Zone euro : la Grèce et la France veulent changer l'austérité

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L'instabilité politique de la Grèce va obliger à nouveau les leaders européens à se montrer inventifs. Un défaut sur la dette de la république hellénique ruinerait tous les efforts de la gestion "Merkozy". Mais la volonté de François Hollande d'inclure un volet "croissance" tombe à point nommé pour Bruxelles et Berlin afin de donner un deuxième souffle à la politique d'assainissement des finances publiques dans la zone euro. Mais jusqu'à quand?

Les résultats des élections dimanche en Grèce (législatives) et en France (présidentielle) sont de nature à modifier durablement la gestion de la crise dans la zone euro, ce qui était déjà induit par la fin de « Merkozy ». Ainsi pour la Grèce, la nouvelle composition du parlement grec où les représentants de dix formations vont se côtoyer - depuis les néonazis de l'Aube dorée aux marxistes-léninistes du KKE en passant par un Pasok qui a perdu deux tiers de ses sièges ! - rend de plus en plus improbable la possibilité d'établir un gouvernement stable susceptible de poursuivre l'austérité imposée par Bruxelles sous l'?il sourcilleux de Berlin.

Echec des partis de gouvernement

Les deux partis - Pasok (socialiste) et Nouvelle Démocratie (conservateur) - qui ont accepté les conditions drastiques liées à l'aide de l'Europe et du Fonds monétaire international (FMI) n'obtiennent pas la majorité. Ils totalisent respectivement 41 et 108 sièges, soit ensemble seulement 149 des 300 sièges que compte le parlement. Du reste, il n'est même pas sûr qu'ils souhaitent gouverner ensemble !

Ce que les Grecs ont rejeté, c'est le régime de rigueur drastique qui leur a été imposé. Ce ne sont pas tant les réformes qu'ils ont repoussées que la méthode qui aboutit à les appauvrir et à les plonger dans une grave dépression sociale. Certains leaders souhaiteraient donc une modification du calendrier des objectifs de déficit public. Ils ne sont pas seuls sur cette longueur d'onde. Mariano Rajoy, le Premier ministre espagnol, qui veut économiser 27 milliards d'euros d'argent public, souhaite aussi desserrer l'étau budgétaire imposé par Bruxelles.

Vers de nouvelles élections

En Grèce, on verra dans les prochains jours si les différentes tentatives de coalition aboutissent à une solution. Si tel n'est pas le cas, la dernière option sera de revenir devant les électeurs. Mais qui dit que cela ne conduirait pas à une situation encore pire? Détail piquant, la troïka des experts du FMI de la BCE et de la Commission débarquent à Athènes ce mardi pour leur traditionnelle mission trimestrielle consistant à vérifier que les mesures d'assainissement des finances publiques sont bien appliquées avant de donner leur feu vert à une nouvelle tranche d'aide. Cette fois-ci, ils risquent de conclure que la situation vire au scénario noire, et que, décidément, rien n'est possible en Grèce.

Dans le cas où Bruxelles et le FMI suspendraient leur aide, la Grèce fera défaut rapidement sur sa dette, et les investisseurs privés et les Etats qui ont aidé la Grèce perdront leur argent. Les « efforts » de « Merkozy » auront abouti à ce que plusieurs milliards d'euros d'aide publique partent en fumée. Les contribuables.  européens apprécieront.

Discuter de ce qu'il faut mettre derrière les mots

La balle pourrait alors se retrouver dans le camp de « Merkollande ». Dans ces conditions, le mémorandum sur la croissance que le candidat socialiste a concocté  tomberait à point nommé pour être intégré au nouveau pacte budgétaire ou pour être accepté "en parallèle". Angela Merkel et José Manuel Barroso ont d'ailleurs abondé dans ce sens. Ils sont ouverts au principe, reste à s'accorder sur ce qu'il faut mettre derrière les mots.

Les suggestions de François Hollande devraient donc être rapidement discutées : travaux d'infrastructures, eurobonds, recours aux fonds structurels, assouplissement de la politique de la Banque centrale européenne (BCE)...  On verra ce qui sera finalement retenu, le tout étant de transformer le chemin de croix de l'austérité en course de fond à un rythme plus soutenable. L'objectif restant le même : revenir à 3% du PIB pour le déficit public, et renouer avec la compétitivité. Voire assouplir les calendrier des amelioration des finances publics des états membres ce que l'Espagne demande implictement depuis quelques jours.

