Grèce : une majorité affaiblie a adopté le plan d'austérité dans la douleur

Antonis Samaras a eu chaud en voyant son plan d'austérité adopté cette nuit à une très courte majorité. Pourtant, cette adoption était nécessaire avant le versement de 31,2 milliards d'euros par la Troïka avant le 16 novembre pour éviter le défaut. Pendant ce temps la colère sociale est encore montée d'un cran après deux jours de grève générale.
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

Antonis Samaras aura fini par y parvenir. Après une histoire pleine de rebondissements, son gouvernement a réussi à obtenir du Parlement le vote de son plan d''austérité sur lequel la Grèce s'était engagée vis-à-vis de ses créanciers. Au total, ces mesures comprennent pour 13,5 milliards d'euros d'économies supplémentaires.

La coalition pro-austérité bat de l'aile

Mais l'adoption ne se sera pas faite sans douleur et il aura fallu se contenter d'une très courte majorité, 153 voix sur 151 nécessaires, alors que la majorité disposait initialement de 176 députés. De fait, depuis plusieurs semaines, une atmosphère frondeuse régnait au sein de la coalition. Surtout entretenue par une aile gauche qui ne cautionnait pas un nouveau matraquage de la population. Principal noeud de la discorde, des mesures portant sur un nouvel assouplissement du droit du travail, objet d'un refus catégorique de la part du Dimar, troisièm parti de la coalition, alors que le chômage dans le pays atteint désormais plus de 25% de la population active. Avec ses 16 sièges, le petit parti de gauche aurait pu contribuer à faire pencher la balance du côté du non, comme il menaçait initialement de le faire. Finalement, 15 d'entre eux se sont abstenus et un seul a voté non. Par ailleurs, 6 députés socialistes ont eux aussi refusé de s'exprimer et un député conservateur a voté non. Mais c'est passé.

Un ouf de soulagement... en attendant la Troïka

Toujours est-il qu'il était temps, si la Grèce veut un jour voir la couleur des quelque 31,2 milliards d'euros dont le versement était conditionné par ses créanciers de la Troïka (UE-BCE-FMI) à l'adoption du plan d'économies. Somme en attente d'une entente -  qui semblait impossible entre membres de la coalition -  pour versement depuis le mois de juin. D'autant plus que sans cet argent avant le 16 novembre, le pays voyait à nouveau le spectre du défaut se profiler. Mais tout n'est pas encore terminé, même si les choses semblent être mieux engagées qu'il y a encore quelques jours.  Car Athènes attend toujours l'aval de la Troïka, qui doit rendre son rapport le 12 novembre prochain.

Plus de 70.000 manifestants dans les rues d'Athènes

Mais Antonis Samaras, pour qui cela doit tout de même être une épine dans le pied en moins, n'est pas encore au bout de ses peines. Car il doit aussi composer avec des tensions sociales grandissantes, en plus des craquements dans sa majorité. La nuit dernière, selon la police, plus de 70.000 personnes étaient rassemblées sur la place Syntagma, qui jouxte le Parlement, pour protester contre l'adoption de ces mesures qui prévoient notamment une réduction des pensions de retraites pouvant atteindre les 25%. Et au deuxième jour d'une grève générale qui paralyse le pays, la colère monte. Il faut dire que la population a de plus en plus de mal à y croire en voyant les efforts déjà consentis et une dette publique qui continue encore et encore d'augmenter. Car malgré les multiples plans d'austérité, la dette publique grecque enfle encore, et devrait atteindre 189% du PIB en 2013.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 34
à écrit le 10/11/2012 à 3:10
Signaler
c'est tout de meme rassurant de connaitre son avenir de français en voyant ces grecs

à écrit le 09/11/2012 à 0:46
Signaler
Bien sûr que les Grecs ont triché sur leurs impôts , les taxes , ..mais le déficit ne vient pas de là , par contre ils sont désignés comme étant les seuls fautifs . c'est faux , ils ont triché , chez nous personne ne triche , non pas les salariés don...

le 09/11/2012 à 9:50
Signaler
le déficit vient de dépenses bien au délà des recettes (impots) comme en frence, les politiques sont les premiers coupables mais le peuple n'a rien dit, il a profité comme chez nous, d'un niveau de vie au dessus des moyens, sécu et autres, payés avec...

le 09/11/2012 à 11:30
Signaler
toujours la fuite en avant à chercher des coupables ailleurs, aucun courage ni capcité à voir le vérité. La dette en france, c'est l'état, la sécu, et des collectivités locales surendettées. ce n'est que le secteur public qui dépense sans compter, sa...

