L'Eurogroupe devrait donner son accord ce lundi pour le deuxième plan d'aide en faveur de la Grèce

Les ministres des Finances de la zone euro devraient approuver ce lundi un deuxième plan d'aide à Athènes, crucial pour redonner de l'air à la Grèce surendettée. Les fonds pourraient être placés sur un compte sous séquestre. Le gouvernement grec a validé le nouveau plan d'austérité, une formalité après l'adoption la semaine dernière d'une série de mesures visant à économiser 325 millions d'euros au moyen notamment de réductions de salaires, de traitements et de pensions de retraite.
Premier ministre grec, Lucas Papadémos Copyright Reuters
Premier ministre grec, Lucas Papadémos Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

L'Eurogroupe devrait donner son accord ce lundi pour le deuxième plan d'aide en faveur de la Grèce d'un montant de 130 milliards d'euros. "Les négociations se poursuivent jusqu'au dernier moment" sur des questions techniques", a indiqué le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos, qui reste optimiste. "Jusqu'au dernier moment, les négociations se poursuivent, il y a des problèmes techniques, des paramètres de détails qui sont examinés, des choix et des priorités des partenaires institutionnels ou des pays-membres qui influencent le climat de la discussion", a déclaré M. Vénizélos aux médias à Bruxelles, cité dans un communiqué ministériel en grec reçu à Athènes.

10 ans pour revenir à la normale

Diplomates et économistes n'attendent pas de ce nouveau plan de renflouement qu'il règle tous les problèmes économiques grecs du jour au lendemain: il faudra au moins dix années voire davantage. Ce constat a amené encore plusieurs milliers de Grecs à manifester dimanche leur colère devant le parlement face à la cure d'austérité draconienne qu'ils subissent depuis des mois. "On a tous les éléments pour un accord désormais, les éléments d'une participation qui reste volontaire de la part des banquiers, des créanciers privés, et de la part des créanciers publics", a déclaré François Baroin au micro d'Europe 1.

Les ministres de l'Eurogroupe doivent encore s'entendre sur de nouvelles mesures techniques pour ramener autant que possible la dette grecque vers un objectif de 120% du produit intérieur brut à l'horizon 2020 demandé par le FMI, créancier de la Grèce avec l'UE et la Banque centrale européenne (BCE). En l'état, les projections actuelles placent la barre plus haut, à 129%.

Un compte sous séquestre

Les responsables de la zone euro vont discuter notamment de la mise en place d'un compte sous séquestre sur lequel seraient placés les fonds du deuxième plan d'aide à la Grèce, a déclaré aujourd'hui la ministre autrichienne des Finances Maria Fekter sur une radio. Priée de dire si l'hypothèse de la mise en place d'un compte sous séquestre était à l'ordre du jour, elle a répondu: "Ce dossier est en cours d'élaboration à un niveau technique. Les ministres des finances en débattront lors de leur réunion. J'accueillerais favorablement un tel compte."

De son côté, la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, s'est déclarée favorable à la création d'un compte spécial. "Les ministres des Finances vont discuter des détails techniques, mais j'approuve la création d'un tel compte séparé. La Grèce doit être accompagnée sur la voie des réformes, pour que l'argent aille bien où nous souhaitons qu'il aille", a-t-elle annoncé. Elle estime qu'un contrôle est indispensable sur la façon dont sera utilisé l'argent, sans pour autant remettre en cause la souveraineté de la Grèce: "Nous ne pouvons pas aller au-delà de la souveraineté du parlement sur le budget. Le parlementarisme et les valeurs démocratiques, dans des périodes si difficiles, ne doivent pas être négligés", a-t-elle précisé.

L'Allemagne désormais optimiste

Le gouvernement allemand est "de plus en plus optimiste" sur une décision aujourd'hui sur une deuxième aide pour la Grèce, a déclaré une porte-parole du ministère des Finances, soulignant toutefois que "certains points" devaient encore être réglés dans les heures qui viennent. "Tout le monde travaille afin que nous arrivions à un accord", a déclaré cette porte-parole lors d'un point de presse du gouvernement, "nous sommes de plus en plus optimistes" que ce sera le cas.

Les obligations souveraines des créanciers privés

Le Premier ministre grec Lucas Papadémos s'est envolé pour Bruxelles dimanche au moment où se rassemblaient quelque 3.000 personnes sur la place de la Constitution à Athènes.
La police antiémeute s'était déployée en force autour du parlement, une semaine après les scènes d'émeutes qui ont suivi l'adoption du nouveau programme d'austérité de 3,3 milliards d'euros. Mais la foule était bien inférieure aux dizaines de milliers de manifestants de la semaine passée et les incidents sont restés limités.

Un point essentiel du plan de sauvetage prévoit un échange d'obligations souveraines détenues par des créanciers privés qui permettra à la Grèce d'effacer 100 milliards d'euros de dettes. L'opération sera lancée le 8 mars et les autorités grecques, qui devront rembourser 14,5 milliards d'euros d'obligations venant à échéance le 20 mars, espèrent la boucler en trois jours.  Le nouveau plan d'aide n'est pas un remède miracle. L'économie grecque s'est contractée de 7% en rythme annuel au dernier trimestre 2011, bien plus que prévu, et les nouvelles mesures d'austérité devraient encore aggraver la situation.

