La Grèce suspendue à la parole de ses créanciers voit resurgir le spectre du défaut

 |   |  406  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Antonis Samaras a annoncé mardi qu'un accord sur le budget 2013 de la Grèce avait été trouvé. Mais les partenaires européens font encore patienter le pays qui doit absolument obtenir le déblocage d'une tranche d'aide de 31,2 milliards d'euros de la troïka avant le 16 novembre pour éviter le défaut.

Après des discussions qui n'en finissaient plus depuis le mois de juin, la Grèce a présenté mercredi un projet de budget placé sous le signe de l'austérité. De quoi satisfaire ses créanciers réunis au sein de la troïka (UE, FMI, BCE) selon le gouvernement. Au programme, 9,4 milliards d'euros d'économies qui, et c'est ce qu'espère Athènes, doivent permettre à la Grèce d'obtenir un délai supplémentaire de deux ans pour assainir ses finances publiques, mais surtout, le déblocage d'une tranche d'aide supplémentaire de 31,2 milliards d'euros.

L'Europe fait patienter Athènes

Dans un climat de grande incertitude, aucun verdict définitif n'a été rendu mercredi par les Européens sur l'octroi ou non de ce sursis ni sur le déblocage des 31,2 milliards d'euros. Prudent, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a affirmé que des progrès avaient été atteints mais qu'il restait du travail avant de parvenir à un accord.

Un accord conforme aux engagements

Pourtant, l'accord est conforme aux engagements pris par la Grèce, malgré les difficultés de négociation au sein de la coalition gouvernementale entre les conservateurs de la Nouvelle-Démocratie, les socialistes Pasok et la gauche modérée Dimar. Ce nouvel effort permettra de réduire le déficit budgétaire à 5,2% du PIB au lieu de 6,6% attendu en 2012, mais s'inscrit dans un paysage économique totalement dévasté en Grèce, qui connaîtra l'an prochain sa sixième année consécutive de récession avec un PIB en chute de 4,5%.

