Pour l'Allemagne, la Grèce est devenue un obstacle à la résolution de la crise de l'euro

Outre-Rhin, les responsables politiques sont de plus en plus nombreux à critiquer l'incapacité de la Grèce à appliquer les réformes en échange de l'aide financière. Parmi les plus virulents, le Vice-chancelier lui-même envisage une sortie du pays de l'euro. Paradoxalement, c'est ce scénario de "Grexit" qui justifie la décision de l'agence Moody's de mettre sous perspective négative le triple A de l'Allemagne.
Pour Phillip Rösler, le ministre libéral de l'Economie et vice-chancelier allemand, « les Grecs vont en venir eux-mêmes à la conclusion, qu'il serait plus intelligent de sortir de la zone euro en précisant que cette éventualité ne me fait plus peur depuis longtemps ». Copyright Reuters
Pour Phillip Rösler, le ministre libéral de l'Economie et vice-chancelier allemand, « les Grecs vont en venir eux-mêmes à la conclusion, qu'il serait plus intelligent de sortir de la zone euro" en précisant que "cette éventualité ne me fait plus peur depuis longtemps ». Copyright Reuters

En dépit d'un été morne, la température continue à monter dans le débat public sur le sauvetage de l'euro outre-Rhin. Après les auditions des plaignants contre le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) à la cour constitutionnelle de Karlsruhe, le vote du même MES, du paquet fiscal puis du sauvetage des banques espagnoles par le Bundestag, c'est cette fois le sauvetage de la Grèce qui soulève la polémique.

Dimanche soir, c'est une nouvelle fois Phillip Rösler, le ministre libéral de l'Economie et vice-chancelier allemand, qui a allumé la mèche. Dans une interview à la chaîne publique ARD, il s'est dit « sceptique » sur la capacité des Grecs à mettre en place les réformes nécessaires. Le poil à gratter de la coalition en a conclu que « les Grecs vont en venir eux-mêmes à la conclusion, qu'il serait plus intelligent de sortir de la zone euro (..). Cette éventualité ne me fait plus peur depuis longtemps ».

Une tranche d'aide de 31 milliards d'euros

Mardi, alors que son porte-parole s'efforçait de minimiser la portée des déclarations du vice-chancelier, des voix se sont jointes pour dénoncer le maintien de la Grèce dans la zone euro si celle-ci ne respectait pas les conditions fixées au préalable. Il faut dire que des doutes planent sur la Grèce alors qu'elle reçoit en ce moment la visite des experts de la Troïka (FMI-BCE-Commission européenne) dans l'espoir d'obtenir une nouvelle tranche de cette aide. Ces derniers donneront leur verdict en septembre prochain quant à l'attribution de 31 des 130 milliards d'euros du second plan de sauvetage.

Une issue encore très incertaine, alors que le ministre des Finances grec Yannis Stournaras a admis qu'il manquait à son pays 11,5 milliards d'euros d'économies à finaliser pour revenir en dessous des 3% de déficit en 2014, condition imposée par la troïka.  En Allemagne, on n'a d'ailleurs pas apprécié que le Premier ministre grec Antonis Samaras ait demandé à étaler les réformes jusqu'à 2016 au lieu de 2014. Des bruits courent même qu'un nouveau plan de sauvetage pourrait être nécessaire en Grèce. Des scénarios dont ne veulent en aucun cas envisager un nombre croissant de responsables politiques outre-Rhin.

"Les limites de l'acceptable"

C'est le cas de Hörst Seehofer, le président de la CSU, la petite s?ur Bavaroise de la CDU, qui s'est montré intraitable dans le quotidien populaire Bild : « Il n'est pas question d'aborder la question d'un nouveau plan de sauvetage de la Grèce, et les ressources financières du plan actuel ne doivent être attribuées sans qu'Athènes ne remplisse entièrement ses obligations. »

Il a estimé que l'Allemagne était déjà allé jusqu'au « limites de l'acceptable ». « Le gouvernement grec a une nouvelle fois manqué à sa parole. Il n'y aura plus de majorité au parlement allemand pour un nouveau plan d'aide », a averti Patrick Döring, le secrétaire général des libéraux (FDP), allié de la CDU. Celui-ci a par ailleurs estimé que la Grèce nuisait aux efforts consentis par l'Espagne, l'Italie ou encore le Portugal en entamant la confiance des marchés dans la mise en ?uvre des réformes. « La Grèce est devenu un obstacle au sauvetage de l'euro », conclut ¨Patrick Döring.

Une source proche du gouvernement explique à la Tribune que la mise sous perspective négative du triple A allemand a également échauffé les esprits. « En Allemagne, de plus en plus de personnes se rendent comptent que la logique d'aide n'est pas supportable. Après la Grèce, l'Allemagne ne pourra pas renflouer l'Espagne ou l'Italie, sinon elle finira elle-même en banqueroute. »

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Commentaires 25
à écrit le 30/07/2012 à 11:53
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les spéculateurs anglo-saxons attaqueront à l'arme lourde l'euro, les obligations italiennes, espagnoles, etc ... sauf si super-mario nous sort son super bazooka et rachète à tour de bras de la dette espagole et italienne avec l'assentiment d'une bon...

à écrit le 29/07/2012 à 19:16
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Horst pas Hörst - les journalistes est-ce demander trop d'au moins écrire correctement le noms des politiciens? Dans pratiquement chaque article de la tribune ça grouille de fautes (grammaire et autres).

à écrit le 26/07/2012 à 14:15
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Franchement, vous vous moquez de qui ? Depuis combien d'années ce qui se déroule était décrit par certains et pas seulement SAPIR OU LORDON. Pour les curieux, la chose était viciée dès sa conception intellectuelle par Monnet qui était résolument étra...