à écrit le 08/11/2012 à 15:02
Signaler
encore la démago des bobos de gauche, si vous trouvez que la Grèce "subit" la gestion de l'europe qui lui demande de rembourser ses excés, envoyez vos dons, ils seront bien accueillis ! ha non, pas nous pas nous, s'était juste pour se donner bonne co...

le 08/11/2012 à 15:51
Signaler
Peut être que si les "bobos" de gauche trichent sur les impôts et font travailler au black, c'est parce qu'il en ont marre de payer pour que l'argent soit dépensé dans des feux d'artifices a 1million d'euros, des déplacements presidentiels a 400 000?...

le 08/11/2012 à 15:53
Signaler
@maxime c'est quand qu'on demande aux USA de rembourser leur excès ? D'ailleurs ça serait pas Golman Sachs a truqué leur compte et qui vient aujourd'hui demander des comptes ? Je ne savais pas que les gens de gauche était plus enclin a acheter chino...

le 08/11/2012 à 16:49
Signaler
Arrêtez avec votre manichéisme ! Droite et gauche sont responsables de l'état actuel avec un bonus des banquiers voyous et de de l'euro fort. Il s'agit de réagir ici et maintenant et si la gauche prend conscience de ses travers, tant mieux; je ne voi...

le 08/11/2012 à 17:15
Signaler
la seule cause à nos problèmes est la dette, sans la dette, aucune spéculation. Et la dette c'est la dépense publique sans retenue, toujours plus, et surtout toujours plus et au bien au delà des recettes : les impôts ! il aurait fallu gérer comme n'i...

à écrit le 08/11/2012 à 14:55
Signaler
dehors, les sangsues de l'europe

à écrit le 08/11/2012 à 14:54
Signaler
qu'ils sortent de l'europe et se débrouillent tous seulspuisqu'ils critiquent l'europe ! ils ont triché sur leurs comptes, on les a aidé mais leur administration est comme la notre, totalement inefficace, incapable de faire payer les impôts, ils se s...

le 08/11/2012 à 17:04
Signaler
QuestionS? qui a donc trafiqué les comptes avant d'entrer dans cette "Europe" ? un ancien de la Goldmann Sachs ..ça vous dit quelque chose? ah le peuple est fautif... bon...le peuple? maçon,? ouvrier, ? un peintre? serrurier? ah un fonctionnair...

le 09/11/2012 à 11:23
Signaler
le peuple a vécu au dessus de ses moyens comme en france, en dépensant l'argent que l'état n'a pas. le peuple en a profité, il a laissé faire et choisi la facilité court terme en élisant les politiques qui jouent la fuite en avant, il est coincé et d...

à écrit le 08/11/2012 à 14:47
Signaler
l'idéologie française est résumée dans ces commentaires : quand un ménage est surendetté, qu'il ne boucle plus les fins de mois, plutôt que faire des économies pour retrouver une santé en trésorerie et fiancer sa relance, la solution est de ne touche...

à écrit le 08/11/2012 à 13:11
Signaler
Le génocide économique et social se poursuit partout où la Troïka passe. Heureusement que l'UE a reçu le prix Nobel de la paix !

le 08/11/2012 à 15:27
Signaler
le génocide des travailleurs c'est la dépense publique, c'est dépenser plus qu'on a d'entrée d"argent, c'est augmenter les impôts qui dégradent le pouvoir d'achat et la capacité des entreprises à se développer, la dette c'est le cancer de l'économie....

le 08/11/2012 à 18:39
Signaler
@Axel : continuez à avaler ce qu'on vous dit à la TV si ça vous chante. Vous pourrez même les remercier quand ils baisseront votre salaire de 50%.

le 09/11/2012 à 9:53
Signaler
ce que je dis est l'évidence même, incontestable, ce que fait n'importe quel ménage ou entreprise bien gérée, et les pays qui ont eu le courage de mesures adaptées sont repartis en croissance (suéde, finlande, argentine..). l'iluusion de l'état provi...

le 09/11/2012 à 19:58
Signaler
En économie, on ne compare pas le budget d'un Etat et d'un ménage pour la simple raison que contrairement au ménage, les recettes de l'Etat dépendent intrinsèquement des dépenses : si vous compressez par exemple, les dépenses de personnels en réduisa...

