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ÉconomieUnion européenne

Nicolas Sarkozy au Conseil européen : "j'ai aimé le job"

EurActiv.fr pour latribune.fr

Publié le 15 décembre 2008 à 07:58 - Mis à jour le 15 décembre 2008 à 08:16

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Après six mois de présidence au galop, Nicolas Sarkozy a arraché, vendredi 12 décembre, un accord sur le "paquet énergie-climat", lors du Conseil européen. Si son activisme suscitait des craintes en Europe, il termine son action "épanoui" et sa méthode est saluée à droite comme à gauche.

"Monsieur le président, est-ce que vous pensez que pendant ces 180 jours, vous avez convaincu l'Europe ou est-ce que c'est l'Europe qui vous a convaincu?" Cette question d'un journaliste français à Nicolas Sarkozy, lors de la conférence de presse finale du Conseil européen, vendredi 12 décembre, résume à elle seule le rapport qui unit désormais le président français à l'Union européenne.

"Cela a été une ouverture d'esprit considérable, pour moi", a-t-il déclaré. Avant de poursuivre: "cela a été passionnant, épanouissant et assez fascinant", ajoutant: "j'espère que ceux qui me succéderont aimeront autant le job." "Personne ne peut contester la nécessité d'un président du Conseil exerçant un véritable leadership", a-t-il glissé en souriant. "Et une présidence de deux ans et demi, pas de six mois." "Est-ce que ça va me manquer?, poursuit-il Peut-être..."

Il faut dire qu'il est passé d'un extrême à l'autre. On se souvient d'un Nicolas Sarkozy, en visite au port de Boulogne-sur-Mer en janvier, prédisant la fin des quotas de pêche. Aujourd'hui, c'est le même homme qui affirme: "l'Europe, c'est notre quotidien. Cela ne relève pas des affaires étrangères", et dit à François Fillon: "c'est parfaitement indispensable que le Premier ministre soit du 1er janvier au 31 décembre dans les affaires européennes avec le président de la république. Et enfin : "l'Europe, c'est capital."

En six mois, le président du Conseil européen a bouleversé les habitudes d'institutions décrites par Nicolas Sarkozy comme des "monstres bureaucratiques", "où l'on est capable de discuter pendant une heure pour savoir le nombre de chaises à mettre à la disposition de chaque délégation". Avec lui, terminées, les négociations jusqu'à quatre heures du matin le dernier du jour du Conseil européen. "Je n'aime pas que l'on termine à quatre heures du matin, épuisé, pour négocier trois cacahuètes", s'est-il emporté pendant la conférence de presse. Sans parler des sommets européens dont les réunions ont triplé pendant la présidence Sarkozy.

Depuis la campagne présidentielle, le chef de l'Etat ne cesse de marteler qu'il veut mettre de la politique en Europe. "Il faut que nous ayons de grandes ambitions, pas de petites. Parce qu'au nom de petites ambitions, on ne sacrifie pas des craintes nationales." Au-delà, il a donné un petit cours de présidence du Conseil : "être à l'écoute, présider de façon souple et en même temps ne pas laisser dériver les choses", laisser la parole à ses partenaires présents autour de la table "une fois et pas six ou sept fois", "ne pas faire (du compromis) un monstre inidentifiable, mais essayer d'être juste et équitable".

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De regrets, il dit n'en avoir aucun. "Nous avons été bien au-delà des objectifs que nous nous étions assignés", lance-t-il, citant notamment l'Union pour la Méditerranée et le bilan de la politique agricole commune. Des avancées cependant contestées (*). Autres objectifs que le chef de l'Etat estime avoir remplis: un accord sur la politique européenne de défense, et un compromis entre les Vingt-Sept sur le "paquet énergie-climat". Même si de nombreux observateurs, des ONG environnementales aux opposants politiques, jugent que ce paquet est "une honte" pour les dirigeants européens, et qu?il a été conclu sous la pression des lobbies des industries fortement émettrices de CO2.

