Pourquoi l'Allemagne sort gagnante de l'accord d'union bancaire

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Le «compromis» sur l'union bancaire est une aubaine pour Berlin qui a sauvé l'essentiel. Comme d'habitude, en donnant l'impression de céder.

L?Allemagne sort-elle vainqueur de l?accord sur l?union bancaire trouvé ce jeudi matin par les ministres des Finances de la zone euro? Ce qui est présenté comme un compromis semble avoir satisfait les autorités fédérales. La chancelière a jugé positivement cet accord. Même la presse germanique s?en félicite, à l?image de la Süddeutsche Zeitung qui juge que «la nouvelle architecture correspond aux demandes allemandes».

Deux objectifs

Il est vrai que pour faire accepter cette union bancaire, il a fallu l?adapter aux exigences allemandes. Ces dernières étaient de deux types : l?exclusion des petites structures bancaires mutualistes et publiques et le report au lendemain des élections fédérales de la demande d?aide des banques espagnoles au MES. Sur les deux plans, la mission semble accomplie.

Deux banques sur 1500 concernées

Certes, les associations regroupant les caisses d?épargne et les banques mutualistes allemandes se désolaient ce jeudi de la «trop basse» limite fixée pour la surveillance bancaire directe par la BCE. Celle-ci a été fixée à 30 milliards d?euros d?actifs dans le bilan contre 70 milliards réclamés par exemple par l?association fédérale des Caisses d?épargne. Mais enfin, l?essentiel est sauf. En jetant un coup d??il sur la liste des caisses d?épargne allemandes, on se rend compte que seulement une caisse d?épargne sur 426, celle de Hambourg, dépasse les 30 milliards d?euros de bilan. Même constat avec les banques mutualistes : seule la plus importante, la banque des médecins et pharmaciens, dépasse ce seuil. Sur un total de 1126 banques mutualistes.

Protection conservée

Très concrètement, ceci signifie que l?essentiel de ces deux secteurs, soit pas moins de 2000 milliards d?euros de somme totale de bilan va échapper au contrôle direct de la BCE. Ceci était en réalité essentiel pour l?Allemagne car les caisses d?épargne sont souvent détenues par des communes et les enjeux politiques y sont souvent lourds. Par ailleurs, ces deux secteurs, qui représentent pas moins des deux tiers du marché de la banque de détail outre-Rhin ont une tradition de soutien mutuel: une caisse d?épargne à problème bénéficie de l?aide des autres, en évitant de placer les problèmes sur la place publique. Souvent, ceci pourrait en effet gêner les hommes politiques au niveau local. Cette protection va demeurer. Pour l?essentiel.

Les Landesbanken sacrifiées

Certes, Berlin a dû accepter de faire passer ses Landesbanken sous la protection de la BCE. C?était inévitable, et le désagrément devrait être minime puisque l?Etat fédéral n?a pas trouvé de solutions depuis 10 ans à la crise chronique de ce secteur. C?est, en quelque sorte, un mistigri que Berlin n?est pas fâché de transmettre à la BCE, n?en déplaise aux Länder et aux caisses d?épargne.

Le MES reporté à plus tard

Reste le second objectif: repousser aux lendemains des élections fédérales la demande d?aide des banques espagnoles au MES qui devra passer par un feu vert du Bundestag et donc un débat en Allemagne sur la garantie indirecte qu?apportera le contribuable allemand aux instituts espagnols. Sur ce point, le flou demeure. On ignore si le MES sera en mesure de donner cette aide avant l?entrée en vigueur de l?union bancaire le 1er mars 2014. Mais le report de cette date d?entrée en vigueur, initialement prévue au 1er janvier et le flou qui entoure cette question semble plaider pour un succès de Berlin dans ce domaine.

Autant dire que l?Allemagne a encore emporté une belle victoire dans ce «compromis» qui semble assez peu équilibré.
 