 

Le succès des partis anti-euro

Mais il n'est pas sûr que cela suffise. La mise en oeuvre d'une telle décision nécessite un certain temps. Et la crise européenne a montré que le temps des politiques n'est pas le même que celui des marchés ou des peuples. Au fil des élections, les partis ouvertement anti-euro connaissent un succès croissant. C'est le cas de la Grèce aujourd'hui.

C'est, paradoxalement, un des résultats positifs des scrutins de dimanche : la zone euro semble condamnée à repenser son approche de la crise. Ainsi accroître l'austérité n'a pas eu l'effet escompté puisque même des pays comme les Pays-Bas et l'Autriche sont aujourd'hui en difficulté. Mais le mode d'emploi est encore loin d'être rédigé.

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a écrit le 08/05/2012 à 22:00 :
Que les Grecs s'en aillent et vite cette fois, cela commence à bien faire ! Plus un sou pour la Grèce !
Réponse de le 09/05/2012 à 12:01 :
Raisonnement rapide sans analyse !
Réponse de le 09/05/2012 à 14:37 :
C'est du bon sens. Pour l'analyse, voir ci dessous le 08/05 à 17h18
Réponse de le 09/05/2012 à 14:38 :
C'est du bon sens. Pour l'analyse, voir ci dessous 08/05 17h18
a écrit le 08/05/2012 à 20:05 :
Dans quelques mois des milliers et des milliers de personnes descendront dans les rues un peu partout en Europe car l'étendue du désastre est considérable. Du jamais vu. Partout le chômage explose et la misère fait des ravages. "Quand des millions de personnes se rendront compte que l'on ne peut plus vivre comme par le passé, la Révolution sera logique et inévitable" suivant un bouquin idéaliste "les corps indécents" INEVITABLE et cela sous toutes les latitudes. Des moments difficiles sont à prévoir partout en Europe et particulièrement en France.
Réponse de le 09/05/2012 à 10:49 :
Si l'Europe continue dans cette politique de "rigueur"...nous n'obtiendont que les extremes de droite ou de gauche....quel est l'interet des marchés de pousser les pays à la ruine et à la "guerre civile" ? Ces mêmes marchés ont largement gagné leur vie quend la dette ne génait personne !!!!
a écrit le 08/05/2012 à 17:18 :
Les Grecs commencent à nous fatiguer: ils ont vécu pendant des années aux frais des autres européens, ils ont fraudé à grande échelle et trafiqué leurs comptes sans vergogne, on leur a fait cadeau de la majeure partie de leur dette, ils continuent de recevoir toutes sortes d'aides et ils sont incapables de respecter leurs engagements successifs. Il faudrait arrêter de les voir comme des victimes. Une solution serait d'abandonner le restant de ce qu'ils doivent en échange de leur sortie.
Réponse de le 08/05/2012 à 17:54 :
Ce ne sont pas les Grecs qui fatiguent l'Europe, c'est l'Europe qui a essoré les Grecs. L'UE, la BCE et le FMI ont réclamé des sacrifices inouïs au peuple grec depuis deux ans et demi, en lui promettant le retour à la croissance dès 2012, et ça n'a pas fonctionné. Car l'objectif n'était pas d'aider les Grecs, mais les banques. Ce que nos dirigeants cherchent à sauver, ce ne sont pas les Grecs, c'est leur monnaie foireuse, l'Euro, dont ils voient que c'était une erreur, mais ne veulent pas l'admettre. Ils s'entêtent donc : plutôt sacrifier leurs peuples que leur idéologie. C'est assez fréquent en Europe...
Réponse de le 08/05/2012 à 18:49 :
Lorsqu'on emprunte, il faut rembourser, c'est la règle. Personne n'a forcé les gouvernements grecs de l'époque d'emprunter. Pour obtenir des prêts, il ont falsifié leurs comptes afin de faire croire aux prêteurs que le pays était solvable, pendant que la fraude fiscale continuait à grande échelle dans le pays. Et ils n'ont pas pu honorer leurs dettes. Maintenant qu'on leur a fait d'énormes cadeaux en abandonnant beaucoup de créances, cela ne suffit toujours pas.
