Italie : le casse-tête de la réforme du marché du travail

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Les négociations autour de la réforme du marché du travail qui avaient lieu mardi ont été finalement ajournées à jeudi. Si le principal syndicat italien, la CGIL, s'oppose d'ores et déjà à la réforme proposée, Mario Monti, satisfait d'un "accord de principe" de la part de la majorité des partenaires sociaux, a indiqué qu'il n'y aurait pas d'accord consensuel à proposer au parlement.

Des négociations entre le gouvernement italien de Mario Monti et les partenaires sociaux pour réformer le marché du travail ont été ajournées à jeudi après un début d'accord sur un texte duquel s'est toutefois désolidarisé le principal syndicat italien, la CGIL. Se disant satisfait d'avoir obtenu "un accord de principe" de la grande majorité des partenaires sociaux sur la réforme, Mario Monti a annoncé mardi soir que "la rencontre finale entre le gouvernement et les partenaires sociaux [aurait] lieu jeudi". Il a toutefois indiqué qu'il "n'y a pas et n'y aura pas" d'accord consensuel, gravé dans le marbre, entre les partenaires sociaux à proposer tel quel au parlement. Il reste "des points d'accord et de désaccord", qui seront mis au compte-rendu de la prochaine réunion prévue jeudi. Ensuite, le gouvernement mettra au point un texte législatif à soumettre au vote des parlementaires.

Contrats à durée indéterminée, contrats précaires plus coûteux et stages rémunérés

Le ministre du Travail Elsa Fornero a souligné les nouveautés contenues dans la réforme proposée par le gouvernement: le contrat à durée indéterminée doit devenir "dominant" et les contrats à terme seront "bannis" au-delà de 36 mois, les contrats précaires seront rendus plus coûteux et les stages devront être rémunérés. Mario Monti a souhaité que la réforme "puisse contribuer à donner des perspectives de développement à l'économie italienne à l'avantage des jeunes" et que l'on "progresse vers un marché du travail moins segmenté" entre les "privilégiés" titulaires d'un poste fixe et les "précaires" dépourvus parfois totalement d'une couverture sociale.

En revanche, il n'a pas été possible à Mario Monti d'obtenir un consensus pour réviser l'article 18 du statut des travailleurs sur les licenciements que la CGIL, premier syndicat italien avec 5 millions d'adhérents, a refusé catégoriquement de modifier dans le sens proposé par le gouvernement. "Tous les partenaires sociaux acceptent la nouvelle formulation de l'article 18, sauf la CGIL", a dû admettre Mario Monti.

"Flexibilité positive" du CDI

Elsa Fornero a souligné que la proposition du gouvernement ne visait pas "à démanteler la tutelle (du travailleur) mais à assouplir le contrat à durée indéterminée" en insufflant "une flexibilité positive". La formule proposée prévoit une obligation de réintégration du salarié uniquement en cas de licenciement discriminatoire (par exemple d'une femme enceinte). Dans le cas d'un licenciement disciplinaire (pour faute), c'est un juge qui devra décider entre la réintégration (si l'employeur est débouté) ou une indemnisation pour un maximum de 27 mensualités. Pour un licenciement économique, seule est prévue une indemnisation d'un minimum de 15 mois à un maximum de 27 mois de salaire.

La dirigeante de la CGIL Susanna Camusso a dénoncé une proposition "totalement déséquilibrée" en faveur de l'employeur et affirmé que son organisation "fera tout pour s'y opposer". Les autres leaders syndicaux se sont montrés prêts à discuter des propositions du gouvernement "afin de les améliorer".

Dès son arrivée au pouvoir à la mi-novembre, Mario Monti avait annoncé vouloir réformer en profondeur le système actuel pour aller vers un modèle de "flexi-sécurité" à la danoise pour relancer l'emploi et la croissance. Les négociations entre gouvernement et partenaires sociaux en cours depuis deux mois s'étaient accélérées ces dernières 24 heures avec une série de rencontres informelles suivies du sommet avec Mario Monti qui n'a pas réussi à vaincre les réticences de la CGIL.

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Commentaires
a écrit le 22/03/2012 à 5:00 :
Que le consommateur Italien commence par acheter du "Made in Italy" à la place du "Made in China" ou du "Made in Germany" et la situation économique s'améliorera d'elle même. Un peu de chauvinisme à l'allemande pourait résoudre pas mal de problèmes de nos amis transalpins.

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