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a écrit le 14/12/2012 à 10:31 :
L'Allemagne ne sort absolument pas gagnante de cette problématique union bancaire qui sera complexe à mettre en place et qui dépasse le mandat de la BCE. Le vrai problème, ce sont les esprits troublés, en premier plan Mr Hollande qui en font à chaque négociation sur le plan européen un point d'honneur pour rivaliser avec un rival imaginaire germanique , qui n'a pas vraiment aucun intérêt à ce que la France se déstabilise économiquement encore davantage; J'avais dénoncé hier sur ces pages les cris de "victoire" de notre pauvre François (il y a un mois, lors du dernier sommet) d'avoir su imposer une union bancaire et ceci au rythme de la "France". Il est évident que notre président est perdant sur le plan de vouloir artificiellement se "distinguer" de Mr Sarkozy et d'affirmer son imaginaire "autorité" sur le plan européen; c'est lui le perdant. Rien ne s'est passé selon son cocorico du dernier sommet. La France n'est ni gagnante, ni perdante et aucuns autres pays. C'est l'intérêt de l'union bancaire qu'on devrait discuter.
Réponse de le 14/12/2012 à 12:53 :
La connerie est devenue omnipresente, signe supplémentaire du declin et de l'incapacité notamment.
a écrit le 14/12/2012 à 9:44 :
Quel est l´interêt de contrôler des petites caisses d´epargne qui limitent leur activité au vrai boulot de banquier , c´est dire gérer les epargnes et prêter de l´argent ?
Ce ne sont pas elles qui ont provoqué le debacle , alors il faut leur foutre la paix !
Ceci n´a rien "d´ Állemand" et l´Allemagne ne gagne rien ! Les grandes banques allemandes ainsi que les " Landesbankem" qui ont coulé des milliards avec leurs produits spéculatifs seront severement controlées comme les autres et c´est tres bien comme cela.
Je ne vois pas du tout pourquoi dans nce contexte l´Allemagne serait " encore" gagnante ici ?
a écrit le 14/12/2012 à 6:12 :
"Pourquoi l'Allemagne sort gagnante de l'accord d'union bancaire" ou pourquoi l'Allemagne
" scie la branche sur laquelle elle est assise" mieux encore: Lügen haben kurze Beine!
quand à "passer sous tutelle Allemande" je préfère ne passer sous aucune tutelle.
a écrit le 14/12/2012 à 3:03 :
""l?Allemagne a encore emporté une belle victoire""

