Pourquoi Schaüble veut la présidence de l'Eurogroupe

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Cette instance, pour l'instant informelle, qui réunit les ministres des finances de la zone euro va gagner en importance avec l'adoption du pacte fiscal et la création du mécanisme de soutien permanent (MES). Ce qui explique la candidature de Wolfgang Schaüble, le ministre des Finances allemand, pour en prendre la tête.

Les questions de personne sont tout sauf secondaires. Celle de la succession de Jean-Claude Juncker à la présidence du groupe des ministres des finances de la zone euro, à laquelle est candidat l'Allemand Wolfgang Schäuble, moins qu'aucune autre, car l'Eurogroupe est appelé à gagner en importance au fur et à mesure que les gouvernements de la zone euro voient leur sort respectif de plus en plus lié les uns aux autres.

Tout ou presque est en place pour que le successeur du Luxembourgeois soit un quasi-ministre des finances de l'eurozone, à la fois grand ordonnateur de l'ordre du jour politique et financier des rencontres entre ministres et entre chefs d'Etat et de gouvernement. C'est en effet d'abord l'Eurogroupe qui, en vertu du pacte fiscal en cours de ratification, préparera les sommets entre chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro. Il y participe d'ailleurs, ce que Jean-Claude Juncker faisait jusqu'à présent... mais en tant que Premier ministre luxembourgeois.

Un drôle d'animal institutionnel

C'est ensuite le président de l'Eurogroupe qui pourrait aussi présider le conseil des gouverneurs du Mécanisme européen de stabilité, le nouveau fond de sauvetage européen qui verra le jour le 1er juillet.  Le traité créant le MES laisse habilement le choix aux « gouverneurs », autrement dit les grands argentiers des Dix-Sept, entre n'avoir qu'un seul chef lorsqu'ils siègent en Eurogroupe ou en conseil du MES, ou bien d'en avoir deux.

La réunion des ministres des Dix-Sept reste pour l'instant un drôle d'animal institutionnel, une instance « informelle », insistent les traités, conçue pour organiser cette coordination des politiques économiques qui a jusqu'à présent largement échoué. Elle n'est officiellement pas tenue de répondre devant le parlement, même si Juncker se prêtait de temps en temps au jeu du dialogue avec les députés. Sous sa présidence, elle a développé une culture du secret. A part la traditionnelle conférence de presse finale assurée par le président Juncker, la communication est minimale. Son service de presse n'est autre que celui du Premier ministre luxembourgeois, véritable bastion que les apôtres de la communication n'ont visiblement pas encore converti. Les communiqués du groupe sont plus que brefs.

Un véritable minsitre des Finances européen?

Au reste cette « non-institution » ne prend pas de décisions. Elle ne fait que des « déclarations ». Des déclarations il est vrai parfois importantes comme par exemple pour confirmer l'accord sur la création d'un fonds de stabilité européen en 2010, ou signaler la conclusion de négociation sur un mémorandum en Grèce ou ailleurs. Même pour la nomination d'un membre du conseil de la Banque centrale européenne, sujet par définition propre à l'eurozone, le conseil Ecofin est seul habilité à prendre la décision.

Pour l'instant, l'Allemand Wolfgang Schaüble est candidat et ne se connaît pour l'instant pas vraiment de concurrent. Il n'y a guère aujourd'hui que l'opposition sociale-démocrate allemande pour exprimer publiquement des réserves. S'il prend la tête de l'Eurogroupe, le ministre, poids lourd de la coalition d'Angela Merkel, devrait quitter son poste au gouvernement allemand, a indiqué un responsable du SPD au quotidien Handelsblatt. Or, si Wolfgang Schaüble se dédiait effectivement uniquement à sa nouvelle mission, il ressemblerait encore plus au ministre des finances européen dont l'ancien président de la BCE Jean-Claude Trichet appelait la nomination de ses v?ux. Mais alors, il deviendrait urgent de le sortir de la quasi-clandestinité dans laquelle Jean-Claude Juncker avait réussi à le confiner.

 

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Commentaires
a écrit le 15/05/2012 à 12:49 :
Depuis Barbarossa jusqu'à Adolf, chaque fois que les Teutons ont eu le pouvoir c'était la catastrophe. Alors pourquoi Schaüble ferait-il mieux que ses ancêtres?
a écrit le 15/05/2012 à 10:45 :
C'est ça qu'on vire Junker, celui là est dangereux je préfère Schauble plus concret plus réaliste a priori, il va sortir les grecs c'est sûr, pas comme le luxembourgeois acharné à maintenir ceux là dans l'euro. Et puis dans la foulée, ouste, les grecs hors de l'UE. Je vote Schauble bien plus malin que Merkel.
a écrit le 14/05/2012 à 23:55 :
"Sous sa présidence, elle a développé une culture du secret." ----------> Et bah ça commence sacrement bien cette histoire ! Et petite question... puisque c'est lui qui va décider des coupes budgétaires de chaque pays, et ne prendra l'avis de personne, et sachant qu'aucune instance n'existe pour contrôler ce qu'il décidera... Et qu'il ne sera l'élu d'aucun peuple, ni lui ni son action. Pourrons nous sérieusement nous considérer toujours en démocratie ? (Bien que sur cette question j ai déjà des doutes... là c'est quand même gratiné)
a écrit le 14/05/2012 à 22:36 :
Schäuble est le plus competent sur le plan economique en europe, il ferait donc un tres bon president et menerait la barque europeenne a bon port. Il s'occuperait des mauvais eleves et les sanctions seraient appliquees en cas le deficites abusifs de certains pays..
Réponse de le 21/05/2012 à 8:49 :

100% d'accord

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