La rigueur, contestée dans le sud de l'Europe, acceptée au Nord

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Les plans successifs provoquent grogne sociale et manifestations dans les pays d'Europe du Sud. Plus résignés, les pays du Nord comme l'Irlande se contentent de protester dans les urnes.

Portugal

Le Portugal a connu le 24 novembre dernier sa septième grève générale depuis l'avènement de la démocratie en 1974 pour protester contre un énième plan d'austérité. Les syndicats portugais UGT et CGTP ont appelé l'ensemble des salariés et fonctionnaires du pays à se mobiliser. Passos Coelho, Premier ministre de centre droit, s'est engagé à faire passer le déficit public de 5,9 % cette année à 4,5 % du PIB en 2012. Soit 2,3 milliards d'euros d'économies en échange des 78 milliards d'euros d'aides de l'Union européenne et du FMI. Conséquence, les transports ont été paralysés dans l'ensemble du pays et les vols internationaux au départ ou à l'arrivée de Lisbonne et Porto ont été annulés. D'après le syndicat CGTP, la mobilisation aurait dépassé les 3 millions de manifestants.

 

Grèce

Depuis le début de la crise de sa dette en 2009, la Grèce a connu quatorze mouvements de grève générale. De loin, le plus touché par la crise et l'austérité, le peuple grec n'en finit pas de protester. Le dernier mouvement de grève générale a immobilisé le pays le 1er décembre dernier sur l'appel des syndicats GSEE et Adedy. Il s'agissait d'un premier test pour le gouvernement de coalition de Lukas Papadémos, en place depuis le 11 novembre dernier. Moins suivi que les mouvements précédents, la grève a principalement touché la fonction publique avec des écoles et des administrations fermées et des transports tournant au ralenti. Le Premier ministre a pourtant présenté devant le Parlement un nouveau budget d'austérité draconien devant ramener le déficit public de 9 % cette année à 5,4 % du PIB en 2012.

 

Espagne

Avec près de 23 % de chômage, l'Espagne est l'un des pays de la zone euro qui souffre le plus de la crise. Une souffrance sociale accentuée par les différents plans d'austérité qui visent à réduire le déficit public. Mais après une année de protestations, marquée par le mouvement des « indignés » rassemblés Puerta Del Sol, la sanction a eu lieu dans les urnes. La gauche sortante a en effet essuyé une défaite cinglante lors des dernières élections législatives le 20 novembre dernier. Mariano Rajoy, le leader conservateur vainqueur de ces élections, promet la rigueur pour l'année 2012 et prévoit une baisse du déficit public de 6,5 % cette année à 4,5 % du PIB l'année prochaine. Des hausses d'impôts étant exclues, ce sont près de 20 milliards d'euros que le nouveau gouvernement espagnol devra économiser sur ses dépenses. De quoi relancer les mouvements de contestation.

 

Irlande

Tout aussi touchée par la crise, l'Irlande poursuit sa politique d'austérité dans un calme relatif. Hormis la défaite électorale historique du Fianna Fail, au pouvoir depuis quatre-vingts ans, l'Irlande ne rencontre pas de mouvement de contestation massive. Le pays, félicité par l'Union européenne, subit pourtant un plan d'économie de 15 milliards d'euros sur quatre ans depuis 2011. Le 5 décembre dernier, Enda Kenny, le nouveau Premier ministre, a pourtant annoncé 3,8 milliards d'économies en plus sur le budget 2012.

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Commentaires
a écrit le 13/12/2011 à 10:58 :
Hors toute question morale sur quoi doit de l'argent à qui, le problème principal est que lorsque les populations des pays du Sud ne pourront plus supporter les restrictions européennes, la zone euro commencera sa désagrégation. Dans l'aigreur.
a écrit le 13/12/2011 à 6:59 :
La rigueur est forcement plus contesté la ou les gens n'ont que de quoi survivre.
Il suffit de regarder dans les statistiques pour se rendre compte de la différence de revenus entre le Nord et le Sud.
Quoi d'étonnant donc que les peuples se révoltent.
La rigueur va accroitre les différences déjà existantes, alors que ce qu'il faut c'est une plus grande convergences des économies de l'Union Monétaire.
La tendance actuelle cependant va dans le sens contraire, les divergences ne font qu'augmenter et certains pays du Sud deviendront en fait, si nous n'intervenons pas, des républiques bananières.
(Le terme de république bananière désigne à l'origine un pays peu développé, dont l'industrie repose typiquement sur la seule production de bananes (olives), et dirigé par une petite ploutocratie autoritaire.) Comme c'est le cas déjà en Grèce et en Italie
Et c'est peut-être et même probable cela que l'axe franco-allemand veut.
On peut dans ces circonstances comprendre les Anglais qui de nouveau sont les seuls à refuser la dominance Allemande (servie et suivie par un Vassale fidèle?)
Réponse de le 13/12/2011 à 8:36 :
Arminius, dans le fond c'est vrai, il est plus facile d'economiser quand on a plus de réserves. MAIS ... ne serait-il pas temps de réaliser que celui qui fait trop de dettes par rapport à ce qu'il peut rembourser vit aux dépens des autres? N'est-il pas alors correct et honnête que celui qui a fait des dettes et en a profité un temps se mette à économiser pour rembourser ses dettes? Où est la justice? Chez celui qui espère toujours être renfloué financièrement par les autres? Ou bien chez celui qui accepte ses choix financiers et les assume?

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