J'ai rien compris de quel victoire il s'agit? évité un contrôle d'un contrôleur sur une possible dérive de la banque me semble une victoire à la Pyrrhus
a écrit le 13/12/2012 à 21:24 :
Choisir entre passer sous tutelle Allemande ou du Quater je préfère l'Allemagne
Réponse de le 16/10/2014 à 22:20 :
merci a la france de toujours aider les memes personnes qui ne foutent rien de la journee sauf se rouler les pousses et regarder la tele . heureusement que les cons comme nous (travailleurs) sommes la pour assister les cas soc . j'ai honte de la france et de seux qui nous gouvernes . si tout le monde sortait dans la rue pour protester ca bougerai mais pour cela il faut du courage.
si ils me supprime les allocs pourquoi alors je devrais cotiser pour les autres . pas d'alloc pas de cotisation alors.
a écrit le 13/12/2012 à 20:25 :
Votre analyse est fort intéressante. N'oubliez pas néanmoins que depuis 9 siècles les anglais ont toujours réussi à faire échouer tout projet de super puissance continentale et qu'au XXIème siècle, ils disposent toujours du soutien des USA et des autres puissances anglo saxonnes (Canada, Australie...)
Je suis prêt à parier qu'ils vont encore réussir à semer la zizanie au sein de l'UE, entre la France et l'Allemagne par exemple...
a écrit le 13/12/2012 à 20:19 :
Quand va-t-on arrêter de se prosterner devant les Allemands ?!?
Réponse de le 14/12/2012 à 7:59 :
quand notre balance commerciale notre chômage, et notre niveau d'endettement public sera à leur niveau, en attendant...
Réponse de le 14/12/2012 à 9:47 :
@éee
Quand il y a 10 ans la croissance allemande était atone, les allemands ne se prosternait pas, eux.
a écrit le 13/12/2012 à 20:06 :
Vous oubliez de mentionner que la BCE a tout de même le pouvoir d'intervenir directement dans n'importe quelle banque le cas échéant, ou de donner des directives aux autorités de supervision nationale. Il s'agit donc bien d'un compromis et non d'une victoire de l'Allemagne. Ainsi, la BCE ne s'embarrasse pas de la supervision quotidienne d'une multitude de banques minuscules, mais prend donc en charge la stabilité régionale du systéme bancaire européen.
Réponse de le 13/12/2012 à 21:19 :
Très bonne remarque !
a écrit le 13/12/2012 à 18:12 :
les gens oublient, un peu vite, que notre voisin germanique a été obligé de nationaliser la majorité de ses grandes banques, après la crise des "subprimes", et que la note a été et reste encore aujourd'hui très salée. L'Etat fédéral, malgré des positions bancaires beaucoup moins importantes que la France, a mis la main au porte feuille et crée des organismes de "defesance" pour purger les banques (quid des titres pourris que celui-ci a récupéré ? Où se trouvent-ils ?) et s'est bien gardé de l'intégrer dans la dette publique du pays (eurostat l'ayant souligné, de même que des dirigeants de l'eurogroup, sans que cela ne fasse rien d'ailleurs). Sachant que beaucoup de données sont incomplètes et d'autres complètement ignorées, il est plus que certain que l'Allemagne, dont je rappelle que les positions bancaires sont moins fortes que chez nous et que l'Etat à sauvé à coup de milliards d'euro en utilisant tous les moyens (surtout avec la crise subit en 2009 / deux fois plus élevée qu'en France) dont celui-ci disposait dont la "nationalisation", a tout intérêt à ce qu'un accord à minima pour l'ensemble puisse lui profiter au maximum !
Je pense que le système bancaire allemand n'est pas pour autant sorti d'affaire (le cas des caisses d'épargnes et des banques mutualistes étant loin d'être réglé / cela sans bon le hors bilan et des pratiques qui ne sont pas très catholiques) et que l'on risque fort de constater que l'histoire se répète...
Réponse de le 14/12/2012 à 9:48 :
Est ce que "Votre majorité de banque" ne se limkiterait pas a La Hypovereinsbank et à la Dresdnerbnak / Commerzbank ?
Les autres banques "Landesbank" qui sont parties en debandades avec la crise des subprimes étaitent deja des banques nationalisées et de plus gérées par des politiciens ce qui explique bien de choses !!!
a écrit le 13/12/2012 à 17:30 :
La victoire essentielle, c'est que l'intégration financière de l'UE et son contrôle avancent comme un rouleau compresseur. Au rythme qu'impose l'Allemagne, c'est sûr mais dans la direction souhaitée par la France et la plupart des autres pays de l'Euro.
Le grand perdant, il y en a un, est la GB qui s'isole de plus en plus, seuls deux pays l'ont suivie : la rép. Tchèque, c'est normal son président voudrait sortir de l'UE et la Suède qui est fière de ses efforts en régulation financière et se méfie de l'euro.
La GB, grand pays de l'union, se trouve maintenant sur tous les plans (Schengen, budget, euro, ...) isolée des autres membres "lourds" de l'EU et va se trouver à courte échéance, un ou deux ans, forcée de choisir : sortir complètement et devenir un nain fragilisé (souvenir du sauvetage de la GB par le FMI) ou rester et renforcer l'union, pleinement.
Dans deux ans les discussions pour ou contre l'euro n'auront plus de sens. Le sujet sera le dollar et le yuan. La livre étant un détail...comme le franc suisse.
a écrit le 13/12/2012 à 17:25 :
Pourquoi?....Parceque l'europe est allemande.Et tout les benefs leur revienent.Fonctionnement etrange d'une union de pays ou il n'ya seulement 1 gagant.On aimerait entendre plus souvent la voie de pays comme la pologne,le portugal etcetc
CEtteUE est un echec
Réponse de le 13/12/2012 à 18:00 :
oui hélas l'allemagne renoue petit à petit avec de vieux démons, l'UE c'est 27 pays, dont 26 doivent s'aligner sur Deutschland, curieuse conception de la démocratie en Europe depuis quelques années.
a écrit le 13/12/2012 à 17:20 :
Vous avez déjà vu l'Allemagne sortir perdante? Vu ce qu'elle a en face elle en a encore des victoires devant elle.

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