Blocages sur la supervision bancaire européenne

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A Nicosie, la Suède et l'Allemagne freinent la prise de décision concernant le projet d'union bancaire de la commission européenne. Paris et Madrid veulent, eux, presser le pas.

La Suède fait de la résistance contre le projet d?union bancaire de la commission européenne. Samedi à Nicosie, le ministre suédois des Finances, Anders Borg, est sorti de trois heures de discussions avec ses homologues européen en déclarant que ce projet était « totalement inacceptable. » Le projet de Bruxelles placerait les 6.000 établissements bancaires de la zone euro sous la supervision de la BCE.


Mécontentement des Dix


Hors zone euro, on voit cette nouvelle tâche de l?autorité de Francfort d?un bien mauvais ?il et pointe le problème juridique posé par l?articulation entre les 17 de la zone euro et les 10 membres de l?UE qui ne partagent pas l?euro comme monnaie. En effet, la BCE ne serait pas soumise, du fait de son indépendance garantie par les traités européens, aux décisions de l?Autorité bancaire européenne (EBA), institution fondée après la crise par l?UE, basée à Londres et dont les décisions doivent s?appliquer à l?ensemble de l?UE.


« Beaucoup d?efforts » pour « approcher d?un compromis »


Anders Borg redoute à la fois une dichotomie européenne et la nécessité pour la Suède de se conformer non plus aux règles de l?EBA, mais à celle de la BCE. « L?idée de nous soumettre à dans laquelle nous n?avons pas de droit de vote est complètement inacceptable », a souligné Anders Borg qui a prévenu que « s?approcher d?un compromis » demandera « beaucoup d?efforts » et que le calendrier proposée par la commission (mettre en place la supervision unique au 1er janvier 2013) est trop court.


L?Allemagne pas convaincue


D?autant que le projet fait aussi des mécontents en Allemagne. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, s?oppose à une supervision élargie à toutes les banques. Se faisant l?avocat des caisses d?épargne et des banques mutualistes de son pays, très opposés à cette supervision de la BCE, il a jugé que le projet d?une supervision unique qui s?appliquerait à chaque banque n?était « pas possible. »


Paris et Madrid poussent pour aller vite


A l?inverse, Paris et Madrid ont poussé pour faire accepter le projet. Le ministre espagnol de l?Economie, Luis de Guindos, a appelé à mettre en ?uvre la supervision unique « le plus rapidement possible. » Pierre Moscovici, le ministre français des Finances, a lui aussi prié ses collègues de « ne pas perdre de temps ». Avec cette « union bancaire », les Européens entendent permettre au Mécanisme européen de stabilité (MES) de prêter directement aux banques sans passer par les Etats. Un mécanisme que voudrait appliquer l?Espagne au plus vite.

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Commentaires
a écrit le 17/09/2012 à 12:49 :
Comme d hab les mauvais sont presses de se marier avec les plus riches...France pressee?
a écrit le 16/09/2012 à 17:23 :
C'est vraiment les derniers mois pour les néolibéraux ,forcés d'actionner à fond la planche à billet pour sauver l'idéologie en perdition des oligarques .Même Baverez demande un "Glass Steagall Act" vous vous rendez compte ,si Baverez le petit soldat des financiers craque....c'est que c'est la fin .La privatisation de la création monétaire était une folie dénoncée dès le début par Maurice Allais, là on se rapproche du mur à grande vitesse . L'inflation va se déclencher et personne ne pourra l'arrêter. Quand? c'est le problème de la goutte qui fait déséquilibrer le vase ..... après Qe3 ,Qe4 Qe5 Poutine veut abandonner le dollar pour ses réserves ,aïe aïe ! écoutez Delamarche sur BFM ou Jorion, ou Sapir ou Cohen , ou les 500 économistes atterrés par l'aveuglement des derniers croyants en la catallaxie que personne n'a jamais vue ,personne.....
a écrit le 16/09/2012 à 15:42 :
Avec Michel Barnier en charge de ce dossier , pas de quoi etre surpris : ses projets sont toujours de piètre qualité dans leur crédibilité ............................... Il suffit de se rappeler qu'au cours de juillet 2011 ce commissaire bien "léger" avait validé avec sa fierté de candide les stress-tests du secteur bancaire euro-zone , quelques semaines avant que l'on découvre qu'un plan de sauvetage d'urgence allait devoir etre adopté par l'Europe pour sauver les banques espagnoles !!!.........Et c'est de démission qu'il aurait fallu sanctionner l' incompétence de ce laxiste commissaire euro-fanatique .
a écrit le 16/09/2012 à 12:24 :
Comme si une banque était "supervisable"... Voyez d'ailleurs à quel point les organismes tant de contrôle que de notation n'ont AUCUN pouvoir réel. Et je ne vais pas évoquer les analyses farfelues prévisionnistes, là, il y aurait de quoi pleurer ... de rire.
Réponse de le 16/09/2012 à 14:36 :
et à part ça, elle en est où la séparation des activités investissements/spéculations/commerciales... promise par Hollande?
Réponse de le 16/09/2012 à 19:30 :
...Votre Honneur, Obama a "promis" la même chose. J'ESPERE que vous remarquerez DE CE FAIT que les politiques n'ont plus le pouvoir. Et c'est LA que c'est grave.
a écrit le 16/09/2012 à 10:55 :
Il y a maintenant 3 europes. Celle de la zone euro, celle plus large de l'UE et, enfin, celle des autres pays européens. Il suffit d'avoir le courage d'en tirer les conséquences!
Réponse de le 16/09/2012 à 12:21 :
Il n'y a surtout qu'une seule planète : celle des banques. En passant, un pays qui n'est pas à l'Euro est un ennemi économique, pour moi.

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