Sommet de Bruxelles : et si on parlait un peu croissance

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Les dirigeants européens veulent tenter de tourner la page de la crise de la dette lors d'un sommet jeudi et vendredi en parlant de croissance, alors que le renforcement de leur pare-feu anti-crise, pourtant exigé par le reste du monde, est remis à plus tard.

Les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept se retrouvent jeudi à partir de 18H00 à Bruxelles. Au menu des deux jours: la signature du nouveau pacte de discipline budgétaire, des discussions sur la croissance et la très probable nomination d'Herman Van Rompuy comme patron de la zone euro en plus de sa reconduction à la tête de l'Union européenne. "Ce sommet devrait comporter moins de dramatisation que les précédents (et cela) ne fera pas de mal", a affirmé mercredi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Les "perspectives" commencent à changer, at-il dit.

En revanche, le renforcement du pare-feu de la zone euro ne devrait être abordé qu'à la marge après que les 17 dirigeants de l'Union monétaire ont été contraints d'annuler un mini-sommet envisagé un temps vendredi. "Les Allemands ne sont pas prêts" à accepter dès à présent un renforcement du Fonds de secours de la zone euro pour les pays fragiles", a confié à l'AFP un responsable gouvernemental européen s'exprimant sous couvert d'anonymat.

L'Allemagne va-t-elle céder sur le pare-feu ?

La zone euro --à l'exception de l'Allemagne-- souhaite combiner la capacité de prêts du fonds de secours temporaire, le Fonds européen de stabilité financière (FESF), avec celle du futur mécanisme permanent, le MES (500 milliards d'euros en théorie). Objectif: obtenir une force de frappe d'environ 750 milliards d'euros, comme l'y poussent les Etats-Unis, le G20 et le Fonds monétaire international (FMI).

Pourtant, la chancelière Angela Merkel s'est dit prête à consentir une augmentation du mécanisme de sauvetage européen MES, rapporte ce jeudi le quotidien Süddeutsche Zeitung sur la foi de sources proches du gouvernement. Mais Berlin semble vouloir en rester pour le moment à 500 milliards en arguant de l'accalmie sur le front de la crise depuis fin 2011. La chancelière Angela Merkel a besoin de ménager son opinion publique et son propre parti, très réservé. Consciente de ces enjeux, la zone euro est prête à laisser du temps à l'Allemagne, premier contributeur aux mécanismes de soutien, mais a besoin d'un accord courant mars. Car de la décision sur le renforcement du pare-feu dépendent les efforts du FMI pour venir au secours de l'Union monétaire.

Le FMI doit statuer sur deux volets dans les semaines qui viennent: sa contribution au second plan d'aide à la Grèce (mi-mars) et l'augmentation de ses ressources pour aider ensuite la zone euro (mi-avril). Cette dernière opération doit se faire via une contribution des pays du G20. Mercredi, les chefs de la Commission européenne et de l'Eurogroupe, MM. Barroso et Juncker, se sont dits confiants sur le fait d'obtenir un fonds renforcé avec une capacité de prêts de 750 milliards d'euros. Une réunion de la zone euro, dont le format reste à déterminer, doit avoir lieu en mars sur le sujet.

Règles d'or

La crise de la dette n'en sera pas moins au menu des discussions jeudi et vendredi. Les ministres des Finances de la zone euro se réunissent jeudi à 14H00 pour faire le point sur les premières réformes demandées à la Grèce avant toute nouvelle aide et sur l'opération d'effacement de dette. L'Espagne pourrait aussi s'inviter dans le débat, alors que le pays doit faire face à un déficit public en 2011 bien supérieur à l'objectif initial.

En outre, le sommet européen sera marqué vendredi par la signature formelle du pacte de discipline budgétaire qui imposera notamment des règles d'or. L'annonce d'un référendum sur le sujet en Irlande n'est "pas de nature à stabiliser dans son ensemble la zone euro", a néanmoins estimé Jean-Claude Juncker lors d'une audition au Parlement européen, à Bruxelles. Dublin a dans le passé rejeté à deux reprises des traités européens (Nice en 2001 et Lisbonne en 2008), mais les conséquences ne devraient pas être aussi "dramatiques" qu'auparavant en cas de rejet, selon le patron de l'Eurogroupe.

Le pacte budgétaire pourra toutefois commencer à s'appliquer dès que douze Etats l'auront ratifié sur les 25 concernés (la Grande-Bretagne et la République tchèque ayant décliné) mais il sera nécessaire pour qu'un pays de la zone euro puisse obtenir des aides. Ce traité prévoit également qu'au moins deux sommets de la seule zone euro se tiennent par an, sous la houlette de l'actuel président de l'UE, Herman Van Rompuy. Sa nomination comme patron de la zone euro, ainsi que sa reconduction à la tête de l'UE, interviendront jeudi soir.

Parler croissance

Afin de donner à leurs opinions une autre perspective que la seule rigueur, les dirigeants européens vont également chercher des pistes pour relancer la croissance, thème principal de ce sommet sur le papier. Mais des dissensions se dessinent entre ceux misant sur des recettes très libérales, Grande-Bretagne en tête, et d'autres comme la France et l'Allemagne qui proposent d'accélerer aussi la convergence fiscale.

Sur le plan diplomatique, le sommet pourrait donner à la Serbie le statut convoité de candidat à l'adhésion à l'UE. Un accord semble en bonne voie mais bute encore sur le blocage de la Roumanie.

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Commentaires
a écrit le 01/03/2012 à 15:09 :
A passer tant de temps à créer l'enveloppe et remettre toujours à plus tard son service! Il est vrai qu'à 720 milliards, la cotisation à de quoi en faire plonger pas mal sans parler de dégradation et puis les allemands commencent à en avoir ras le bol de financer tous les cancres qui par ailleurs ne redressent pas la barre malgré les félicitations de façade de ces messieurs pour encourager les peuples à raquer encore un peu. leur gâteau est en jeu.
a écrit le 01/03/2012 à 12:52 :
Au sommet, il n'y a pas de crise.

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