Wolfgang Schäuble attaque ouvertement la Bundesbank

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Le ministre des Finances allemand a dénoncé les critiques de Jens Weidmann, le patron de la banque centrale allemande. Alors que se dessine un nouveau front autour des mesures de la BCE.

Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, lâche le président de la Bundesbank Jens Asmussen. Dans un entretien à paraître demain dimanche dans la Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (FAS), l'édition dominicale du quotidien conservateur de Francfort FAZ, l'ancien patron de la CDU attaque clairement le banquier central allemand qui critique sans détours la politique de rachats d'obligations souveraines de la BCE. « Je ne suis pas certain que mener ce débat de façon semi-publique contribue à renforcer la confiance dans les banques centrales », répond Wolfgang Schäuble.


Pas d'alternatives


Le ministre des Finances, comme la chancelière Angela Merkel, est sorti renforcé de la décision annoncé mercredi par la cour constitutionnelle de Karlsruhe laissant le feu vert au mécanisme européen de stabilité (MES) et au pacte budgétaire européen. Dans son interview, il réaffirme l'idée qu'il n'existe pas d'alternative à la politique du gouvernement fédéral. « C'est toujours intéressant lorsque je rencontre ceux qui me critiquent », affirme le ministre qui poursuit : « alors je leur demande : comment auriez-vous fait autrement ? Et les plus sceptiques de me répondre : « en fait, rien » .»


Plainte contre les mesures de la BCE


Berlin n'est pas pour autant sorti d'affaire. Une nouvelle plainte contre la politique de rachat illimité des obligations souveraines de moins de 3 ans de maturité par la BCE a été déposée devant la Cour de Karlsruhe. Et de plus en plus de voix estiment que ces mesures sont inconstitutionnelles du point de vue allemand. C'est notamment le cas de Paul Kirchhof, ancien juge constitutionnel, qui l'écrit dans la FAS de demain. Du coup, ce même journal, publie la défense de la BCE par Jörg Asmussen, le représentant allemand au directoire de la BCE qui estime que les mesures annoncées sont « motivées par la politique monétaire et donc dans notre mandat. »


Importante conditionnalité


Ce même Jörg Asmussen a nouvelle fois tenté de faire accepter par le public allemand, qui était par exemple, très majoritairement opposé au MES, l'idée que ces mesures de la BCE ne sont pas du « financement monétaire de l'Etat », comme le prétend Jens Weidmann. Il a donc fortement insisté sur la conditionnalité des mesures annoncées. « Pour moi la conditionnalité est très contraignante, par ce que l'expérience a montré que nos mesures de politique monétaire menaçaient de devenir inefficaces lorsque les Etats membres pensaient qu'ils pouvaient abandonner leur hâte à réformer », a-t-il résumé.

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Commentaires
a écrit le 22/09/2012 à 6:56 :
"le président de la Bundesbank Jens Asmussen"
Le president de la Bundesbank n'est pas Jens Asmussen mais Jens Weidmann.
Jörg Asmussen est membre conseil de la BCE
a écrit le 16/09/2012 à 20:36 :
ces échanges à fleuret moucheté en Allemagne ressemble étrangement au débat actuel entre Démocrates et Républicains aux USA.
Les austériens contre les Keynésiens.

C'est bien que ce débat ai lieu aussi en Europe, car c'est le vrai n?ud du problème de sortie de crise.

Doit on ou non faire de l'austérité en pleine période de récession? Doit on espérer diminuer les déficits sans croissance économique? Qui doit financer la relance? Doit on miser sur la rémunération du travail pour relancer?
Autant de question toujours sans réponse.
Réponse de le 17/09/2012 à 13:17 :
Ce duel austérité contre relance ne tien plus : La relance avec des caisses vides c'est pas possible et l'austérité n'est pas viable non plus (ex: Grèce). Cette crise impose le retour à l'équilibre des finances publiques en s'appuyant sur une BCE accommodante. Problème la BCE a peur que si elle se relâche les états ne fassent plus d'efforts (pression de la rue). Parallèlement les états ne peuvent arriver à l'équilibre sans l'aide de la BCE (pour des taux proche de 0).
a écrit le 16/09/2012 à 0:11 :
La Bundesbank est dans son rôle. Le gouvernement allemand aussi. Ce qui me surprend, c'est qu'ils fassent chacun semblant d'ignorer quel est le mandat de l'autre. Surprenant... En dernière analyse, ce qui surprend, c'est que certains croient qu'il faut conserver à une institution l'indépendance qu'elle réclame, alors qu'in fine, elle est entièrement vouée à la construction la dépendante des politiques qui soit, à savoir la décision autoritaire de figer les parités, pour toujours, entre dix-sept monnaies. Ca, c'est paradoxal. La BCE se veut indépendante des politiques, mais la monnaie qu'elle est censée gérée est une création politique pure, qui sans cela n'a aucune raison d'être (voire aurait des raisons de ne pas être... de ne surtout pas être).
Réponse de le 16/09/2012 à 14:46 :
chacun est ds son rôle et qui prétend encore que la parole doit être aux banquiers centraux: il n'en a jamais été ainsi en remontant ds le temps: les politiques meme et surtout en 1945 ont passé avant les propositions de JMKeynes et de son bancor qui objectivement était préférable au nouveau SMI de Bretton Woods. Schäuble reprend sa place et c'est logique
a écrit le 15/09/2012 à 20:19 :
Jörg Asmussen n'est pas président de la Bindesbank mais membre du directoire de la BCE. C'est Jens Weidmann qui est président de la banque centrale allemande. Vous faîtes la confusion tout au long de l'article. "Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, lâche le président de la Bundesbank Jens Asmussen."
a écrit le 15/09/2012 à 17:20 :
Les européens ont constitué un cartel pour fixer un plafond acceptable aux taux prédateurs qu'ils ponctionnent sous prétexte de "marchés" Les "marchés" ce sont eux (donc nous la France). Cela vient d'une mauvaise analyse qui voulait que la crise soit brève à 2 ans puis moyenne à 4 ans mais jamais longue à 15 ans comme c'est le cas. Les mesures infligées comme une véritable punition étant alors à cette fausse mesure et donc excessives mais devant devenir supportables. Le temps que tout le monde comprenne et pour certains de s'enrichir à bon compte puis d'obliger sans que l'on sache pourquoi à un renforcement de 'L'Europe" pour juguler la crise, le cartel a pris ses décisions. Elles consistent à donner un cadre si restrictif qu'il rassure les opposants : Conditionnalités multiples, 190 milliards au total pour D. , marché secondaire, dettes à 3 ans uniquement, demande des pays, irréversibilité de l'euro, engagement limité mais présenté "sans limite". Une présentation qui justifie l'attitude "du marché", en fait du cartel pour abaisser subitement les taux de refinancement comme par miracle. Les pays concernés ayant moins de raisons alors de demander à ce que le mécanisme soit mis en place puisqu'ils peuvent désormais faire rouler leur duration avec la baisse des taux durant un petit moment. Leur note s'améliorera tant qu'ils ne feront pas de demande qui serait considérée comme un défaut. L'Europe du mensonge poursuit ainsi sa route. Le système n'est pas tenable, nous le savons mais il continue comme si de rien n'était. Peut-être les économistes sont-ils sur l'idée d'une crise moyenne alongée à 6 ans ? ou bien 8 ans ? Dans certains cas, il peut y a voir de gros intérêts pour eux à se "tromper"....
Réponse de le 16/09/2012 à 12:13 :
Les mesures destinées à résister à la crise ne peuvent effectivement qu'etre temporaires, elles ne changent rien sur le fond et permettent seulement à l'économie d'avoir le temps de se réformer . Si la crise dure, c'est à cause de l'obstination à refuser de se réformer. C'est comme la cigarette accordée au condamne à mort.

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