La BCE échange ses obligations grecques pour éviter toute décote

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La BCE aurait acquis une cinquantaine de milliards d'euros d'obligations grecques, un montant que ses dirigeants se sont toujours refusés à confirmer.  Photo : Reuters
La BCE aurait acquis une cinquantaine de milliards d'euros d'obligations grecques, un montant que ses dirigeants se sont toujours refusés à confirmer. Photo : Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
La Banque centrale européenne et les banques centrales nationales ont procédé à l'échange de leurs titres d'État grecs. Une opération visant à isoler les titres détenus par les créanciers publics de ceux acquis par les créanciers privés.

Les grandes man?uvres ont commencé. A la veille du week-end, dès jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) et des banques centrales nationales ont entrepris d'échanger les obligations souveraines grecques acquises dans le cadre du programme de rachats de titres entamé en mai 2010 et destiné à rétablir le bon fonctionnement des marchés et à faire en sorte que la politique monétaire se répercute correctement sur l'activité économique. De quoi relancer les interrogations sur la manière dont la BCE pourrait contribuer à l'effort visant à alléger le fardeau de la Grèce.

Un échange technique

Mais attention. Il ne s'agit pas ici d'une participation à l'échange ouvert aux créanciers privés. Bien au contraire. L'échange est technique, visant exclusivement à isoler les titres détenus par les créanciers publics de ceux en possession des créanciers privés, appelés à renoncer à une partie de leurs actifs. Les titres en question ont été échangés pour des obligations de même valeur faciale et de même maturité. Autrement dit, un échange neutre à ce stade, mais qui permet à la BCE de se préserver de toute perte ou décote forcée.
Selon les estimations, la BCE aurait acquis une cinquantaine de milliards d'euros d'obligations grecques, un montant que ses dirigeants se sont toujours refusés à confirmer. Celles-ci ont été achetées sur le marché à un prix moyen inférieur à leur valeur faciale. De fait, la contribution à un effort général d'allègement de la dette grecque pourrait éventuellement passer par un renoncement aux plus values.

Contribution à la soutenabilité de la dette grecque
Lors de la conférence de presse qui a suivi la dernière réunion de la BCE, son président, Mario Draghi, interrogé sur ce point, avait précisé que « si la BCE redistribuait une partie de ses profits aux pays membres de la zone euro via les banques centrales nationales, cela ne reviendrait pas à du financement monétaire ». Autrement dit, la BCE ne violerait pas les traités européens. « S'il devait y avoir un profit, comme tous les revenus monétaires, il aurait vocation à être distribué aux États. Ils pourraient l'utiliser pour contribuer à la soutenabilité de la dette grecque », avait encore précisé Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, dans une interview accordée à « Libération ».
 

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Commentaires
a écrit le 18/02/2012 à 17:48 :
la façon de présenter les choses n'est pas limpides : La BCE fait un bonus en refilant ses assignats grecs aux banques nationales . Donc le con c'est moi . Là c'est clair et je ne voterai pas Sarko mais plutôt Bayrou ou Pédalo !
a écrit le 18/02/2012 à 13:44 :
Les créanciers privés vont vraiment apprécier, c'est sûr. Quant à un accroissement de la perte, je crois que l'on va rire un moment. De plus, Lyon69 a raison, il ne s'agit ni plus ni moins qu'un délit d'initiés des organismes publics. Mais, au fait, qui sont ces créanciers privés assez stupides pour perdre entre 70 et 85 % de leur créance ?
a écrit le 18/02/2012 à 11:10 :
procéder à des arbitrages sur des titres lorsqu'on bénéficie d'infos privilégiées... ça ne s'appelerait pas un "délit d'initié" ????
a écrit le 18/02/2012 à 10:31 :
" Pile, je gagne, face tu perds." Telle est la devise de la nouvelle Tribune. Elle nous dit le meme jour tout et son contraire. Selon son article La tribune avec Reuters, la BCE serait prete a envisagee une decote.Quoiqu'il arrive, ce sera" Nous vous l'avions bien dit."
a écrit le 18/02/2012 à 10:19 :
Je n'y comprends, helas, rien mais ca me fait peur. J'ai l'impression que Draghi est plus proche des grands illusionistes que des grands economistes
a écrit le 17/02/2012 à 20:54 :
Mario Draghi, interrogé sur ce point, avait précisé que « si la BCE redistribuait une partie de ses profits aux pays membres de la zone euro via les banques centrales nationales, cela ne reviendrait pas à du financement monétaire ».
---- Même George Orwell n'a pas eu une imagination tellement extrême!!!!
La BCE nous dit qu'elle fait des profits avec des obligations qui ont fortement baissé depuis qu'elle a acheté. Mais on nous prend pour qui? C'est du arnaque. C'est la criminalité organisée!
a écrit le 17/02/2012 à 20:49 :
- Un scandal.
- Et maintenant tout le monde sait: Si la BCE "aide", les autres créditeurs vont payer la facture. Le résultat: le secteur privé ne va plus toucher les obligations d'états douteux (comme la France). Bravo, BCE. Avec cette décision, la catastrophe s'est bien rapproché.

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