Vers un troisième plan d'aide à la Grèce ?

Selon le magazine allemand "Der Spiegel", le rapport de la Troïka aurait été modifié, supprimant l'éventualité de l'impossibilité pour Athènes de revenir sur les marchés financiers en 2015. Les pays de financement du pays pourraient alors atteindre jusqu'à 50 milliards d'euros.
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La Grèce pourrait avoir besoin d'un troisième plan d'aide international de 50 milliards d'euros en 2015, affirme l'hebdomadaire allemand "Der Spiegel" paru dimanche.  La Troïka, représentant les créanciers du Portugal (UE, BCE et FMI), aurait écrit dans une version préliminaire de son dernier rapport qu'il n'est pas du tout certain que la Grèce puisse revenir sur les marchés de crédits en 2015. Ses besoins en financements externes sur la période 2015-2020 pourraient alors atteindre jusqu'à 50 milliards d'euros. Mais selon Der Spiegel, ce passagel aurait été retiré à la demande du gouvernement allemand.

L'hebdomadaire affirme par ailleurs que la BCE s'attend au déclenchement de la clause d'action collective (CAC) qui permettra à Athènes de forcer ses créanciers privés récalcitrants à prendre part à l'allègement de la dette grecque. C'est d'ailleurs probablement en anticipation de cette éventualité que la banque centrale a procédé à la mi février à l'échange auprès de la Grèce des obligations d'Etat qu'elle avait acquis dans le cadre de son programme de rachats de titres lancé en mai 2010 et destiné à stabiliser les marchés financiers et à faire en sorte que ses décisions de politique monétaire transmettent dans de bonnes conditions leurs effets à l'économie.

Déclenchement de la clause d'action collective

Cette clause d'action collective, introduite dans la loi sur l'opération d'échange d'obligations entre l'Etat grec et ses établissements créanciers, pourra être déclenchée si 66% au moins des banques participent à l'opération, mais si l'échange n'obtient un taux de participation suffisant. Elle obligera alors les créanciers récalcitrants à se joindre au programme d'échange de dette, faisant ainsi passer automatiquement le taux d'adhésion à 100%. De fait, l'échange qui devait rester volontaire - à l'appel notamment que Mario Draghi et de son prédécesseur Jean-Claude Trichet - devriendrait obligatoire.

Ce qui ne manquera pas de déclencher quelques questions du côté de détenteurs de titres de dette grecs. Vendredi 2 mars au soir, l'agence de notation Moody's a annoncé la dégradation de la note du pays de "Ca" à "C", sans assigner à celle-ci de nouvelle perspective. Une décision motivée par l'échange de titres qui devrait signifier pour les créanciers privés des pertes supérieurs à 70%. La veille, l'Association internationale des swaps et dérivés (ISDA), qui réunit les participants de marché, a réuni un comité spécifique pour décider du sort de la dette grecque et, plus particulier, pour déclarer si un événement de crédit avait eu lieu. Les quinze membres de ce comité avaient à l'uninamité répondu par la négative. Mais l'ISDA n'a pas dit son dernier mot.

Jusqu'alors, l'ISDA n'a répondu qu'à deux questions précises : l'échange réalisé par la BCE, revenant de fait à s'exonérer d'un échange obligatoire et à s'éviter une décote de 53,5% à laquelle les créanciers privés ne pourront échapper, constitue-t-il un événement de crédit ? Le passage dans la législation grecque de cette fameuse clause d'action collective, dans son principe, était-elle synonyme d'événement de crédit. Questions qui ont déclenché un non dans les deux cas.

Des CDS dont le règlement pourrait encore être décidé

Mais le point de savoir si cette fameuse CAC est effectivement déclenchée avec effet rétroactif pour les porteurs de titres émis avant son passage dans la législation grecque n'a pas encore été posé. Un événement de crédit, s'il était caractérisé, provoquerait le réglement des credit default swaps, ces contrats financiers de couverture contre le risque de défaut d'un émetteur de dette. L'exposition nette des participants de marché aux CDS étant évaluée à un peu plus de 3,2 milliards de dollars.

L'opération d'échange de dette à proprement parler aura lieu le 12 mars. Rappellant que "la décision de participer à l'échange repose exclusivement sur les investisseurs individuels", l'Institut de la Finance internationale, dont le conseil d'administration s'est réuni samedi à Zurich, indique "être fermement de l'avis qu'une réalisation réussie de l'échange contribuera significativement à faciliter le financement officiel de la Grèce et aider la Grèce à mener les réformes nécessaires pour poser les bases de son redémarrage économique".

"Ce sont des pas importants en avant pour résoudre la dette de la crise grecque, répondre aux problèmes généraux en matière de dette et de budgets dans la zone euro, et restaurer la stabilité financière", juge l'IIF dans un communiqué. L'opération d'échange permettra à la Grèce d'effacer 107 des 200 milliards d'euros de sa dette publique détenus par des créanciers privés. Cet effacement est une condition sine qua non pour le versement des 130 milliards d'aides publiques du deuxième plan de sauvetage entériné jeudi à Bruxelles.

 

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