Sommet européen : comment le couple italo-espagnol a emporté la mise

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Mario Monti, président du Conseil italien, s'exprime devant les journalistes après une nuit de tractations au Conseil européen /Copyright AFP
Mario Monti, président du Conseil italien, s'exprime devant les journalistes après une nuit de tractations au Conseil européen /Copyright AFP (Crédits : Reuters)
Mario Monti et Mariano Rajoy ont fini par obtenir des 17 États-membres qu'ils fournissent à l'Italie et à l'Espagne un bouclier contre les marchés et recapitalisent leurs banques. Une nuit de négociations qui a vu un François Hollande contraint de composer avec ce "coup de force".

« Chantage ? Je ne crois pas que ce soit le mot. Ce n'est pas la méthode de Mario Monti ni, pour autant que je sache, celle de Mariano Rajoy », commentait dans la nuit de jeudi à vendredi François Hollande en marge du sommet européen. La déclaration tenait presque de l'antiphrase. Le président français était venu à Bruxelles cette semaine engranger le fruit de ses efforts pour arracher un « pacte pour la croissance et l'emploi » à ses partenaires européens. Il s'en est fallu de peu qu'il fasse chou blanc.

Peu avant le début de la négociation, les Premiers ministres italien et espagnol ont pris en otage « son » pacte, disant qu'ils ne l'adopteraient pas sans engagement ferme sur des mesures de court terme visant à relâcher la pression des marchés sur leur dette. Herman van Rompuy qui avait imprudemment annoncé un accord sur le pacte de croissance en début de soirée, a du rétropédaler. « Deux pays tiennent à ce qu'il y ait un accord à la fois sur les mesures de court terme et de long terme », a expliqué le président du Conseil vers 22 heures. François Hollande qui a bien dû composer avec le coup de force de Monti et Rajoy s'est rallié à leur position. « Je les comprends », a-t-il dit, beau joueur, lors d'un point presse improvisé après neuf heures d'une rencontre qui devait en durer treize.

L'agacement de Herman Van Rompuy

La man?uvre a surpris tout le monde, exaspérant la chancelière allemande, qui a promis à son parlement de rentrer de Bruxelles avec le Pacte de croissance, gage de ratification par la France du traité fiscal et exigence des sociaux-démocrates. D'ordinaire si calme, Herman van Rompuy était franchement agacé, ont indiqué des sources proches des discussions. Mis au pied du mur, les dix-sept chefs d'Etat et de gouvernement ont dû entamer à une heure du matin la réunion dédiée à la crise de l'euro qu'ils avaient prévu pour le déjeuner de ce vendredi. Mario Monti s'est montré inflexible.

Le MES ne sera pas un créancier privilégié

Le calcul de Monti et Rajoy a payé. Peu avant cinq heures du matin, les Dix-Sept ont livré l'épure de leur plan pour l'Espagne et pour l'Italie. La première non seulement va bénéficier de prêt du fonds de soutien européen pour recapitaliser ses banques, ce qui était prévu, mais elle pourra à terme, probablement pas avant 2013, se défaire des dettes contractées auprès de ce fonds. La condition exigée par Berlin pour ce faire est la mise en place d'une supervision des banques de la zone euro centralisée auprès de la Banque centrale européenne (BCE). La Commission européenne doit faire des propositions « très rapidement » sur la base de l'article 127.6 qui offre cette possibilité. L'objectif est d'aboutir avant la fin de l'année. Par ailleurs, le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui reprendra et complètera les engagements pris par le Fonds de stabilité (FESF) renonce à son statut de créancier senior, une exigence de Madrid qui avait peur de voir fuir les investissements si le MES avait été créancier privilégié.

Mario Monti a de son côté obtenu de pouvoir faire intervenir le fonds de stabilité pour racheter la dette de la Péninsule sans avoir à remplir de conditions autres que celles auxquelles se plie déjà le pays en tant que membre de la zone euro. « Le processus a été dur, le résultat a été bon », a dit Mario Monti en quittant le Conseil à l'aube.