Et maintenant ? A n'en pas douter, confie Françoise Grossetête, députée PPE-DE (droite), le chef de l'Etat "continuera à peser" sur les décisions prises au Conseil. "Cela ne peut que servir les intérêts européens", dit-elle. Avant de lancer, admirative: "même Angela Merkel n'aurait pas été capable de faire ce que Nicolas Sarkozy a fait à la tête du Conseil européen." Un axe franco-allemand dont de nombreux observateurs disent qu'il s'est détérioré depuis six mois, au profit d'un axe Paris-Londres. Comme un signe, le président français n'a pas eu un mot pour son homologue allemande, à l'issue du Conseil, si ce n'est pour saluer ses efforts lors de la ratification de la signature du traité de Lisbonne... en juin 2007.

"L?atmosphère du sommet a été incroyable, Sarkozy a fait du bon travail", a déclaré le Premier ministre tchèque, Mirek Topolanek. Il a particulièrement salué "le travail de la présidence française sur le "paquet énergie-climat" et apprécié les grands efforts du président français pour sécuriser l?accord sur ce dossier au cours des dernières semaines et des dernières heures car le compromis n?était pas facile à obtenir".

Lors de la conférence de presse du jeudi 11 décembre, à mi parcours du Conseil, Mirek Topolanek a même indiqué qu?il espérait vivement que la France parviendrait à un accord sur ce dossier, car la présidence tchèque n?était vraiment pas certaine d?y arriver de son côté.

"Le président Sarkozy a fait preuve d?un excellent leadership lors du Conseil européen et pendant toute la Présidence française", a pour sa part indiqué le Premier ministre irlandais, Brian Cowen.

"Je me réjouis beaucoup des résultats obtenus par la présidence française de l?UE. Je crois que grâce à son action personnelle et à la faveur malheureusement des crises, Nicolas Sarkozy a réussi ce qu?il projetait dès l?origine, c'est-à-dire bousculer les méthodes de travail et faire exister l?Europe politique", a indiqué l'eurodéputé PPE-DE Alain Lamassoure interrogé par EurActiv.fr : "s?il y a une forte volonté politique, l?Europe peut peser du poids de l?addition de ses vingt-sept Etat membres."

"La question que tout le monde se pose est: "Que va-t-il faire le 2 janvier?", poursuit Alain Lamassoure. "L?homme a pris goût à être un grand acteur mondial. On imagine mal que du jour au lendemain, il se comporte comme un ombudsman. Mais il faut qu?il trouve son style pour ne pas gêner la présidence tchèque. Il faut que dans chaque initiative, il voit l?intérêt européen et non l?intérêt français. J?ai remarqué qu?il a annoncé qu?il allait au Congo en janvier et lors du G20 en avril, il aura certainement des propositions à mettre sur la table. Il est certain qu?il restera actif à sa manière, c'est-à-dire en faisant des propositions. Mais cela suppose qu?on continue à travailler sur tous les sujets, et d?abord en franco-allemand."

"C?est vrai qu?il a bousculé les us et coutumes. Peut-être d?une façon trop personnelle en oubliant parfois qu?il faut tenir compte du fait qu?il y a vingt-sept pays membres. Cela dit, ce n?est pas très étonnant. Etant donné le peu de modestie dont il fait preuve au niveau national, il paraissait peu probable qu?il en ait au niveau européen. Ce n?est pas sa façon d?agir", a commenté Chantal Rigaud, secrétaire générale de la délégation socialiste au parlement européen, interrogée par EurActiv.fr.

"Cela dit, il a géré deux crises, et heureusement que c?était un grand pays qui était à la tête de l?UE. Il a redonné un visage à l?UE. Il y a cependant des choses qui restent floues, comme par exemple le plan de relance, qui n?est pas un plan de relance européen."

(*) EurActiv.fr reviendra, dans les jours à venir, sur le bilan de la présidence française de l'Union européenne, avec une série d'articles complets.

Site d'EurActiv.fr

EurActiv.fr pour latribune.fr

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