A quel taux l'Europe a-t-elle permis à l'Irlande et au Portugal de se financer en 2012 ?

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L'Union européenne a bouclé son programme d'émission pour le compte du Mécanisme européen de stabilisation financière cette semaine. En 2012, ce mécanisme a permis à l'Irlande et au Portugal de se financer à hauteur de quelque 8 milliards d'euros chacun à un taux moyen légèrement supérieur à 3 %.

Cette semaine, l'Union européenne a placé sur les marchés 3 milliards d'euros d'obligations à 15 ans. Cette opération, réalisée dans le cadre du Mécanisme européen de stabilisation financière (MESF, à ne pas confondre avec le MES ou avec le FESF ) servira à prêter un milliard d'euros à l'Irlande et deux au Portugal. Il s'agissait de la dernière opération de l'année pour le compte du MESF. "La dernière opération de l'année de l'Union européenne s'est très bien déroulée. Il s'agit d'une signature extrêmement prisée. Mardi, nous avons rassemblé 6 milliards d'euros d'ordres en quelques heures et nous avons réussi à attirer de  nouveaux investisseurs, en particulier en France", explique Frédéric Gabizon, responsable de l'origination pour les émetteurs du secteur public en zone euro chez HSBC.

Au total, depuis janvier, 15,8 milliards d'euros (via six opérations) ont été levés au bénéfice de ces deux pays, qui ont par ailleurs obtenu des prêts complémentaires de la part du FMI et du FESF. L'Irlande et le Portugal bénéficient de prêts bonifiés dans le cadre de programmes d'assistance décidés respectivement en décembre 2010 et mai 2011. Jusqu'ici, l'UE a versé via le MESF 21,7 milliards d'euros à Dublin et 22,1 milliards à Lisbonne. Pour 2013, le programme du MESF s'élèvera à 4,7 milliards d'euros. Ensuite, le relai sera pris par le FESF et le MES.

Le tableau suivant donne une idée du taux auquel l'Irlande et le Portugal ont pu se financer cette année par ce mécanisme :

Conditions de financement du MESF en 2012 et pays bénéficiaires des prêts
Emprunt obligataire
lancé le...
Emprunt
débloqué le...
Montant Maturité L'Irlande en a bénéficié
à hauteur de...
 Le Portugal en a bénéficié
à hauteur de...
 Taux "all in"*
 9 janvier 16 janvier  ? 3 mds  30 ans   ? 1,5 mds  ? 1,5 mds  3,792%
 27 février  5 mars  ? 3 mds  20 ans   ? 3 mds  -  3,412%
 17 avril  24 avril  ? 1,8 mds  26 ans  -  ? 1,8 mds  3,442%
 26 avril  4 mai  ? 2,7 mds  10 ans  -   ? 2,7 mds  2,814%
 26 juin  3 juillet  ? 2,3 mds  15 ans   ? 2,3 mds  -  2,893%
 23 octobre  30 octobre  ? 3 mds  15 ans   ? 1 mds   ? 2 mds  2,637%
        Total 2012 : ? 7,8 mds Total 2012 : ? 8 mds  

*le taux all in donne le coût de l'emprunt obligataire pour l'émetteur (il intègre le rendement payé aux investisseurs et les frais liés à la transaction versés aux banques)

En 2012, le Mécanisme européen de stabilisation financière a donc permis à l'Irlande et au Portugal d'obtenir des prêts à un peu plus de 3 % en moyenne sur des échéances allant de 10 (15 pour l'Irlande) à 30 ans. A titre de comparaison, au 22 octobre, le taux moyen pondéré obtenu par l'Agence France Trésor pour ses émissions d'OAT et de BTAN en 2012, s'établissait à 1,93 %. "Nous répercutons très exactement le coût "all in" de l'emprunt obligataire aux pays bénéficiaires, auquel nous ajoutons seulement les frais liés à la notation par les agences des opérations", indique Herbert Barth, senior borrowing adviser à la Commission Européenne.

 

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Commentaires
a écrit le 20/12/2012 à 13:23 :
Une pétition du Comité Roosevelt pour demander à nos élus d'exiger la séparation des banques de dépôts et des banques d'affaires.
http://www.monadversairecestlafinance.fr/index#jesigne

a écrit le 20/12/2012 à 13:22 :
L'Irlande le passager clandestin de l Europe qui fait du dumping fiscal (impose les bénéfices des sociétés étrangères à 12 %) qui fait payer la dette privée de ses banques par l'Europe, essentiellement les allemands et les français (plus gros contributeurs au fond Européen de Solidarité Financière) et qui annonce il n'y a pas longtemps qu'elle ne respectera pas le calendrier de remboursement de ses dettes.

Une pétition du Comité Roosevelt pour demander à nos élus d'exiger la séparation des banques de dépôts et des banques d'affaires.
http://www.monadversairecestlafinance.fr/index#jesigne

a écrit le 26/10/2012 à 17:21 :
@ Yvan

Enfin Yvan, les églises et les armateurs connaissaient ce principe d'exception bien avant la mise en place de la monnaie unique. Ce ne sont pas eux qui sont à l'origine du carnage grec mais bel et bien l'EURSS et Goldman Sach. Arrêtez de confondre la cause et les effets. C'est comme si vous disiez que la paix est arrivée grâce à l'EURSS alors que nous étions en paix depuis 50 ans avant, c'est juste ridicule.
Réponse de le 27/10/2012 à 9:35 :
La différence c est qu aujourd hui c est nos impôts qui financent cela , d ou le droit d être critique sur ces gagebies !!!
a écrit le 26/10/2012 à 16:12 :
"magnifique"... offrir de l'argent à bas coût à un pays qui a un impôt sur les sociétés dérisoire est comme tuer les Grecs en favorisant leur église et les armateurs. Moi, je dis, bravo de nous envoyer dans le mur. Car nous y allons, là.

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