Le spectre du défaut resurgit

Mais la Grèce doit encore faire voter ce budget au Parlement, et les bisbilles entre les partenaires de la coalition n'en finissent plus. Hier, Envangelos Venizelos, le leader du Pasok, avait parlé d'une annonce d'un accord sur le budget 2013 encore prématurée. Quand au Dimar, le troisième parti de la coalition, il s'était opposé catégoriquement au vote du projet en l'état. Pourtant, il y a urgence. Le texte doit aboslument être adopté avant le 12 novembre, date à laquelle doit être remis le rapport de la troïka. Car sans versement de la tranche de 31,2 milliards d'euros attendue depuis juin avant le 16 novembre, le pays se trouverait dans l'obligation de faire défaut. Une fois de plus, le pays, au pied du mur, reste suspendu au choix  des ses partenaires européens et du FMI.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 02/11/2012 à 19:59 :
Quand on lit certains commentaires, on se dit in petto "Et dire que ça a le droit de vote...".
En 40, ça a d'ailleurs voté les pleins pouvoirs à qui vous savez...
a écrit le 02/11/2012 à 12:35 :
et l'effet de la décision de la cour surl'inconstitutionnalité des coupes dans les retraites et les primes .... cela devrait remettre en cause toute la construction déja innéficace pour faire croire que la grece va rembourser un euro dans les 50 prochaines années
a écrit le 01/11/2012 à 19:00 :
" Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a affirmé que des progrès avaient été atteints mais qu'il restait du travail avant de parvenir à un accord."
Ah bon ???
Ce meme W- Schäuble vient aussi de repeter que l´Allemagne ne peut pas verser de l´argent ( des contribuables) a un pays qui ne respecte pas ses engagements.
Aucune banque continue à prêter de l´argent a un client qui ne rembourse pas a écheance.
C est logique et bien clair !
a écrit le 01/11/2012 à 18:26 :
Donc, La Grèce n'est plus un état mais c'est une société et c'est Actionnaires donne leur avis sur ça gestion.
a écrit le 01/11/2012 à 15:00 :
Moi ce qui m'étonne franchement c'est que tous les pays de l'Union Monétaire soient obligés de participer au sauvetage de la Grèce alors qu'il n'y a guère que la France et l'Allemagne qui ont profité de l'endettement de la Grèce en lui vendant des armes et des voitures de grand luxe et autres petit joujoux à en veus tu en voilà.
Alors pourquoi est-ce-que les autres pays participent?
Je me le demande, pourquoi ne laissent-ils pas la France et l'Allemagne et leurs banques respectives se débrouiller?
N'ont-il pas encore compris que la Grèce c'est fait arnaquer par l'axe franco-allemand?franco-allemand!
Réponse de le 01/11/2012 à 15:29 :
Excellente et saine question !
Aujourd'hui encore, la Grèce continue à RAPPORTER des sommes phénoménales à ces deux "états-voyous" (pour reprendre la juste expression d'un autre intervenant) et à leurs banques-ripoux : société générale, crédit agricole & Co.
Les pseudo-aides accordées à la Grèce par le peu regretté couple Merkozy était conditionné à l'achat massif d'armes par la Grèce à la France et à l'Allemagne. De ce fait, les soi-disant "prêts" accordés à la Grèce n'aidaient (et n'aident d'ailleurs toujours pas) le pays et ses habitants, mais étaient (et restent) tout profit pour la France et l'Allemagne qui continue à vivre sur le dos des Grecs.
Aujourd'hui encore, la Grèce ne voit jamais la couleur de l'argent qui lui est prétendûment versé. A peine 15 % des sommes "généreusement" versées par la trio infernal BCE-FMIèUE arrivent dans le pays, le reste étant essaimé ... dans les banques françaises et allemandes notamment.
Deux états-escrocs ? Tout à fait ! Des états-voyous peu recommandables, entièrement à la solde du monde de la finance, qui sont la honte de l'europe et de n'importe quel monde se prétendant civilisé.
Heureusement, le retour de bâton est proche. Et quand le vrai "clash" arrivera (sous peu) tant en France qu'en Allemagne, on entendra pleurer dans les chaumières. Dommage ? Peut-être... Ou pas ... Tant que les populations de ces deux états continueront à cautionner les agissements crapuleux de leurs dirigeants-voleurs, ils continueront aussi à mériter le sort qui les attend.
Réponse de le 01/11/2012 à 19:00 :
L'argent qu'on prête à la Grèce ne sert qu'à sauver les Banques, dont les Françaises, donc notre épargne. Notre survie est conditionnée par le sacrifice des Grecs. Et nous risquons d'être sacrifiés bientôt, comme les Italiens...Les Espagnols... Obligés nous aussi de brader nos biens, nos maisons, au nom des idées néo-libérales, pour que vive la finance, le capitalisme, la mondialisation.
a écrit le 01/11/2012 à 14:51 :
Depuis environs 18 ans l'Allemagne a un excédent de la balance commerciale de 17 Milliards PAR MOIS en moyenne. Excédent réalisé principalement en Zone Euro et grâce à l'endettement des pays importateurs de biens allemands (y compris l'armement pour la Grèce). Malheureusement les bénéfices ainsi réalisés par les grosses entreprises allemandes (Konzerne) ont très souvent été réinvestis en dehors de la Zone Euro et non pas dans les pays ou ils avaient été réalisés, avec pour conséquence le chômage des jeunes dans les pays déficitaires (dont la France) et un déficit budgétaire correspondant. La disparité des compétitivités à l'intérieur de l'Union Monétaire est surtout due à des facteurs naturels et immuables (taille du marché intérieur, position géographique, topographie, climat, ressources et richesse naturelles (matières premières), taille du pays, mais aussi natalité, en Allemagne 1,3% (un enfant coûte cher, un adulte immigré des anciens pays de l'Europe de l'Est ne coûte rien et est immédiatement productif, surtout s'il a une bonne qualification) etc, etc.) Il nous faut d'abord comprendre cela si nous voulons trouver une solution à la crise de l'Euro. Le fait que la Zone Euro n'ait pas un budget propre comme les États-Unis der ?Internal Revenue Service, qui dépend du ministre fédéral des finances?, le Canada, la Suisse, etc. qui sont aussi des fédérations, est aussi un problème qu'il faudra résoudre si l'Union Monétaire doit survivre. En fait l'UE est réduite à une sorte de réserve pour les exportation des grosses entreprises surtout allemandes. Ceci fait que les déséquilibres sont inévitables, quoi que nous fassions. Seule solution modifier les règles de facon à arriver à des échanges équilibrés entre les pays d'Union Monétaire. Le dumping social et le dumping des salaires, imposé surtout par l'Allemagne aux pays déficitaires, est illusoire, cela revient à une course compétitive vers le moyen age ou la loi du plus fort, mais cela ne résout pas le problème.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :