Une majorité pro-mémorandum possible en Grèce

Un sondage donne la Nouvelle Démocratie devant Syriza. Devant la peur de l'inconnu, les Grecs pourraient choisir le réalisme à la colère.

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Les pressions internationales finiront-elles par arracher à la Grèce le résultat que les chancelleries européennes ne cessent de désirer ? Alors que plusieurs responsables européens ont commencé à évoquer le scénario de la sortie du pays de la zone euro et que les scénarios les plus catastrophistes ont recommencé à circuler, la cote des partis favorables au protocole d'accord avec l'Union européenne s'est brusquement redressée.

La ND devant

Le dernier sondage publié par l'institut Marc pour la chaîne de télévision Alpha attribue ainsi à la Nouvelle Démocratie (ND) 23,1 % des intentions de vote pour la prochaine élection du 17 juin. Le parti conservateur d'Antoni Samaras, donné la semaine dernière à 16-17 % des voix après ses 18,6 % du 6 mai dernier, pourrait ainsi doubler l'alliance de la gauche radicale Syriza qui glanerait 21 % des voix, soit une hausse de plus de 4 points par rapport au 6 mai. La première place est d'une importance cruciale. Le parti arrivé en tête bénéficie en effet de 50 sièges de « bonus ». Si Syriza double la ND, il ne sera pas possible de constituer un gouvernement pro-mémorandum.


Echec des petits partis


Dans le scénario décrit par Marc, les Sociaux-démocrates du Pasok se maintiendraient à 14 % (contre 13 % le 6 mai dernier). En termes de sièges, une coalition Pasok-ND obtiendrait alors 164 sièges, soit une majorité de 13 sièges à la Vouli, le parlement monocaméral hellénique. Les grands perdants de ce « deuxième tour » seraient les petits partis qui reculeraient tous. Néanmoins, le nombre de partis présents à la Vouli resterait le même et le parti fascisant de « l'Aube Dorée », qui n'obtiendrait plus que 4,8 % des voix (6,9 % le 6 mai) resterait au parlement.

Duel Syriza-ND

Cette forte remontée de la Nouvelle Démocratie correspond sans doute à un réflexe lié à la peur de l'inconnu. La ruée sur les guichets des banques grecques ces derniers jours a montré qu'une sortie de la zone euro inquiétait fortement la population. Sans enthousiasme, le réalisme pourrait donc prendre le dessus et conduire à un vote de sauvegarde en faveur des partis traditionnels soutenus par les dirigeants européens. Mais il ne faut pas négliger l'attrait pour Syriza, qui apparaît désormais comme la formation capable de regrouper tous les opposants au mémorandum. Le durcissement du discours d'Alexis Tsipras, son leader, ces derniers jours, correspond à cette situation. S'il parvient encore à séduire des électeurs venant de formations comme la Gauche Démocratique ou le Parti Communiste, il pourrait à nouveau dépasser la ND.

Choix cornélien au pays de la tragédie

Dans ce cas, les menaces de l'Europe et les promesses d'apocalypse des banquiers n'auront servi de rien. De plus en plus, donc, le scrutin du 17 juin apparaît comme un duel entre Syriza et la ND, entre l'opposition à l'austérité porté par un jeune politicien et le choix du réalisme porté par un vieux routier de la politique grecque. Choix cornélien au pays de la tragédie.

 

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Commentaires 6
à écrit le 21/05/2012 à 16:04
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pour savoir si les grecs sont pour ou contre l'euro/l'aide de l'europe et les efforts demandés en contre-partie, sinon les grecss n'ont pas fini de nous jouer la comédie " on prend l'argent de l'europe , mais on ne veut pas de la dictature des financ...

à écrit le 19/05/2012 à 17:44
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Les Grecs seront appelés à revoter par L'Europe autant de fois qu'il le faudra pour qu'ils manifestent leur soutien enthousiaste à l'euro et aux mesures d'austérité qui leur sont imposées pour leur bien. Et tout dirigeant grec ou européen qui dira le...

à écrit le 19/05/2012 à 14:03
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Il me semble opportun de preciser a l'auteur de cet article que les "vieux routiers de la politique grecque" qu'ils soient du parti ND ou du PASOK, se sont partages le pouvoir depuis 38 annees consecutives en Grece, qu'ils ont erige un systeme politi...

à écrit le 19/05/2012 à 8:38
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Les grecs ont bien compris que la zone euro est prête à tout pour que ce pays n'abandonne pas l'euro. En conséquence ils vont pouvoir avoir le beurre et l'argent du beurre: arrêt ou report des réformes structurelles, étalement des remboursements, no...

à écrit le 18/05/2012 à 20:31
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Entre une baisse de leurs salaires et plus de salaire du tout, les Grecs choisissent la voix de la sagesse.

à écrit le 18/05/2012 à 19:57
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Si les sondages sont aussi faux (ou truqués) que chez nous....

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