à écrit le 26/07/2012 à 2:16
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Les Allemands veulent-ils perdre la Grèce qui est un client pour leur acheter leurs armes et leurs voitures ? Et pourquoi pas perdre la France comme client aussi ?

à écrit le 25/07/2012 à 20:48
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Dehors l'Allemagne, on fera beaucoup sans elle, c'est un vrai boulet.

le 27/07/2012 à 11:27
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Il y a une troisième option que j'ai décrite à La Tribune dans le passé: L'Allemagne, après Merkel va nous envoyer paitre et rejoindre les BRICS avec lesquelles (surtout la Russie), elle a déjà d'excellents arrangements. Ce "machin" avec 27 idiots po...

à écrit le 25/07/2012 à 18:27
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je pense que l'Allemagne va quitter l'Euro ; le peuple ne veux plu porter toute la misère des autres et ils ont entièrement raison

le 26/07/2012 à 9:49
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Ma prédiction aussi, avec la Finlande qui rechigne à raquer au bassinet - tant mieux pour l'euro !!! S'il pouvait violemment dévaluer !!! Oui je sais gnagnagna ça ruinerait les épargnants et tout ce cortège de banalités... Moi je ne sors jamais de Fr...

à écrit le 25/07/2012 à 17:47
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On parle de la Grèce, mais dites-vous bien que l'Espagne, le Portugal, l'Italie, la France sont sur le même chemin. Quand les états et leur armada de nantis auront sucé 100% des richesses privées, tous ces pays seront en banqueroute et alors que déci...

le 25/07/2012 à 18:32
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L'espagne etait cite en ex il ya 10 ans,par sarko notamment.L'italie a un excedent budgetaire(ce qui signifie qu'elle gere bien ses dpenses publics),mais une dette enorme. Et vous oubliez l'irlande,qui a joue a fond le dumping fiscal et s'est jete a ...

à écrit le 25/07/2012 à 15:43
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La Grèce est dans l'Europe depuis 10 ans, malgré une administration pléthorique, elle n'a toujours pas de cadastre et de recouvrement éfficace de l'impot. Arrêtons la gabji! Quand les partenaires d'un jeu trichent, on quitte le jeu avant de se fair...

le 25/07/2012 à 15:52
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Et quand ceux qui l'aident a tricher(goldman sachs,charge de verifier les comptes grecs avant son adhesion....) on les met en prison?Non on les place dans les institutions bruxelloises....CQFD?!

le 25/07/2012 à 16:29
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Bien vu, Rb.

le 26/07/2012 à 9:51
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@rb Tout le contraire de l'Islande que j'admire...

à écrit le 25/07/2012 à 15:31
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Quelle reforem? Les allemands ne se rendent peut etre pas compte,mais les salaires ont deja ete reduit de moitie,les licenciemlents dans le public sont massifs,les pensions reduites egalement. La seule chose qui fait que la grece n'explose pas,c la s...

le 25/07/2012 à 16:58
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Dans ce cas refléchissez à ce que vous dites : arrêtons le massacre pour tout le monde et sortons la Grèce de l'Euro

le 26/07/2012 à 9:18
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@ VilainGredin. Hélas, il ne s'agit pas de "délire ". Je vous invite également à faire un tour là-bas et vour pourrez voir les files à la soupe populaire. Du jamais vu depuis l'occupation allemande ! En parlant d'occupation allemande, il serait peut-...

le 26/07/2012 à 9:49
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Vivant en Grèce depuis quelques années, je dois dire que le climat s'est très très largement dégradé. La misère est bien plus visible et omniprésente. L'europe et à l'image d'une équipe sportive il y a les bons et les moyens voir mauvais joueurs, mai...

le 26/07/2012 à 10:19
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Euh faut pas pousser je vous invite a lire cet article "Pourquoi est-il si difficile de privatiser en Grèce ?" Partant de la 2 Solution: Soit ce pays se conforme au plan, privatise, collecte l impot et on le garde en zone UE soit il ne le fait pas e...

le 26/07/2012 à 11:09
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Les grecs n'acceptent pas d'être "vendus" par petits morceaux et d'être aux ordres de la Troïka ? So what ? Depuis le temps qu'on accuse les Grecs de tous les maux de la planète finance, on finit par trouver normal que le pays et sa population soit v...

le 26/07/2012 à 11:51
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Les Grecs ne sont "vendus" comme vous dites car ils ont vecu des subventions de l UE, sans faire les reformes qu ils auraient! point barre! On qualifie souvent la France de pays communiste, qu en est il alors de cette Grece ou TOUTE l economie est de...

le 26/07/2012 à 16:16
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Proportionnellement, il n'y a pas plus de fonctionnaires en Grèce qu'en France. Pas de cadastre mais un impôt foncier payé via les factures d'électricité. Les impôts sur le revenu sont prélevés à la source comme partout. Le Clergé a payé pour l'année...

le 26/07/2012 à 17:10
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un impôt foncier payé via les factures d'électricité>>> ca a ete mis en place a cause de l accord avec la Troika!!!!!!!!!! 2011 c est aussi apres les premiers accords!!!!!!!! A un moment faut arreter, de nous prendre pour des buses et nous sortir les...

à écrit le 25/07/2012 à 15:07
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Mais chez nous nous avons Montebourg qui va relancer l'industrie automobile...étrangère par de nouvelles aides.

à écrit le 25/07/2012 à 14:59
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Le seul satisfecit pour la GRECE sera après son "départ" de la zone EURO et son retour à la drachme de voir conservés les libellés en grec sur nos billets de banque.

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