Alors il ne faut pas inverser les rôles: le dindon de la farce, c'est celui qui a prêté et qui ne revoit pas son argent. Et non celui qui l'a berné.
Réponse de le 08/05/2012 à 19:25 :
Oui mais voila le seul et gros hic qu'il ya,c'est que la france et les autres pays européens le savaient que les grecs mentaient,mais ils ont accepté et ceci est bien la preuve que les politiques voulaient coûtent que coûtent faire l'europe pour que eux s'enrichissent,ils on vendu la france au mondialisme entre autre.
Réponse de le 08/05/2012 à 19:49 :
Pouvez vous me dire qui s'est enrichi en dehors des Grecs qui ont encaissé les aides et les prêts ? Les banques qui laissent des plumes ? l'UE ? Le FMI ? En tous cas, sûrement pas ceux qui ont prêté aux Grecs.
Cela paraît paradoxal car il est vrai que la Grèce est dans un triste état aujourd'hui et que ses habitants souffrent beaucoup, mais ce n'est pas difficile à comprendre lorsqu'on a lu les fables de La Fontaine: ce n'est qu'une nouvelle illustration de "La cigale et la fourmi"
a écrit le 08/05/2012 à 15:48 :
Que les peuples européens se soulèvent face au désastre de l'économie de la dette et du laxisme des pouvoirs publics. En France on parle bien de gabegie non? Ce qu'il faudrait c'est que les salariés taillables et corvéables à merci disent non à ce système.
a écrit le 08/05/2012 à 12:34 :
bien dit fatalitas
si on dépense encore plus sans réduire la dette et avec un commerce extérieur négatif, on va au fond du gouffre. Et comme François 2 le petit n'a pas le courage de toucher à la dépense publique, son fond de commerce, alors qu'on peut faire très facilement - 40% tout en apportant plus de services, il se réfugie vers la gréce en solidarité de méthodes d'absence de gestion !!! très courageux. il anticipe qu'on va très vite vers leur situation, mais le miracle de la suppression de la dette n'existe pas, l faut rembourser, et plus on rembourse vite, plus on s'en sort bien comme la suéde et les autres
a écrit le 08/05/2012 à 12:06 :
La gauche et la droite nous aurons ménés ,sinon à une guerre, à un marasme en france et toute l'europe d'ailleur,tous ses politiques corrompus se seront fait des salaires mirobolants ainsi que d'autre avantages,la plupart n'ont pas été élu par les peuples,mais se sont autoproclamés entre eux,eux velent que l'europe continue,mais nous NON,il faut faire un référendum pour ou quitter l'europe,de toute façon cette histoire si elle continue dans se sens finira trés mal,c'est une question de temps,c'est mathématique.
a écrit le 08/05/2012 à 10:40 :
Ce n'est pas l'austérité ou quoi que ce soit d'autre qu'il faut changer.
C'est le système dans lequel homo crétinus se complait depuis des décennies et qui est en phase terminale qu'il faut changer.
Il est plus que temps pour l'homme de monter d'un cran dans l'échelle de l'évolution et d'arrêter de confondre ses neurones avec les puces des cartes de crédit.
Réponse de le 08/05/2012 à 13:51 :
bien, bien bien... et ???
a écrit le 08/05/2012 à 9:36 :
Messieurs les journalistes vous semblez ne pas comprendre la différence d'interprétation du mot "croissance" entre les socialistes et la BCE et l'Allemagne : M Draghi songe avant tout a restaurer la compétivité des pays d'europe du Nord, quand à F Hollande il s'en désinteresse totalement . Draghi pense modération salariale, dérégulation, concurrence, libération des marchés, politique de l'offre, renfordement de l'appareil productif.....autant de mots que F Hollande ne veut pas entendre prononcer....nous verrons bien qui aura raison dans le futur.....
Réponse de le 08/05/2012 à 10:32 :
Je confirme les propos ci dessus !
Draghi parle : Réforme du marché du travail ! Baisse des dépenses sociales ! Et baisse des dépenses tout court !!!!!!!!
Idem pour Merkel !
Flamby parle de relance par l'emprunt et la consommation !!!!
BREF CECI EST UN DIALOGUE DE SOURD !!!!!!!!!

