L'état de grâce de Mario Monti est bien fini

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Mario Monti /Copyright aFP
Mario Monti /Copyright aFP (Crédits : AFP)
A l'intérieur des formations qui soutiennent le président du Conseil italien, de plus en plus de voix s'élèvent pour demander des élections anticipées. Le mandat de Mario Monti court jusqu'au printemps 2013, mais les projets de réformes ont de plus en plus de mal à être adoptés.

Au début de l'année, Mario Monti estimait qu'il faudrait des années pour réformer en profondeur le l'Italie. L'ennui pour l'ancien commissaire européen, c'est que son temps est compté. Arrivé au pouvoir dans l'urgence, fin novembre dernier, pour prendre la succession à la présidence du Conseil de Silvio Berlusconi, son mandat arrive en principe à expiration au printemps 2013 c'est-à-dire au terme normal de la Législature.

Mario Monti a plusieurs fois affirmé qu'il ne se présentera pas aux élections à l'issue de ce mandat extraordinaire, dicté par les circonstances et la nécessité de sauver la péninsule face à l'attaque des marchés. Mais même cette échéance du printemps prochain n'est plus garantie aujourd'hui.

Du Peuple de la Liberté aux Démocrates en passant par les centristes

Au sein des forces politiques qui forment une majorité hétéroclite et exceptionnelle en regroupant le parti du Peuple de la Liberté de Sivlio Berlusconi jusqu'aux Démocrates de Pier Luigi Bersani en passant par les centristes de Pieferdinand Casini, des voix se font entendre pour réclamer des législatives anticipées.

A commencer par celle du responsable des questions économiques du Parti démocrate (Pd), Stefano Fassina. "Dans le contexte actuel et avec ce parlement, Monti n'a pas la force de faire approuver d'autres réformes (après celle des retraites notamment adoptée en décembre dernier, ndlr)", a-t-il récemment estimé avec comme conclusion: "Nous devrions considérer la possibilité d'anticiper la loi budgétaire pour 2013 et retourner devant les électeurs à l'automne (...) En mars ou avril 2013, après une nouvelle récession et une ultérieure augmentation du chômage la situation politique et économique sera sûrement pire".

Critiques de la réforme du marché du travail

Au sein de l'aile gauche du Parti démocrate, qui digère mal la politique d'austérité du gouvernement et certaines mesures jugées anti-sociales comme la réforme du marché du travail, on juge notamment qu'il est préférable de retourner au plus vite devant les électeurs pour bénéficier de l'avance substantielle dans les sondages. Le Pd est en effet crédité de 25% des intentions de vote soit 7 points devant le parti de Silvio Berlusconi.

Les dernières élections municipales marquées en autres, il y a quinze jours, par le succès du mouvement protestataire « 5 étoiles » de l'humoriste Beppe grillo qui a remporté la mairie de Parme ont fait apparaître que le parti de centre-gauche était la seule formation traditionnelle à résister à la désaffection politique. Dans un climat marqué par les scandales à répétition, moins de 4% des Italiens déclarent faire confiance aux partis politiques, et, selon les derniers sondages, le camp des abstentionnistes et des indécis apparaît comme le plus consistant avec près de 48%.

Le pays ne peut pas se permettre de connaître l'instabilité politique

En réaction aux propos de son collaborateur Stefano Fassina, le secrétaire du Parti Démocrate Pierluigi Bersani a néanmoins réaffirmé son soutien à Mario Monti jusqu'à 2013, estimant que le pays ne pouvait aujourd'hui se permettre de connaître une instabilité politique. Il fait ainsi le pari que ce sens des responsabilités sera compris par les électeurs. A droite, Silvio Berlusconi a également fait savoir qu'il soutenait le président du Conseil. Néanmoins, comme le Pdl est en chute libre dans les sondages, certains de ses conseillers jugent qu'il est urgent de lâcher Mario Monti avant d'être complètement abandonné par les électeurs.

Faute d'alternative politique crédible, l'actuel locataire du Palais Chigi bénéficie toujours d'un taux de popularité de 41%. Mais tiraillé entre les différentes composantes de sa majorité, il lui est chaque jour plus difficile de faire adopter au Parlement ses projets de réformes.

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a écrit le 08/07/2012 à 16:49 :
La disparité des compétitivités à l'intérieur de l'Union Monétaire est surtout due à des facteurs naturels et immuables (taille du marché intérieur, position géographique, richesse naturelles et matières premières, taille du pays, etc, etc.)
S'il est vrai que la France et l'Allemagne pourraient arriver à une compétitivité comparable il n'en est pas de même pour d'autres pays de la zone Euro.
Des pays aussi peu industrialisés que le Portugal, la Grèce et autres ont donc peu de chance d'arriver à la même compétitivité que l'Allemagne ou la France (à moins de devenir des paradis fiscaux).
Leur demander d'augmenter leur compétitivité par le dumping social et par le dumping des salaires et illusoire. Des pays comme la Chine, l'Inde et autres pays asiatiques ne peuvent être égalés en ce qui concerne le dumping social.
Seule solution, les accords doivent être modifiés de façon à permettre aux pays ainsi désavantagés de développer et de protéger leur économie contre des économies plus fortes afin d'arriver au sein de l'Union Monétaire à une plus grande convergence des économies.
Il est aussi important d'arriver à un partage horizontal du travail pour éviter l'exil de jeunes hautement qualifiés du au chômage dans les pays périphériques.
Il faut tenir compte de la réalité, l'Allemagne (et la France) étant le pays économiquement le plus fort de la Zone Euro a pu profiter de l'endettement des autres pays pour développer son industrie aux dépens des autres économies de la Zone Euro.
Depuis 18 ans l'Allemagne a un excédent de la balance commerciale de 17 Milliards PAR MOIS en moyenne. Excédent réalisé principalement en Zone Euro et grâce à l'endettement d'autres pays importateurs de bien allemand (y compris l'armement pour la Grèce). Malheureusement les bénéfices ainsi réalisés par les grosses entreprises allemandes et aussi françaises ont très souvent été réinvesti en dehors de la Zone Euro, avec pour conséquence le chômage des jeunes dans les pays déficitaires.
Je ne pense pas que L'UE puisse survivre si l'Allemagne et la France n'acceptent pas de tenir compte de ces réalité et refusent de revoir les accords et de prendre les mesures qui s'imposent et qui permettrait de compenser ces disparités de compétitivité.
a écrit le 07/06/2012 à 12:32 :
ben voilà, bis repetita..après la grèce où la droite de la nouvelle démocratie a fait tomber le gouvernement papademos avec le dénouement que l'on connait actuellement et la mouise que ca a créé par répercussions ailleurs...on a la meme chose qui se profile en Italie; des politicards nuls, corompus, sans le moindre sens du devoir, calculateurs et magouilleurs., comploteurs et ne cherchant que leur interet personnel....et idem ailleurs en définitive.
a écrit le 07/06/2012 à 10:23 :
Le problème de l'Italie est simple: corruption (dans toutes ls sphères meme politique). Sans une grande réforme à ce sujet, l'Italie restera bloquée.... et sera toujours aux mains de cercles de décisions restreints (banques, mafia, partis etc..) qui ne voient pas l'interet collectif.
a écrit le 06/06/2012 à 19:02 :
L'Italie a grand besoin d'une mobilisation des citoyens afin d'y voir plus clair dans les comptes... quand la moitié rejettent le système, c'est une crise d'institutions. La question n'est-elle pas: la prospérité du peuple italien n'est-elle pas mise en danger par la clique politique?

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