Un espion à la tête du gouvernement roumain

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Suite à la démission lundi du Premier ministre Emil Boc, Mihai Razvan Ungureanu a été désigné par le président roumain pour prendre la relève. Pour la première fois au sein de l'UE, un chef des services de renseignements en fonction prend les commandes d'un gouvernement.

Dans le hall du Parlement, Mihai Razvan Ungureanu s'avance devant une horde de journalistes impatients. L'air solennel, la diction lente et l'air grave, il annonce les noms des ministres qui formeront son gouvernement. « La plupart de ces ministres sont des jeunes personnes avec qui j'ai eu l'occasion de travailler et tous ont fait des études à l'étranger et connaissent au moins une langue étrangère », énonce-t-il calmement en regardant son auditoire. A 43 ans, cet historien à l'air un peu juvénile doit remplir une mission pratiquement impossible : continuer les réformes économiques engagées par son prédécesseur tout en calmant un pays excédé par une classe politique corrompue et deux ans de politique d'austérité.

Une crédibilité européenne

Mais Mihai Razvan Ungureanu a la tête de l'emploi. « Jusqu?ici, il a eu un parcours sans incident, et il s?est forgé une image d?homme européen, compétent, explique le journaliste Silviu Sergei. La Roumanie a besoin d?envoyer un signal fort à l?extérieur, de montrer qu?elle a désormais un homme crédible à sa tête. » En 2004, Mihai Razvan Ungureanu devient le plus jeune ministre roumain des Affaires étrangères. A l'époque, il s'en prend à l'ancienne nomenklatura communiste réfugiée dans la diplomatie et chasse tous les ambassadeurs roumains qui ont travaillé avec la Securitate, la police politique sous le régime communiste. En 2005, il signe le traité d'adhésion de la Roumanie à l'Union européenne. Mais sa carrière de diplomate s'arrête en 2007, lorsque, sur fond de tensions au sein de la coalition au pouvoir, il est renvoyé par le Premier ministre.

Un proche du président

Il est nommé dans la foulée à la tête des services de renseignements extérieurs par le président, Traian Basescu, dont il est un proche. C'est ce même Traian Basescu qui l'a désigné en début de semaine à la tête de l'Exécutif. La nomination d'un chef des services de renseignements encore en fonction est une première dans l'Union européenne. « On sait que Traian Basescu a des liens avec les services secrets : cette nomination nous éloigne du modèle européen et nous rapproche de celui de la Russie de Poutine », estime l'analyste politique, Radu Alexandru. A la seule différence que l'espion roumain est un européen convaincu.

 

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Commentaires
a écrit le 09/02/2012 à 18:23 :
Les Roumains sont des Europeens convaincus et pour cause : l'UE a deverse des milliards sur le pays..
Réponse de le 10/02/2012 à 12:52 :
Non, pas uniquement pour cela, mais à cause de leur histoire et de leur rôle de barrière face aux invasions, de leur langue latine, etc.

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