L'Allemagne qui rit, l'Allemagne qui pleure

 |   |  570  mots
Andreas Vosskuhle, président de la cour constitutionnelle de Karlsruhe, après l'annonce du feu vert sous conditions donné au MES et au paquet fiscal. Copyright Reuters
Andreas Vosskuhle, président de la cour constitutionnelle de Karlsruhe, après l'annonce du feu vert sous conditions donné au MES et au paquet fiscal. Copyright Reuters
La classe politique allemande a salué dans sa quasi-totalité la décision de la cour constitutionnelle de valider le Mécanisme européen de stabilité (MES) et le paquet fiscal. Leurs opposants pointent des contradictions.

« C'est une victoire pour l'Allemagne, c'est une victoire pour l'Europe », la déclaration d'Angela Merkel suite à la décision favorable au MES et au paquet fiscal de la cour constitutionnelle de Karlsruhe était à la hauteur de son soulagement. Dans les capitales européennes l'annonce du verdict a été accueillie avec la même ferveur.

En Allemagne, la quasi-intégralité de la classe politique s'est réjouie de la décision des sages de Karlsruhe. Même le capricieux ministre libéral de l'Economie, PhilippRösler, a repris la formule de sa chancelière, ajoutant qu' « avec cette décision claire de la Cour Constitutionnelle, nous avons fait un pas important vers le processus de stabilisation de l'euro ». De son côté Horst Seehofer, président de la CSU bavaroise, et qui avait récemment volé dans les plumes de son alliée au sujet de la Grèce, a salué « une décision juste de mettre une limite au recours à la dette, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays », en référence à la limite de la contribution allemande. Le SPD et les Verts ont également célébré le verdict.

Possibilité de contourner le Bundestag

Les opposants au MES et au paquet fiscal se montraient de leur côté partagés. Pour le président de l'Institut d'Etudes du Travail de Bonn, Klaus Zimmerman, signataire de l'appel des 150 universitaires allemands contre le MES et l'union fiscale, les sages de Karlsruhe ont opté pour le statut quo. « C'est une décision « ni... ni», à travers laquelle la cour des Karlsruhe a montré qu'elle avait atteint ses limites », explique le professeur Zimmerman à la Tribune.

Du côté du parti d'ultragauche die Linke,également plaignant devant la cour, le député Thomas Nord déplore que « la cour constitutionnelle n'a(i) pas répondu à plusieurs requêtes qui lui ont été adressées, même si on se réjouit du contrôle accru réservé au parlement. » Si le député se réjouit que le Bundestag soit ainsi consulté pour une contribution allemande supérieure à celle d'aujourd'hui (190 milliards), il explique à la Tribune ses limites: « Si la majorité pour recapitaliser le MES n'est pas acquise au Bundestag, les dirigeants européens peuvent choisir de passer par la BCE et ainsi contourner le parlement. » Une analyse partagée par Klaus Zimmerman pour qui « les déclarations de la BCE, de soutenir sans réserves les Etats en difficultés, réduisent considérablement la portée de la décision de Karlsruhe. »

Décalage avec l'opinion publique

Au sein de l'association « Plus de démocratie », rassemblant l'ensemble des citoyens plaignants, Roman Huber se réjouit « d'avoir placé le débat au c?ur de la société » et d'avoir « obten(u) que l'ESM ne puisse pas obtenir de licence bancaire et ainsi se refinancer auprès de la banque centrale européenne (BCE)» tout en regrettant le verdict des juges. L'association qui compte désormais plus de 37.000 membres traduit une contradiction croissante de la population allemande avec sa classe politique.

Il y a une semaine, un sondage de l'institut Yougov pour la Süddeutsche Zeitung avait montré qu'une majorité d'Allemands (54%) soutenaient les plaignants. Mercredi, le Handelsblatt calculait que l'ensemble des contributions et garanties des Allemands dans le sauvetage de l'euro s'élevait à 599 milliards d'euros. Un chiffre à mettre en regard des rentrées fiscales de 2011 qui s'élèvent elles à 573 milliards d'euros.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/09/2012 à 1:24 :
En tant qu'allemand je me dis qu'après tout l'Allemagne peut quitter l'UE si bon lui semble.
Pour le moment, grâce a nôtre excédent de la balance commerciale de 15 Milliards PAR MOIS et ceci depuis plus de quinze ans, nous profitons plus que quiconque de l'UE et de l'Union Monétaire, ceci aux dépens des pays moins favorisés que nous. Les quelques petits milliards que l'Allemagne doit verser à Bruxelles tous les ans ne sont rien par rapport à l'excèdent commercial que nous réalisons grâce à cette petite cotisation. Excèdent commercial énorme qui nous permet d'exporter nôtre chômage vers les pays économiquement plus faibles et qui, a cause (grâce aux) des traités imposés par l'axe franco-allemand, ne peuvent ni empêcher ni taxer l'avalanche de produits Made in Germany qui étouffe et empêche leur propres économies de se développer.
Alors pas de souci et que l'Espagne, le Portugal et quelques autres pays affichent un chômage des jeunes qui dépasse déjà les 50% n'intéresse ni M Weidmann ni ma pomme.
a écrit le 14/09/2012 à 22:11 :
La documentation complète de la décision de la Cour constitutionnelle sur les recours constitutionnels à l'ESM et pacte fiscal dans cette collection de liens: http://www.robertmwuner.de/verfassungsbeschwerden_esm.html
a écrit le 14/09/2012 à 11:52 :
du parti d'ultragauche die Linke ????? Un peu de sérieux, c'est le pendant allemeand de front de gauche...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :