La BCE échange ses obligations grecques pour éviter toute décote
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Les grandes man?uvres ont commencé. A la veille du week-end, dès jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) et des banques centrales nationales ont entrepris d'échanger les obligations souveraines grecques acquises dans le cadre du programme de rachats de titres entamé en mai 2010 et destiné à rétablir le bon fonctionnement des marchés et à faire en sorte que la politique monétaire se répercute correctement sur l'activité économique. De quoi relancer les interrogations sur la manière dont la BCE pourrait contribuer à l'effort visant à alléger le fardeau de la Grèce.
Un échange technique
Mais attention. Il ne s'agit pas ici d'une participation à l'échange ouvert aux créanciers privés. Bien au contraire. L'échange est technique, visant exclusivement à isoler les titres détenus par les créanciers publics de ceux en possession des créanciers privés, appelés à renoncer à une partie de leurs actifs. Les titres en question ont été échangés pour des obligations de même valeur faciale et de même maturité. Autrement dit, un échange neutre à ce stade, mais qui permet à la BCE de se préserver de toute perte ou décote forcée.
Selon les estimations, la BCE aurait acquis une cinquantaine de milliards d'euros d'obligations grecques, un montant que ses dirigeants se sont toujours refusés à confirmer. Celles-ci ont été achetées sur le marché à un prix moyen inférieur à leur valeur faciale. De fait, la contribution à un effort général d'allègement de la dette grecque pourrait éventuellement passer par un renoncement aux plus values.
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Contribution à la soutenabilité de la dette grecque
Lors de la conférence de presse qui a suivi la dernière réunion de la BCE, son président, Mario Draghi, interrogé sur ce point, avait précisé que « si la BCE redistribuait une partie de ses profits aux pays membres de la zone euro via les banques centrales nationales, cela ne reviendrait pas à du financement monétaire ». Autrement dit, la BCE ne violerait pas les traités européens. « S'il devait y avoir un profit, comme tous les revenus monétaires, il aurait vocation à être distribué aux États. Ils pourraient l'utiliser pour contribuer à la soutenabilité de la dette grecque », avait encore précisé Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, dans une interview accordée à « Libération ».
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