Pour info: Celui qui a et aura raison c'est celui qui paie !!!
Or pour le momment ce sont les allemands !!!!
Réponse de le 08/05/2012 à 12:37 :
tu perds ton temps titou, les médias sont de gauche et nous manipulent par des propos insidieux pour faciliter la tâche à flamby, et comme disais coluche, rigole pas c'est ton pognon. tu payes des impôts pour subventionner la presse, qui te manipule pour aller plus vite au fond du gouffre et payer toujours plus d'impots pour ces non gestionnaires !
Réponse de le 08/05/2012 à 12:47 :
La baisse des dépenses dont parlent Draghi et Merkel, la Grèce, l'Espagne et le Portugal l'ont mise en oeuvre. Dans des proportions fortes. Est-ce que ça a résolu le problème comme prévu ? Non. Ca l'a stabilisé alors ? Non plus. Ne me dites pas que ça l'a aggravé ? Et bien si... Il en va des entreprises comme des états : quand on diminue les coûts aveuglément, on diminue les revenus, et on creuse les pertes. Dans les années 30, pendant que le gouvernement français taillait dans ses coûts jusqu'à épuisement des forces économiques du pays, le gouvernement US lançait les grands travaux. Qui donc est sorti le plus vite et le plus durablement de la crise ?
Réponse de le 08/05/2012 à 13:53 :
@Truk : et il y a peut-être aussi d'autres choses à copier sur les états-unis, question économie libérale, on fait pas mal là-bas !!!
a écrit le 08/05/2012 à 9:28 :
il faudrait en priorité supprimer les gaspillages par exemple pourquoi l'allemagne devrait accepter un nombre de deputés et senateurs double de l'allemagne ? pourquoi autant de priviléges à bruxelles etc etc
Réponse de le 08/05/2012 à 12:39 :
tout à fait d'accord, et en plus le sénat s'est afit une cagnotte de plus de 2 millairds en toute illégalité, pace que le régime commum ne leur parait pas suffisant !
et la cours des comptes ne peut pas les auditer, la porte est fermée !!
a écrit le 08/05/2012 à 8:56 :
Continuer une politique d'aides sans limite: aucun peuple européen n'a donné mandat à ses représentants sur cette question. Un referendum montrerait un massif Refus de poursuivre dans cette voie, et il convient tout de même de respecter la volonté des peuples. La grèce qui a déjà spolié les privés ne spoliera pas les fonds publics, il y va du futur de nos démocraties. Elle se trouve donc au pied du mur.
a écrit le 08/05/2012 à 8:01 :
Une fois de plus Marine Le Pen avait raison. Pour mémoire, c'est la Norvège qui possède le plus d'obligations souveraines grecques et ce sont l'Allemagne et la France qui sont les plus exposées au défaut. Ces deux derniers feront payer les autres pays ...
Réponse de le 08/05/2012 à 10:38 :
La Norvège se serait débarrassée de l'ensemble de ses obligation libellées en Euro. En effet, elle pense que ce denier va finir par s'effondrer pour de bon, et à juste titre !
a écrit le 07/05/2012 à 23:47 :
Les Grecs s'en sortiront, ils n'ont pas la cgt pour les couler.
Réponse de le 08/05/2012 à 8:47 :
Effectivement ils n'ont pas besoin d'aide particulière pour faire vivre une économie souterraine de près de 25% du PIB hellène, au vu et au su d'une classe politique hélas tout aussi corrompue que son homologue italienne. La CGT serait hélas un moindre mal!
a écrit le 07/05/2012 à 21:13 :
Dans les pays d'Europe désargentés, bye bye austerity peut-être mais au prix d'un welcome inflation.
a écrit le 07/05/2012 à 20:55 :
Avant on etait comme les allemands.. Maintenant comme les greques... C'est le premier effet hollande
a écrit le 07/05/2012 à 20:19 :
La Grèce rappelle immédiatement la réalité européenne au nouveau pouvoir français. Si les prêteurs n?ont pas déserté la France, la situation politique de la Grèce se dégrade et repose le dilemme : veut-on d?une Europe fédérale ou d?un retour aux nations pleinement souveraines ? La voie de l?entre-deux ne permet que la stagnation et l?enlisement. Cf. http://pamphletaire.blogspot.fr/search/label/Gr%C3%A8ce
a écrit le 07/05/2012 à 18:56 :
Mais pourquoi n'oblige-t-on pas la GRECE à imposer les armateurs et l'Eglise ????
Réponse de le 08/05/2012 à 10:34 :
Pour la meme raison que l'on obligera pas la France à modifier le statut des fonctionnaires !!!!!!!
C'est une exception nationale !
C'est tellement ancré dans les habitudes et le souhait des personnes que ce type de réformen entraine une mini révolution !
Donc a terme une explosion de l'europe ce que ne veulent pas les technocrates de bruxelles

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