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Commentaires
a écrit le 29/06/2012 à 17:09 :
Continuez a vous embourber dans l'euro et sa chimère de 27 pays (+bientot la Croatie et Serbie ...), le reste du monde rigole et profite ! Continuez a gaver les technocrates et a leur ceder votre souveraineté ... Quel beau spectacle hallucinant vu de Suede.
Réponse de le 29/06/2012 à 18:26 :
et la Slovénie aussi ..
a écrit le 29/06/2012 à 17:08 :
Ne nous leurrons pas, qu'une décision X ou Y ait été prise, il suffit de lire les documents signés pour le vérifier. Que ce soit après une tractation de l'un ou de l'autre... Quand on assiste à une négociation, on ignore les dessous de l'affaire, mais quand en plus, on n'y assiste pas, inutile de se torturer l'esprit. Les historiens émettront des hypothèses un jour... Pour l'instant, attendons la suite, les paroles s'envolent et pour l'instant, y-a-t-il eu un écrit ?
a écrit le 29/06/2012 à 16:49 :
savez vous que mario monti est un traitre :
il fait parti du BIDELBERG groupe de la franc maconnerie mondiale et de la TRILATERALE autre organisation mafieuse au service des banques et des lobbys
a écrit le 29/06/2012 à 16:39 :
Ce qui est sûr, c'est qu'avec François, le changement c'est maintenant. Rien ne changera, les électeurs ont élu un nouveau menteur que nous allons supporter pendant 5 ans, espérons que les finances publiques soient préservées, dans le cas contraires c'est la classe moyenne qui va payer.
a écrit le 29/06/2012 à 15:44 :
Et si Merkel n avait céder que pour donner le change? Et si l Allemagne qui refusera toujours et on la comprend de payer les dettes des autres pays n acceptait ces mécanismes ubuesque ( état endettés qui prête de l argent aux banques en faillite qui empruntent de l argent aux états sic) que pour prendre le temps de sortir calmement de la zone euro et revenir au marck?
Réponse de le 29/06/2012 à 15:56 :
Euh...elle a cédé quoi au juste? Le but était de lui faire accepter le fédéralisme, la mutualisation des dettes et l'émission d'eurobonds qui va avec, or il n'en est rien. Bref cet énième sommet a encore accouché d'une souris.
a écrit le 29/06/2012 à 15:25 :
Emporter quelle mise? Le but de cet énième sommet européen pour sauver l'Europe, l'euro, les banques, la Grèce et tout le tralala - à peu près un tous les 15 jours.. - était d'aboutir au fédéralisme, et à la mutualisation de la dette par la création d'eurobonds. Et rien n'a été signé en ce sens puisque l'Allemagne y est encore fermement opposé. Conclusion ce sommet est un echec si on se base sur l'objectif initial.
Quant à l' "Union bancaire"... la France ne l'a même pas ratifié.
a écrit le 29/06/2012 à 15:14 :
Décidément, ces politiciens européens nous mènent à la ruine. A peine les médias nous bercent d'une douce euphorie que les discordances se font jour, juste quelques heures plus tard. Mariano Rajoy prétend qu'il n'y a aucune condition et le Signor Draghi maintient le contraire. mais jusqu'à quand va t'on nous mener en..................pédalo
a écrit le 29/06/2012 à 15:00 :
Si ça leur fait plaisir de le croire... Ils ont mangé la carotte, ils vont goûter aux pissenlits.
a écrit le 29/06/2012 à 14:55 :
je ne comprend pas l'euphorie ambiante, si quelqu'un peut m'expliquer.
Les banques mal en point vont être financée directement par des banques sur le point d'être en faillite elles aussi et nono plus par les états qui devront quand même intervenir au fur et à mesure que le sbanques feront faillite. Comme le système bancaire européen est en quasi faillite car gorgé de dettes étatiques qui seront forcément dégradées, donc à provisionner, cela ne change absolument rien au problème central qui est la différence de compétitivité entre les états ??? Ils sont fous, ils ont juste gagné du temps pour tomber de plus haut ....
a écrit le 29/06/2012 à 14:22 :
RAZ LE BOL CES ONT LES FINANCIERS QUI CRAQUENT NOS EUROS A NOUS DE PAYER LES FACTURES... CA SUFFIT
Réponse de le 29/06/2012 à 14:28 :
Il faut donc sortir de l'?uro.
Réponse de le 29/06/2012 à 19:58 :
et si c'était trop de prestations en tout genre, distribuées alors que nous n'en avons pas les moyens, qui ont creusé les déficits!!!
un peu facile d'accuser les banques de vous avoir octroyé des prêts dont vous saviez que vous ne pourriez pas les rembourser!!! Le surendettement est avant tout une responsabilité collective car nul ne veut renoncer à ses "avantages", surtout s'il pense que ce sont les autres qui vont payer.
On vit dans un monde où on peut distinguer 2 catégories de citoyens : ceux qui ont des devoirs (travailler, payer leurs impôts, ...) et ceux qui ont des droits (allocations et prestations en tout genre...)!!! Ce modèle a atteint ses limites.
a écrit le 29/06/2012 à 13:46 :
Mario Draghi vient de rappeler que cet accord est soumis à une importante condition, celle d'un organisme de supervision unique sous l'égide de la BCE. Ce n'est donc pas un chèque en blanc ni aux Espagnols, ni aux Italiens. Reste à suivre la réaction des oubliés: Irlande, Portugal et Grèce....................................l'affaire n'est pas terminée. Le plus important, créer en bourse de l'euphorie pour piéger les pigeons. Mais dites donc et François le Normal, a t'il compris ?
Réponse de le 29/06/2012 à 15:41 :
on peut compter sur la commission européene pour fermer les yeux,comme elle l'a toujours fait pour les critères de mastricht,la grece ou l'espagne
a écrit le 29/06/2012 à 13:33 :
tout ça est dans un flou estival qui ne présage rien de bon . On reporte à des accords à intervenir ULTERIEUREMENT ... du vent , de la poudre de perlimpinpin
a écrit le 29/06/2012 à 13:13 :
L'Espagne est entrée dans le vortex, l'Italie (oblig. à 10 ans à environ 6%, à +- 7% c'est fini) c'est dans 4 à 8 semaines. Le temps de remettre un tour de vis aux italiens. Et après ? La France, dont les 3 principales banques sont exposées à hauteur de 500 milliards dans la dette italienne. Sans parler de la Belgique au passage. Et après ? L'Allemagne ? Et après ?
a écrit le 29/06/2012 à 13:11 :
Quelqu'un peut m'expliquer quelle est la différence entre des 'eurobonds' et le fait que le MES puisse racheter directement de la dette de pays ??
Dans les deux cas, c'est de la mutualisation non ??
Réponse de le 29/06/2012 à 13:36 :
Oui, c'est exact ! Mais ne le dite pas trop fort, l'idée est de rendre les Allemands responsables de NOS malheurs !
Réponse de le 29/06/2012 à 13:40 :
le MES c'est encore pire. D'après les statuts du MES, ce machin peut exiger n'importe quelle somme aux pays signataires et les pays doivent s'exécuter immédiatement, on ne mutualise plus, on délègue la dette ... au secours !!!!
Réponse de le 29/06/2012 à 13:49 :
Les eurobonds c'est un puit sans fond alors que le rachat par le MES est un seau d'eau d'1,5 litre. De plus les eurobonds vont peser negativement sur les taux des pays core, pas le MES.
a écrit le 29/06/2012 à 12:24 :
Contrairement à ce qui est annoncé comme une victoire des états, c'est une victoire totale des banques. En acceptant de financer directement les banques depuis le MES, dont on sait qu'il sera impossible de connaître les actes contrairement à la FED qui malgré son opacité quasi totale a tout de même été obligée de fournir des réponses aux demandes dans le cadre de la loi Freedom of Information Act (voir ce qu'a réussi à obtenir Bloomberg), elles ont maintenant de fait obtenu qu'il n'y ait plus d'aléa moral du tout. Elles ont la garantie de ne jamais faire faillite, quelle que soit la réalité de leurs comptes. Bravo la soit disant démocratie et le marché selon le Grand Monti, qui se révèle bien pour ce qu'il est lui aussi: un agent des banquiers et non un représentant des intérêts du peuple italien. Pas étonnant du coup que les bancaires explosent. Mais attention, si entre temps la croissance ne revient pas, et c'est loin d'être gagné, viendra un moment où il faudra bien faire face aux engagement de ces établissements qui sont plusieurs fois supérieurs aux PIB de leurs pays respectifs. Dexia par exemple dont les engagements sont presque de 2000% du PIB français. Courtesy of Reggy Middleton: http://boombustblog.com/images/stories/macro/sovereign_collapse_study/thumbnails/thumb_image015.png
Réponse de le 29/06/2012 à 14:21 :
Nous ne règlerons jamais rien à long terme, tant que le financement des Etats sera assuré par les Banques privées. Elles profitent outrageusement de la situation, sûres de n'être jamais lâchées par le système. La preuve, aujourd'hui leurs cours s'envolent, peut-être que jusqu'à demain, mais en attendant, les affaires continuent, sur le dos des contribuables.Logiquement, pour sortir de cette situation, il faut sortir de l'?uro.
Réponse de le 29/06/2012 à 14:57 :
@ JB38 : la vrai solution, ce n'est pas l'hyper inflation, la vrai solution, c'est l'arrêt de l'endettement fou des états à but social clientèliste.
d'accord poru sortir de cette ignominie qu'est l'euro.
Réponse de le 29/06/2012 à 15:53 :
Vous etes vraiment..... l'euro n est qu un outil, un outil!!!! le problemen n est pas l euro mais comment on s en sert!!!

