Mauvaise passe pour les négociations climatiques internationales

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Des centaines de délégués sont rassemblés depuis dimanche 29 mars, à Bonn, à l'occasion du premier cycle de négociations internationales pour préparer un accord post-Kyoto. Mais la plupart des experts ont convenu qu'un consensus sur tous les points ne serait vraisemblablement pas dégagé avant la fin de l'année.

"La première session de négociations de cette année est cruciale pour rapprocher le monde d?une solution politique au changement climatique", a déclaré Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). "L?heure tourne et les pays ont toujours beaucoup de travail", a-t-il ajouté.

La plupart des négociations de cette année tourneront autour de l?accord des pays industrialisés sur des objectifs ambitieux de réduction du niveau des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le représentant américain sur le changement climatique, Todd Stern, a reconnu, dimanche 29 mars, que son pays avait "une responsabilité unique en tant que plus gros émetteur historique de GES", un problème qui menace le monde entier.

"Nous sommes très heureux d?être de retour, nous souhaitons rattraper le temps perdu et nous sommes saisis par l?urgence de la tâche", a-t-il indiqué aux 2600 délégués présents.

Toutefois, ces dernières semaines, de hauts responsables de l?administration Obama ont prévenu que le président pourrait avoir besoin de six mois supplémentaires pour obtenir le soutien de l?opinion publique américaine.

En effet, les Américains préféreraient avoir le feu vert du Congrès. Sans accord préalable de la Maison Blanche et du Sénat, ils craignent une vive réaction nationale, comme cela avait été le cas à la suite de la signature du protocole de Kyoto par le président Clinton, jamais ratifié par la suite (EurActiv 19/12/08).

La plupart des délégués et des représentants de l?ONU semblent donc convenir que les discussions de Copenhague aboutiront à un accord-cadre définissant de grands principes. Les discussions sur les détails étant remis à 2010.

D?autres pays ont également demandé plus de temps. Le Japon a déclaré qu?il ne mettrait pas en place un système national d?échange de quotas d?émissions avant juin. La Russie et l?Ukraine doivent également faire leurs propres propositions.

"Globalement, les pays n?ont fait aucune proposition spécifique sur le fonctionnement pratique de l?accord de Copenhague", a récemment souligné Yvo de Boer, dans un entretien publié par le site EndsEurope, se référant aux propositions soumises par différents pays. Mais il a précisé qu?il attendait beaucoup du premier cycle de réunions préparatoires de Bonn.

L?un des axes du document préparatoire aux négociations de Bonn est une proposition, soumises par la Corée du Sud et l?Afrique du Sud, et soutenue par l?UE, visant à établir un registre international des actions des pays en développement pour atténuer le changement climatique, avant de les comparer aux promesses de soutien financier ou technologique des pays développés. La Chine et l?Inde pourraient être concernées.

Si plusieurs pays semblent s?accorder sur la manière dont le registre pourrait faire partie des négociations climatiques internationales, ils sont encore loin d?atteindre un consensus sur bien d?autres points. C?est notamment le cas du système pour limiter les émissions de GES, et qui serait financé par les pays développés, ainsi que de la réforme, proposée par les Nations unies, du mécanisme de développement propre (MDP).

Plusieurs Etats opposent également une forte résistance à la nouvelle classification des émissions des pays en fonction de plusieurs critères, dont le PIB. Le texte préparatoire propose de considérer les actions de lutte contre le changement climatique comme une compétence nationale prenant place dans un contexte national. En janvier, une communication de la Commission européenne avait proposé de prendre en compte quatre critères pour le calcul des contributions de chaque pays : le PIB par habitant, les émissions par unité de PIB, les tendances des émissions entre 1990 et 2005 et les tendances démographiques entre 1990 et 2005.

La réunion de Bonn n?est que le début d?une série de rencontres entre les négociateurs pour préparer Copenhague. Ils se rencontreront à nouveau en juin, une nouvelle fois à Bonn, avant de se revoir une dernière fois à Bangkok, à l?automne.

Au mois de décembre 2009 à Copenhague, la communauté internationale devra se mettre d?accord sur un nouvel accord international sur le climat. Il s'agit de mettre en oeuvre la deuxième phase du protocole de Kyoto. La première arrivant à échéance en 2012.

La conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), qui s?est tenue à Pozna? (Pologne) du 1er au 12 décembre 2008, représentait l?étape à mi-parcours des négociations internationales.

Les discussions sur les réductions d?émissions que les pays industrialisés doivent atteindre dans le cadre du protocole de Kyoto après 2012 se concentreront sur des questions comme l?échelle des réductions, les améliorations au système d?échange de quotas d?émissions et la modification de l?utilisation des terres et des forêts.


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