La troïka UE-FMI-BCE, qui supervise la mise en place des réformes, effectue des rapports trimestriels. Dans le cadre du deuxième plan de sauvetage, la Commission européenne enverra bientôt des dizaines d'autres inspecteurs à Athènes. "C'est un ensemble de réformes très fort et très difficile qui mérite le soutien de la communauté internationale et du FMI", a estimé le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner dans un communiqué appelant le FMI à soutenir l'accord.

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Commentaires 17
à écrit le 20/02/2012 à 18:45
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Il n'y a aucun risque à ce sujet pour la grèce. Ceci jusqu'en date du 09 mai. Après le ne serai ps étonné que les affaires de la Grèce se déteriorent.

à écrit le 20/02/2012 à 16:52
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Ca commence à bien faire !!! laissons tomber les grecs qui ont bien cherché la m....Qu'est ce que c'est qu'un Etat (?) qui ne sait meme pas collecter l'impot ???? Ils vont entrainer toute l'Europe dans le gouffre: arretons de fianacer ce tonneau des ...

le 20/02/2012 à 17:46
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laissons tomber le peuple qui a été trahit par l'Etat et l'Europe ? quel etait le budget militaire de la Grece. d'ou vient l'argent et qui sontles fournisseurs ? Chaque plan d?aide internationale a été concomitant avec d?inutiles et très coûteuses co...

à écrit le 20/02/2012 à 14:42
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ce n'est que le 2° plan ? il me semblait que c'était au moins le 50° ! il n'y a qu'une solution : annuler le total de la dette grecque, les virer de la zone euro pour de bon, et les laisser voler de leurs propres ailes, avec leur drachme. Et plus jam...

à écrit le 20/02/2012 à 14:34
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Les USA viennent de se prononcer en faveur d'une aide,à travers le FMI,afin d'éviter le naufrage Grec.Manière astucieuse de remettre en ligne la pax américana et de finir de faire la peau à ce qu'il reste d'Europe.....Alors que Merkozy n'en finissent...

à écrit le 20/02/2012 à 14:11
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Oui la Grèce est en faillite. Ce n'est pas le peuple grec qui est responsable de cette faillite, même si certaines classes de la société ont bien profité de l'aveuglement et de l'incompétence des gouvernements successifs. Cette expérience de la Grèce...

à écrit le 20/02/2012 à 14:02
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C'est bien la preuve, qu'un pays dont les particuliers retirent leur argent des banques, cela ruine les banques, donc conclusion les banquiers n'ont pas d'argent à part le notre, "le jour ou le peuple s?apercevra ce qu'est le système bancaire il y au...

à écrit le 20/02/2012 à 13:33
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Quand est-ce qu'un juge Grec aura le courage de signer un mandat d'arrêt contre la troïka?

à écrit le 20/02/2012 à 13:23
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Les créances privées détenues par les banques centrales et la BCE vont être "échangées" contre des obligations publiques. Cela va générer 15 milliards d'euros de plus values à la BCE et plusieurs dizaines de milliards pour les personnes publiques dé...

à écrit le 20/02/2012 à 13:22
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Les créances privées détenues par les banques centrales et la BCE vont être "échangées" contre des obligations publiques. Cela va générer 15 milliards d'euros de plus values à la BCE et plusieurs dizaines de milliards pour les personnes publiques dé...

à écrit le 20/02/2012 à 13:21
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Les créances privées détenues par les banques centrales et la BCE vont être "échangées" contre des obligations publiques. Cela va générer 15 milliards d'euros de plus values à la BCE et plusieurs dizaines de milliards pour les personnes publiques dé...

à écrit le 20/02/2012 à 13:12
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Marine avait raison, les politiques de droite, gauche, vert nous on tous mentis, et vont ruiner les Européens et en faire des esclaves pendant 100 ans, la Grèce n'est qu'un laboratoire pour souris prisonnières des expérimentations des financiers, ava...

à écrit le 20/02/2012 à 12:29
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Si on fait un petit calcul, il y a 10 millions de grecs et l'aide est de 130 milliards. En cas de problème en France il faudrait trouver 6.5 fois plus soit 845 milliards. Or par exemple excédent chinois est de 2 000 milliards. Aider la Grèce c'est tr...

à écrit le 20/02/2012 à 12:00
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C'est ahurissant. Il n'y en a pas un pour torpiller un tel plan ruineux pour nous. Et surtout pas Sarkozy qui ne veut pas que ça lui pète au nez avant la présidentielle. Lui qui prétend ne pas vouloir ruiner nos enfants fait tout pour les enfoncer en...

à écrit le 20/02/2012 à 11:28
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C'est ça la solidarité des banquiers et de l'UE : enfoncer davantage le pays dans la crise pour le rendre encore plus dépendant. Les grecs ne doivent pas avoir peur de faire défaut et de sortir de l'UE. Ils n'ont plus que ce choix-là s'ils veulent ré...

à écrit le 20/02/2012 à 10:31
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Un plan remis en cause chaque jour çà donne confiance. et marcher le couteau dans le dos çà risque de décourager les meilleures volonté européennes. Enfin le mode de gouvernement devient inquiétant sans référendum et diktat à la clé. En conclusion on...

à écrit le 20/02/2012 à 9:14
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Et dans six mois, on recommence. On n'en finit plus avec ce tonneau des danaïdes !

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