à écrit le 08/11/2012 à 12:48
Signaler
Hé c'est qui qui paye encore vu que cette argent a déjà été prêté et surtout pour qui et pourquoi en plus --- un pari très très très risqué vous ne trouvez pas vu le passif ?

à écrit le 08/11/2012 à 12:40
Signaler
Ridicule mesures d austerite votees par des politiques qui s en mettent plein les poches au nom du peuple qui les refusent et....chance de reussite de l operation...zero

à écrit le 08/11/2012 à 11:48
Signaler
Il s'agit de la démolition d'un pays européen; Merck ne veut plus vendre son anti-cancéreux à cause d'impayés dans des hôpitaux publics! La Grèce est sur la bonne voie: plus de morts = moins de retraites= amélioration des comptes! vive l'Europe et le...

le 08/11/2012 à 14:51
Signaler
c'est ce qui arrive quand on dépense plus qu'on ne gagne, le libéralisme n'y est pour rien, la faute à l'absence de gestion et chacun qui en profite en espérant que ça dure ! mais ce scénario ne mêne qu'à la ruine, et le france est bien partie pour f...

le 08/11/2012 à 15:13
Signaler
@aline "le libéralisme n'y est pour rien" si justement il repose sur une croissance forte qui a été possible par l'endettement, sans ça les USA et nous mêmes serions déjà en récession depuis 15 ans !

le 09/11/2012 à 11:18
Signaler
@bob 44, pas du tout, il était facile de voter des budgets en équilibre depuis 30 ans, l'économie était florissante, mais le jeu de la cigale et la fourmi. Il fallait rationaliser le domaine public pléthorique et redondant et inefficace et qui nous c...

à écrit le 08/11/2012 à 9:34
Signaler
Voilà où les magnifiques politiques d'austérités vont nous mener nous aussi : au chaos social ! Il serait temps de prendre un peu de hauteur et d'arrêter ces politiques qui ne font qu'aggraver le problème : depuis les 10 plans d'austérités en Grèce l...

à écrit le 08/11/2012 à 8:58
Signaler
Le peuple grec n'en peut plus de ces mesures inefficaces qui mettent les gens a la rue, les rendent SDF, chomeurs et qui empechent de faire rentrer de l'argent dans les compte public. +40% pour le petrole et l'eclectricte... youhou ca va etre tellem...

à écrit le 08/11/2012 à 8:53
Signaler
Européens ou Américains ou autres , celui qui ne rembourse pas ces prêts ce fait dessaisir de tout ses biens comme chacun d'entre nous pour un crédit quelconque non remboursé en heure et en temps. Hé les Grecques quoi ... ils payent leurs dettes comm...

le 08/11/2012 à 9:08
Signaler
Moi ce qui m'étonne, c'est votre orthographe.

le 08/11/2012 à 9:21
Signaler
Vous ne comprenez rien. Vous écrivez "comme chacun d'entre nous" si tel était le cas il n'y aurait plus de banques depuis longtemps. Nous les particuliers et les états n'avons aucun régime de faveur les banques oui. En Espagne les banques sont renflo...

le 08/11/2012 à 10:07
Signaler
Excellent votre commentaire!

à écrit le 08/11/2012 à 8:47
Signaler
Le peuple Grec est la victime des délits financiers de ses élites.

à écrit le 08/11/2012 à 8:44
Signaler
La Grèce au bord de la révolution?

à écrit le 08/11/2012 à 8:31
Signaler
Comment rembourser une dette avec de l'argent qui ne rentre pas? Les Grecs en sont encore à manifester mais un jour qui semble proche le dérapage viendra et ce ne seront plus des manifestations mais des révoltes d'un autre genre. Europe Euro des mots...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.