkozy a été très clair sur ce plan, il dit « si les résultats escomptés ne sont pas là, je ne signerai pas le communiqué », a expliqué Christine Lagarde sur la BBC. « Cela signifie quitter [le sommet], je crois qu'il est très déterminé. » Nicolas Sarkozy, qui est à l'origine du premier G20 postcrise financière, qui s'est tenu le 15 novembre à Washington en présence de George W. Bush, semble déterminé à revenir du G20 avec des décisions concrètes sur ce qu'il appelle « la refondation du capitalisme mondial ». En coulisse, les sherpas français s'activent depuis plusieurs mois pour parvenir à un accord le plus ambitieux possible. L'homme clé du dispositif français est Xavier Musca. Le tout nouveau secrétaire général adjoint de l'Élysée a été nommé « sherpa G20 ». Après cinq ans passés à la direction du Trésor, Xavier Musca est rompu aux sommets internationaux. Il s'est rendu à Londres dès hier pour travailler avec ses homologues du G20 sur la rédaction du communiqué final.

Recherche de consensus

Mais la recherche de ce consensus avait commencé bien avant. Depuis le 5 février, chefs d'État et de gouvernement multiplient les réunions préparatoires, à Bonn, Rome, Bruxelles et Londres. Paris, qui a toujours marqué une certaine réticence à l'égard des excès du capitalisme financier anglo-saxon, a le sentiment qu'il est aujourd'hui possible de faire bouger les lignes.

Depuis des mois, le conseiller économique de Nicolas Sarkozy, Bernard Delpit, réunit à l'Élysée les représentants du ministère de l'Économie (Benoît Coeuré, chef des affaires multilatérales à la Direction du Trésor, Emmanuel Moulin, directeur adjoint du cabinet de Christine Lagarde), du ministère des Affaires étrangères (Christian Masset, directeur général de la mondialisation) et de Matignon (Antoine Gosset-Grainville, directeur adjoint du cabinet de François Fillon). François Fillon s'est rendu la semaine dernière aux États-Unis pour convaincre Washington de la nécessité de renforcer la régulation financière, alors que l'administration Obama attend surtout de l'Europe qu'elle fasse davantage en matière de relance budgétaire. Des différents sujets sur la table ? relance de la croissance, réforme de l'architecture financière internationale, paradis fiscaux, gouvernance mondiale ?, la question de la régulation financière est celle à laquelle Paris attache le plus d'importance. Hier, Christine Lagarde a encore répété que la France comptait « obtenir vaille que vaille et coûte que coûte » la régulation en profondeur du système. « C'est là que le débat est le plus compliqué », souligne un conseiller du président. « Mais tout le monde a aujourd'hui envie de fermer les trous réglementaires et fiscaux », souligne-t-on à l'Élysée. La Chine serait toutefois réticente à l'idée de publier une liste noire des paradis fiscaux non coopératifs.

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