En minimisant ses bénéfices, la Buba lance un avertissement à Merkel
Romaric Godin
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La Bundesbank a au moins le mérite de la clarté. Mais sa logique risque de ne pas plaire à tout le monde. Selon l'édition de ce mardi de la "Bild Zeitung", la banque centrale allemande présentera, en milieu de semaine prochaine, un bénéfice net pour 2011 inférieur au milliard d'euros. Selon l'agence allemande Dpa, il se situerait même à environ 700 millions d'euros. Il s'agit là d'un chiffre extrêmement faible non seulement au regard des 2,2 milliards d'euros de bénéfices enregistrés en 2010, mais aussi au regard des années antérieures. Il faut ainsi remonter à 2004 pour retrouver un bénéfice aussi bas.
Les inquiétudes de Jens Weidmann
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La cause de cette faiblesse ? La prudence. On sait que le président de la Buba, Jens Weidmann, est très critique vis-à-vis de la gestion de la crise de la dette par la BCE. Voici une semaine, il avait envoyé une lettre à Mario Draghi, son homologue européen, rendue publique par la presse allemande dans laquelle il s'inquiétait des déséquilibres internes à la zone euro. Reprenant les inquiétudes formulées depuis plusieurs mois par des économistes allemands, il avait pointé du doigt les créances que la Buba développe vis-à-vis du système Target, le système de compensation entre banques centrales de l'Eurosystème. La Buba est créditrice de 498 milliards d'euros vis-à-vis de ce système, alors que la grande majorité des autres banques centrales sont débitrices. Jens Weidmann avait rappelé les risques de cette situation puisque ces créances sont couvertes par des collatéraux parfois de qualité médiocre. Le successeur d'Axel Weber, jadis réputé plus modéré, n'avait également, au cours des mois précédents cessé de critiquer les rachats d'obligations d'Etat de la BCE comme une forme de « renflouement » des Etats, interdit par les traités, et en raison du risque inflationniste qu'ils faisaient naître. Du coup, la Buba a pris ses précautions et a fortement renforcé ses provisions pour risques en raison de la situation de la zone euro, réduisant ainsi son bénéfice redistribuable à l'Etat fédéral à la portion congrue.
Romaric Godin
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