Si tu n arrive pas a planter un clou avec le marteau tu vas t en prendre au clou ou au marteau?????..... C est bien la mentalite des tous les assistés Francais de toujours trouver un bouc emissaire....

Sauf que vous etes tous responsable de la societe du CAC qui s arrange pour ne pas payer d is à l eurl qui fait son chiffre au black, du super riche qui s'optimise fiscalement, a la pondeuse qui fait des gosses pour vivre des allocs...... VOUS ETES TOUS COUPABLES ET RESPONSABLES du public au privé... Generation papy boom et 68 qui s est alloué des avantages astronomiques payés a monnaie de singes a credits sur le dos de leur enfants....

Alors arretez avec votre euro et faites le menages devant chez vous: vous etes aussi coupable que CEUX POUR QUI VOUS AVEZ VOTE PENDANT DES ANNEES
a écrit le 29/06/2012 à 12:15 :
"Chantage ? Je ne crois pas que ce soit le mot" hahahaha !!! tu parles. En gros la vraie discussion a due être :" si vous ne cédez pas, on est mort , nos banques aussi et on entraine tout le monde " ... c'est pas du chantage, c'est un argument :-)))
a écrit le 29/06/2012 à 12:11 :
Les italiens et les espagnols négocient avec Angela Merkel, Hollande tenu à l'écart! Nous devenons la risée des autres pays de la zone euro!
Réponse de le 29/06/2012 à 15:20 :
EXACT..... je suis ravie de voir Hollande relégué derrière Monti et Rajoy....Monsieur "je veux faire plier la Merkel" a subit un camouflet, la grenouille a éclaté enfin....

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