La présidentielle française s'invite dans la campagne irlandaise

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Eamon Gimore, vice-premier ministre irlandais. Copyright AFP
Eamon Gimore, vice-premier ministre irlandais. Copyright AFP
La proposition de renégociation du traité budgétaire par François Hollande inquiète les partisans du "oui" au référendum irlandais du 31 mai sur le sujet.

La pression monte sur les électeurs irlandais. Le Tanaiste, autrement dit le vice-premier ministre de la république verte, Eanon Gilmore, a rappelé vendredi matin dans une interview radiophonique que le pays « risquait de ne plus avoir accès aux fonds européens » en cas de rejet du traité budgétaire européen lors du référendum prévu le 31 mai prochain. La veille au soir, le président de la banque centrale irlandaise, Patrick Honohan, avait déclaré jeudi soir qu?un « vote positif serait la voie la plus sûre pour l?Irlande. »

Pas de menaces sur le dispositif actuel

Dans le dispositif européen, seul un pays ayant ratifié le traité budgétaire pourra, à partir de mai 2013, faire appel aux fonds du Mécanisme européen de Stabilité (MES), l?institution qui remplacera le 1er juillet prochain le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Mais le versement des sommes promises par le FESF dans le cadre de l?aide à l?Irlande décidée fin 2010 n?est pas concerné par cette condition.

Le "non" porté par Hollande ?

Jeudi, le ministre des Transports, Leo Varadkar, avait prévenu qu?un vote négatif signifierait pour l?Irlande « une austérité plus profonde et plus brutal et aucune chance de voir prendre place une relance de l?économie. » En réalité, ces déclarations tendraient à prouver que le « non » pourrait reprendre un peu du terrain qu?il a perdu au cours de ces derniers mois. Une des raisons de ce retournement pourrait être les actuelles discussions autour d?une renégociation voulue par le candidat socialiste à la présidence française François Hollande. Cette proposition place le Labour irlandais de Eanon Gilmore, très favorable au « oui » en tant que membre de la coalition gouvernementale dans l?embarras. A l?inverse, le Sinn Féin, le parti de la gauche nationaliste irlandaise, qui mène la campagne pour le « non » s?en réjouit. Mercredi, un député de ce parti, Padraig MacLochlainn, a déclaré que l?Irlande devait « se joindre à la vague de la révolution contre le traité qui monte en Europe. »

Pas de report

De son côté, le Taoiseach, le premier ministre, Enda Kenny, a tenté de contourner la difficulté. Mercredi, il a affirmé que, malgré le risque de renégociation, il n?envisageait « absolument pas » de reporter le referendum du 31 mai. Selon lui, l?ajout d?un « volet de croissance » ne nécessitera pas de second vote. Il tente ainsi de séduire ceux qui rejettent la politique d?austérité. En votant « oui », ils pourraient aussi voter pour l?éventuel volet de croissance. Mais l?argument est assez fragile. Il a lui-même reconnu que l?on ne pouvait pas juger à présent de l?issue des futures discussions franco-allemandes.

La troïka satisfaite... ou presque

En attendant, la troïka formée par le FMI, la BCE et la Commission a rendu public ce vendredi son rapport autorisant le versement de la prochaine tranche de l?aide à l?Irlande par le FESF. Les trois institutions soulignent les bons points : redressement de la confiance des marchés, objectif de déficit atteints avec « une marge confortable », réforme du marché de l?emploi et du secteur de la santé? Mais il note aussi qu?il demeure des « défis considérables », notamment la faible croissance économique prévue à 0,5 % en 2012, la baisse de la demande intérieure que ne compense pas les gains de productivité et surtout les faiblesses du secteur financier. Autrement dit, l?Irlande n?est pas encore tirée d?affaire. Ce dont, du reste, nul ne doute à Dublin. Mais le chemin pour sortir de la crise n?est pas encore défini. On y verra plus clair après le 6 et le 31 mai. Ces déclarations suggéreraient que le « non » pourrait commencer à regagner du terrain après une longue décrue dans l?opinion. Un des éléments qui est susceptible de porter les opposants au traité est l?exigence

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Commentaires
a écrit le 04/05/2012 à 16:00 :
2005 : refus du Traité (anti)-constitutionnel européen par référendum par les électeurs français.
2008 : ratification du même Traité (anti)-constitutionnel européen, à peine retouché, et désormais baptisé Traité de Lisbonne (scandaleux article 123, ruinant tous les pays à petit feu), par le Congrès français (Assemblée nationale + Sénat) réuni à Versailles.
Moralité : Votez, votez, Peuple français ! Tout ce que vous direz sera susceptible ne jamais être pris en compte ni respecté.

2012 : adoption le 21 février 2012 à l'Assemblée nationale, dans l'indifférence générale totale des médias français, par 45% des 577 députés français du traité établissant le "Mécanisme européen de stabilité" ("MES", la fameuse "règle d'or").
Croyez-vous que les classe politique se serait aventurée à soumettre ce texte, de même portée que le TCE de 2005, à référendum ?

2012: Peuple irlandais, vous qui avez la chance de vivre dans un pays où la parole du Peuple semble plus compter que celle de ses représentants (ce qui me semble être normal, en "démocratie"), ne vous laissez pas manipuler par tous les annonciateurs de catastrophes en tous genres. Souvenez-vous que rien de fâcheux n'est arrivé ni à la France ni aux Pays-Bas au seul motif d'avoir dit "non" au TCE en 2005 (et pour cause, on s'est assis sur leur refus...).

En gros, plus la classe politico-médiatico-financière (car c'est bien malheureusement de cela que l'on parle, cf. par exemple les agissements du club "Le Siècle" en France) vous dira de voter "oui", plus ce sera la signe que l'intérêt général est de voter "non".
a écrit le 28/04/2012 à 20:05 :
je rêve de voir en marge de chaque article concernant un pays les principaux indicateurs chiffrés : PIB, dette publique, dette privée, refinancement de la BCE et engagements des banques du pays vis à vis de la BCE et de target, taux de chômage apparent, taux de chomage réel, population, budget, déficit budgétaire, déficit budg en % du PIB, taux de croissance du PIB, inflation.
a écrit le 28/04/2012 à 20:01 :
http://www.oecd.org/dataoecd/50/50/48868865.pdf
a écrit le 28/04/2012 à 19:52 :
Il n'est même pas encore élu que Flamby met déjà le foutoir en Europe... Pauvre de nous à la prochaine crise.
a écrit le 28/04/2012 à 14:21 :
Peut être que les irlandais pourraient revoir leur pourcentage de taxation aux entreprises (12 % ) pour continuer à percevoir des aides de l'Europe. Ils doivent eux aussi faire des concessions.

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